Fermeture de MegaUpload : Sale coup pour PartyPoker ?

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La fermeture de Megaupload porte aussi un coup à PartyPoker. Citée dans l'acte d'accusation envers le célèbre site de téléchargement, la salle perd l'un de ses principaux supports de publicité.

Si vous êtes accro à Internet, il y a peu de chances que vous ayez pu manquer l'affaire qui a secoué le web ces derniers jours : la fermeture de MegaUpload.

Rappel des faits.

Fondé en 2005, Megaupload.com (auquel il faut adjoindre sa quinzaine de sites liés tels que MegaVideo) était le premier site mondial d'hébergement de fichiers, avec des bénéfices nets estimés à 175 millions de dollars et 50 millions de visiteurs quotidiens représentant pas moins de 4% du trafic mondial !

Son nom de domaine a ainsi été saisi par le FBI le 19 janvier, et son fondateur aujourd'hui multi-millionnaire, l'Allemand Kim Schmitz (38 ans) - aussi connu sous le nom de Kim Dotcom - poursuivi puis arrêté en compagnie de trois de ses collaborateurs, dans sa villa en Nouvelle-Zélande.

Les faits reprochés ? Atteinte aux lois sur la propriété intellectuelle et violation de copyrights. Si le service proposé par le site était en lui-même parfaitement légal, et utilisé par des millions de personnes dans un cadre familial ou professionnel, celui-ci était aussi le moyen privilégié des internautes pour s'échanger films, musique, ...

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Kim "Dotcom" Schmitz

Saluée par les politiques (mais désapprouvée par la Commission Européenne et réprimé par les Anonymous), ce coup de filet et d'éclat s'inscrit dans la lutte de plus en plus active des gouvernements contre le piratage.

Pourquoi Megaupload et pas d'autres équivalents tels que Filesonic ou Rapidshare ? Les charges retenues se trouvent l'être en raison du mode de fonctionnement de Mega Upload, en premier lieu celui d'avoir eu un service essentiellement financé par la publicité (peu d'utilisateurs payants). L'objectif du site était ainsi d'obtenir le plus de trafic possible, en ne livrant qu'une lutte partielle contre l'échange de fichiers "illégaux" en son sein. Une lutte même considérée comme de façade, avec un système qui rémunérait les uploaders les plus populaires, et le site ayant soutenu des sites de liens.

Party Poker cité dans l'acte d'accusation

Au premier rang des annonceurs qui ont fait la fortune du site, on retrouve donc... PartyPoker.com.
Si vous avez déjà utilisé Megaupload, vous avez sans doute déjà pu voir plus d'une fois une publicité pour la salle de poker en ligne s'ouvrir au moment de votre téléchargement.

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Le "Dotcom manoir". 18 voitures de luxe y ont été saisies.

Deuxième plus grosse société de poker en ligne au monde, PartyGaming est citée en tant que tiers dans l'acte d'accusation aux côtés d'autres géants tels que Moneybookers ou PayPal. Elle aurait déjà payé plus de 3 millions de dollars à Megaupload depuis novembre 2009 pour son programme publicitaire, programme qui courait d'ailleurs jusqu'au 18 mars.

Concrètement que risque PartyGaming ? Même s'il faudra attendre les résultats des investigations, normalement pas grand chose naturellement.
Via son directeur de la communication John Shepherd, bwin.party a rapidement réagi en déclarant que sa société n'avait aucune connaissance des activités présumées entreprises par Megaupload.

Toujours est-il qu'après s'être lancé dans une perspective de ciblage de sites à fort potentiel de trafic parmi un public résolument jeune pour ses publicités de type "pop-up" (PirateBay, sites de téléchargement ou même pornographiques), PartyPoker perd ici dans l'affaire l'un de ses plus gros clients.

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