2013, Année du partage des liquidités en Europe ?

European Poker

Il ne faut pas rêver : malgré les bonnes volontés affichées, les joueurs européens vont devoir patienter avant de pouvoir s'affronter dans un tournoi de poker. En revanche, dès 2013, le montant des dotations garanties, le nombre de parties de cash games et surtout des prize pool, pourraient être revus à la hausse grâce à la mutualisation des liquidités en Europe.

Si le débat a souvent été lancé, la première initiative tangible a eu lieu en 2010. Michel Barnier, Commissaire Européen au Marché Intérieur et aux Services, initie la création d'un Livre Vert pour dresser un état des lieux et envisager les évolutions à venir en UE face à l'essor rapide de l'offre de jeux d'argent  et de hasard.

L'harmonisation des règles concernant le poker en ligne est discutée, mais les divergences et les problèmes liés aux spécificités culturelles de chaque pays rendent impossible l'aboutissement du projet dans l'immédiat.

En revanche, l'idée du partage des liquidités rencontre un écho nettement favorable. 

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Espagne et Italie main dans la main ?

Deux ans plus tard, au mois de juin 2012, les régulateurs espagnol (DGOJ), portugais (Santa Casa de la Misericordia), italien (AAMS) et français (ARJEL), se rencontrent durant deux journées pour discuter à nouveau d'une coopération opérationnelle sur les jeux en ligne.
Au-delà des échanges concernant le partage des informations, les régulateurs confirment qu'ils s'intéressent à « une éventuelle mutualisation des liquidités pour certains jeux ».


Un espoir pour 2013 ?

La brèche est ouverte... mais personne ne semble vouloir s'engager sur un véritable calendrier. Il faut que les pays parviennent à s'entendre sur les modalités de mise en place de la mutualisation et à adapter si besoin les législations nationales.
Mais, rien qu'au niveau des conditions de taxation, les divergences sont nombreuses. Dès le départ, l'AAMS et l'ARJEL émettent des réticences, mais Jean-François Vilotte, le Président de l'ARJEL, reconnaît quand même que « la question de liquidité commune est une question à moyen terme ».

Cette rencontre semble donc poser les bases d'une future collaboration entre les différents régulateurs, qui ont décidé de se réunir à nouveau en décembre 2012 pour continuer à développer ce projet.


La France en position d'attente

Un rythme de réunions beaucoup trop lent pour aboutir à un résultat efficace ? C'est en tout cas ce que semblent penser les régulateurs italien et espagnol. Ceux-ci ont d'ores et déjà prévu de se rencontrer après les vacances pour étudier en détail les conditions d'une mutualisation de leurs liquidités.
Du côté espagnol, le Directeur général de la DGOJ Enrique Alejo affirme que ce partage pourrait être effectif dès 2013.

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La France sera t-elle encore une fois le vilain petit canard ?

Pour le poker en ligne, cela représente purement et simplement une opportunité gigantesque allant dans le sens de l'intérêt des joueurs.  Cette démarche devrait notamment aboutir à une offre légale réellement attractive, ce qui discréditerait en même temps les sites illégaux.

Alors pourquoi la France n'a t-elle pas été conviée à cette réunion constructive ? Enrique Alejo explique : « les Français sont d'accord sur le principe mais ils ne veulent pas vraiment agir pour l'instant ».

Comme à son habitude, la France choisit donc de se positionner comme un observateur et non comme un véritable acteur du jeu européen. A priori, l'ARJEL souhaite avant tout s'assurer que le système de mutualisation fonctionne avant d'en faire partie. Mais en même temps, une intervention a posteriori pour adapter le modèle existant aux particularités françaises suppose un processus beaucoup plus complexe.

Les joueurs de poker français, déjà pénalisés par un système de taxation inéquitable, vont ainsi une fois de plus pouvoir se sentir lésés par la frilosité d'une administration déconnectée de leurs attentes.

 

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