PokerStars Championship : La fin de l'European Poker Tour

PokerStars Championships
Adieu l'EPT, bonjour les PokerStars Championships et Festivals !

A partir de 2017, à la fois les petits et grands "tours" de PokerStars seront réunifiés sous un nouveau nom unique. Et toutes les étapes n'y survivront pas.

C'est le Directeur de la branche des tournois Live de PokerStars, Neil Johnson, qui a aujourd'hui annoncé en premier la nouvelle avant le début du Jour 2 de l'EPT se tenant actuellement à Barcelone : Plusieurs changements majeurs vont avoir lieu et affecter la structure et le contenu des tournois live organisés par PokerStars.

Les PokerStars Championship

C'est ainsi que l'EPT (European Poker Tour), l'APPT (Asian Pacific Poker Tour) et le LAPT (Latin America Poker Tour), soit les circuits majeurs en Europe, dans la région Pacifique et en Amérique latine, seront réunis sous un nouveau label, les PokerStars Championships.

Seules les étapes les plus populaires seront conservées au calendrier. De plus petits évènements tels que l'APPT Séoul disparaîtront.

Par ailleurs, l'étape de l'EPT de Dublin disparaît, avec les tables, joueurs et croupiers qui seront de retour à Londres en 2017. Monaco et Barcelone pour leur part resteront au programme.

De toutes nouvelles étapes verront en revanche le jour pour ces nouveaux PokerStars Championships : Panama et Macao notamment, même si cette dernière faisait déjà partie de l'APPT précédemment.

Neil Johnson
Neil Johnson lors de cette grande annonce.

Autre nouveauté : Un grand tournoi live à 100 000 $ en fin de saison, dont le vainqueur remportera l'intégralité du prizepool.
Les joueurs en tête de chaque leaderboard (classement par points) auront notamment leur ticket offert pour cette finale.

Le premier rendez-vous de la saison des grands tournois PokerStars sous leur nouvelle appellation sera aux Bahamas en janvier, dans la continuité donc du traditionnel PCA.
Chaque PokerStars Championship est prévu sur une durée de 10-11 jours.

Les PokerStars Festival

Les "PokerStars Festivals" réuniront pour leur part tous les anciens plus petits tours de la salle au pique rouge, à savoir l'Estrellas Poker Tour, l'Eureka Poker Tour, l'Italian Poker Tour, mais également les circuits régionaux aux Etats-Unis notamment. Le premier d'entre eux aura lieu à Atlantic City autour d'Halloween.
Les France Poker Series devraient donc aussi faire partie des tournois à "disparaître" pour être englobés avec.

Ces rendez-vous plutôt dédiés aux joueurs loisir se dérouleront pour leur part sur 6-7 jours.

bornes inscription tournois ps live
Au rang des innovations, des bornes d'inscription en libre-service.

Pourquoi ces changements ?

L'idée première derrière ces fusions sera de faciliter l'organisation et la présentation des évènements et tournois. Tous les tournois ici mentionnés seront accessible via un seul et nouveau site Internet : pokerstarslive.com.
Les joueurs pourront y retrouver toutes les informations à propos des évènements, notamment à propos des satellites live et online, des voyages et hôtels, ainsi que d'autres offres.

Outre une réduction de coût évidente pour l'opérateur/organisateur, le circuit promet également d'en profiter pour se moderniser, notamment au niveau de l'inscription des joueurs grâce à de nouvelles bornes en libre-service.

Mais selon Neil Johnson, encore d'autres changements pourraient être annoncés dans le futur.

Directeur général de l'EPT, Edgar Stuchly se ravit pour sa part de ce "renforcement des tournois live PokerStars existant, aidant à porter notre vision du poker live à un tout nouveau niveau."

Le calendrier provisoire des nouveaux circuits PokerStars

PokerStars Championship

  • Bahamas (6 au 14 janvier 2017)
  • Panama (10 au 20 mars 2017)
  • Macao (30 mars au 9 avril 2017)
  • Monte Carlo (25 avril au 5 mai 2017)
  • Barcelone (août 2017)

PokerStars Festival

  • New Jersey (29 octobre au 6 novembre 2016)
  • Londres (janvier 2017)

Les autres dates et étapes seront communiquées ultérieurement.

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Index des autres articles ci-dessous :

 

Votre meilleur souvenir sur l'EPT : Joueurs et personnel racontent

Liv Boeree grand sourire
Liv Boeree gardera San Remo dans son coeur.

Alors que l’European Poker Tour a définitivement tiré sa révérence en décembre à Prague, nous en avons profité pour demander aux joueurs et aux membres du personnel de partager avec nous leur meilleur souvenir sur le circuit.

13/01/17 - par Dirk Oetzmann


D’un point de vue extérieur, la
double victoire de Vicky Coren-Mitchell ou encore celle de Glen Chorny pour plus de 2 millions d'euros lors de l’EPT Grand Final à Monaco sont des grands moments évidents.

Mais lorsqu’on plonge dans les souvenirs de ceux qui ont arpenté toutes les étapes de ce circuit prestigieux, à table et autour, il est évident qu’il ne s’agit pas que d’une liste de résultats.

On peut par exemple commencer par distinguer le Hofburg de Vienne comme le plus beau lieu investi par l’EPT, même si Lee Jones ne serait peut-être pas d’accord. Et puis San Remo, qui a consacré tellement de stars du poker, comme Jason Mercier et Liv Boeree.

Toutefois, tout ce qui brille n’est pas d’or. On se souvient donc aussi de Constant Rijkenberg (encore une fois à San Remo), qui a donné une toute nouvelle dimension à l’investissement (il avait vendu plus de parts que le prix de son ticket, avait échoué à se faire éliminer avant l'argent, et aura terminé avec plus de dettes que son premier prix !). Ou Ivan Freitez et sa tactique « discutable » pendant le Grand Final de Madrid.

De notre côté, nous nous souvenons avec nostalgie de l'incroyable buffet gratuit de Madrid, et du petit EPT (mais tellement chaleureux) organisé dans les Alpes, le Snowfest.

Voici donc quelques autres souvenirs que nous ont confié ceux qui ont fait l’EPT pendant toutes ces années.

Liv Boeree, vainqueur de l'EPT en 2010

« Mon plus grand souvenir, c’est évidemment ma victoire à San Remo. C’est vraiment un très beau moment. »

Celina Lin, Red Dragon Champion 2012

« Mon meilleur souvenir sur l’EPT ? Mon premier Main Event. J’étais à table avec trois joueurs ayant remporté un titre sur l’EPT !

C’était compliqué, évidemment, mais avec le recul c’était un grand souvenir. J’étais assez émue en le revoyant l’année suivante. »

Daniel Negreanu, star de l’EPT

« Je dirais que mon meilleur souvenir est ma quatrième place à l’EPT Grand Final. C’était une table très compliquée pour un tournoi hors high roller.

C’est vraiment rare de se retrouver à une table pleine de pros quand il y a autant de joueurs. C’était un véritable honneur. Au final, je n’ai pas eu beaucoup de chance puisque j’ai perdu une grosse main contre Johnny Loden, avec QQ contre 99, et c’est finalement Steve O’Dwyer qui s’est imposé. »

Felipe Ramos, premier Brésilien à atteindre une place payée sur l’EPT

« J’ai énormément de grands souvenirs à l’EPT, certains graves, d’autres amusants... Et bien sûr le fait d’avoir été le premier Brésilien à atteindre une place payée et à jouer à une table télévisée.

Felipe Ramos
Felipe 'Mojave' Ramos

Et puis il y a la fois où je partageais une chambre avec Jason Mercier pendant l’EPT Londres.
Il atteint la table finale du High Roller et n’avait plus rien à se mettre le dernier jour. Il est alors venu me demander ma veste porte-bonheur en me promettant une partie de son prix si je pouvais lui garantir qu’il allait gagner. Ce qui a évidemment fait !

Mais sinon, je crois que mon plus grand souvenir sur l’EPT c’est lors d'un Jour 3 au PCA. On était filmé donc la pression était à son comble, et grâce à un bon call avec hauteur dame, j'ai terminé dans les meilleurs tapis pour le Jour 4. J’étais vraiment à mon meilleur niveau.

L’EPT va vraiment me manquer, mais j’ai hâte de voir ce que nous réservent les Championships et les Festivals. »

Jason Mercier, vainqueur de l’EPT San Remo 2008

« Mon plus grand souvenir, c’est mon tout premier EPT en 2008. C’était la première fois que je venais en Europe et j’étais déjà super heureux de pouvoir participer au tournoi.

J’ai eu énormément de chance de le remporter. »

Bertrand “ElkY” Grospellier, vainqueur du PCA 2008

« Sans aucune hésitation, je dirais ma victoire au PCA 2008 : c’était ma première victoire en live et ça a vraiment lancé ma carrière. C’est vraiment un souvenir très fort. »

Fatima de Melo, championne olympique et habituée de l’EPT

« Ma première PCA était vraiment géniale. Je me souviens surtout du tournoi caritatif. Il y avait Tony Almeida de la série 24 heures chrono. Il ne savait pas du tout jouer mais il remportait toutes les mains. C’était très drôle.

Mais sinon, j’ai souvent été très impressionnée par le niveau de jeu à l’EPT et je retiens surtout les amis que j’ai rencontrés. Leo Margets surtout, dont je suis devenue très proche. Et puis Vanessa Selbst qui me bat très souvent au tennis.

Fatima de Melo
Fatima : "J'ai joué contre Tony Almeida de 24."

Et mon ancien coloc Lex Veldhuis qui m’a appris ce qu’était vraiment le poker et qui est vraiment comme un frère pour moi. Sans oublier les jumeaux belges Mattias et Christophe de Meulder. Ils ont une telle énergie, et surtout je n’oublierai jamais les moments qu’on a partagés sur Survivor.

Et pour finir, le staff de PokerStars, qui a toujours fait en sorte qu’on se sente comme chez nous sur l’EPT. Ce n’est pas juste le poker, mais une véritable aventure humaine. »

Andre Akkari, légende du poker brésilien et vainqueur aux WSOP

« Remporter un tournoi sur l’EPT faisait partie de mes plus grands rêves. Malheureusement, je n’ai pas eu cette chance. À Monte Carlo en 2015, je pensais vraiment que c’était le moment.

Finalement, j’ai terminé 23è en jouant au meilleur niveau de ma vie. Je suis aussi allé loin au FPS et j'ai atteint la table finale de Shark Cage. C’était une semaine folle. Mais je n’ai pas gagné.

Cette salle de poker, cette ambiance... Parfois si je ferme les yeux j’arrive à imaginer ce que j’aurais ressenti si j’avais gagné... »

Howard Swains, PokerStarsblog.com

« Je travaillais pour un journal à Londres quand j’ai reçu un appel. On me proposait de participer à un tournoi de poker à Vienne, sur ce nouveau circuit, l’European Poker Tour.

C’était la toute première édition, et même si je n’ai jamais vraiment joué au poker, c’était vraiment un grand moment. J’ai écrit un article sur mon expérience, et c’est à la suite de ça que PokerStars m’a contacté pour que je travaille pour eux. Ensuite, tout s’est enchaîné. »

Robin Scherr, PokerStarsblog.de

« La soirée du PCA en 2011, avec le concert de Kelly Rowland. C’était vraiment dingue. C’était dans une salle immense, complètement bondée. Et tout le monde dansait. Meilleure soirée de l’histoire de l’EPT, de très loin ! »

Rick Dacey, rédacteur chez PokerStars

« Je crois qu’assister aux négociations ratées à trois à l’EPT9 Prague est vraiment un grand souvenir. Ramzi Jelassi, qui s’est finalement imposé, était très terre à terre : il était tout simplement convaincu qu’il était le plus susceptible de s’imposer.

Ce n’était même pas de l’arrogance, juste la reconnaissance du fait qu’il avait deux fois plus de jetons que Boyaciyan et beaucoup plus d’expérience. Jelassi voulait continuer à négocier, mais il ne voulait pas renoncer à l’équité.

Daniel Negreanu, Edgar Stuchly et Jason Mercier.
Daniel Negreanu, Edgar Stuchly et Jason Mercier.

Le Grec Sotirios Koutoupas était le troisième, c’était seulement la deuxième place payée de sa carrière. Un résultat énorme pour un amateur, il était donc tout à fait prêt à négocier. Mais le Néerlandais David Boyaciyan en a trop demandé. 

Koutoupas a proposé quelques trucs assez généreux, mais ce n’était jamais assez pour lui et le ton est monté. On peut imaginer que Koutoupas s’est un peu vexé et, après une heure de débat, a lancé : « Ramzi dit non, donc moi je joue. On y va. On joue. »

Et non seulement Koutoupas a terminé deuxième pour 510 000 €, mais il a ensuite remporté un titre lors de l’EPT10 Deauville en battant Eugene Katchalov pour 610 000 €, ce qui a fait de lui le plus grand joueur grec en termes de gains. »

Edgar Stuchly, président de l’EPT

« C’est une question très difficile, il y a eu tellement de grands moments. En termes de victoires, la performance de Vicky Coren Mitchell, qui est la première et la seule à avoir remporté deux titres sur le circuit, est vraiment l’un de mes moments préférés.

D’un point de vue plus personnel, le succès de la fusion entre l’EPT et les circuits nationaux en 2012, et l’évolution de nos festivals sont des choses que je n’oublierai jamais.

Tous ces bons souvenirs, je les dois aux personnes talentueuses que j’ai eu la chance de rencontrer. J’espère bien pouvoir continuer à créer de tels souvenirs. »

Lee Jones, directeur de la communication chez PokerStars

« Je me souviens de la première fois que j’ai vu la Salle des étoiles à Monte Carlo, remplie de tables de poker pour l’EPT Grand Final, les lumières du port de Monte Carlo en fond.

Je me suis dit que c’était la plus belle salle de poker au monde. C’est vraiment un lieu magique et je n’ai jamais oublié mon premier regard. »

James Hartigan, voix de l’EPT

James Hartigan
James Hartigan : "ElkY ? Qui ça ?"

« Mon plus grand souvenir sur l’EPT, c’est la fois où j’ai pu JOUER. La première fois que je suis venu sur le circuit, c’était en février 2005. J’avais été invité en tant que journaliste à participer au Main Event de Deauville.

C’était une expérience incroyable, mais j’ai été éliminé le deuxième jour. Avant de sortir, j’ai éliminé un joueur loose-agressif de ma table qui avait l’air un peu fou. J’avais suivi son tapis avec AQ. Il avait KJ.

Le tableau n'a rien changé, j’ai gagné grâce à mon as. Je lui ai serré la main quand il est parti. Là, un employé de PokerStars est venu me dire : « Tu viens d’éliminer ElkY ! » Ma réponse : « Qui ça ? »

Je vous rassure, maintenant je sais qui c’est ! »

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A quoi ressemblera le poker après la fin de l’EPT ?

Macao
Un titre à Macao aura t-il de l'importance ?

Pour beaucoup de joueurs, un titre sur l’EPT a longtemps représenté la consécration ultime. Mais à partir de janvier prochain, la donne va donc changer.

09/12/16 - par Dirk Oetzmann


Remporter un tournoi de l’EPT était un grand événement. De quoi changer toute une carrière, et offrir des contrats de sponsoring à de nombreux joueurs, comme
 Noah Boeken, Liv Boeree, Jason Mercier, Vicky Coren ou Bertrand Grospellier, pour n’en citer que quelques-uns.

Pendants des années, les tournois de l’EPT n’ont fait que grandir. D’un tournoi d’un jour à 1 000 €, ils sont devenus des festivals énormes de deux semaines avec plus de 100 tournois et des milliers de joueurs.

Mais PokerStars a surpris tout le monde cet été en annonçant la fin de l’EPT et un tout nouveau programme de tournois, soit une véritable mondialisation.

Alors que nous réserve le futur ? Et que va devenir le poker européen en 2017 et après ? Faisons travailler notre imagination.

Des retours sur investissements en baisse, un marché plus concurrentiel

Lors du Grand Final de la 3è saison de l’EPT à Monte-Carlo (en 2007), le vainqueur a pour la première fois remporté plus d’un million d’euros. Gavin Griffin remportait en effet alors 1,8 million d’euros, soit deux fois plus que le vainqueur de l’année précédente.

Gavin Griffin F5
Gavin Griffin, premier très gros gagnant avant des années de croissance de l'EPT.

Pendant les 5 ou 6 années suivantes, l’EPT s’est développé de manière exponentielle. Mais après des années de croissance débridée, le marché a fini par se saturer.

Avec un vainqueur chaque mois, le titre perdait de sa saveur. Plusieurs nouvelles destinations ont été testées, mais les joueurs étaient de moins en moins nombreux.

Deux ans plus tard, seuls les tournois de Prague et de Barcelone présentaient encore une croissance positive. PokerStars a alors pris une bonne décision : réduire le nombre d’étapes pour que les étapes restantes aient plus de saveur.

Dans le même temps, la concurrence ne chômait pas. De plus en plus de tournois accessibles ont fait leur apparition, afin d’atteindre une nouvelle cible : les joueurs loisir.

Les arrivées du 888Live, de l’Unibet Open, du WPT National et du WSOPC auront donc contribué à marquer la fin de l’EPT, de l’UKIPT, du LAPT et de l’APPT, qui laissent leur place au PokerStars Global Championship et aux PokerStars Festivals.

Alors à quoi tout cela va-t-il ressembler ? Nous avons dégagé trois scénarios possibles.

1) PokerStars redonne de la valeur aux titres internationaux

En adoptant une approche plus mondialisée, les tournois PokerStars devraient attirer plus d’attention que les circuits continentaux. Et avec moins d’étapes, les joueurs du monde entier devront voyager plus loin.

Martin Finger vainqueur High Roller EPT Barcelone
Le prestige va t-il augmenter ?

Cela devrait permettre de diversifier le public et d’augmenter encore le niveau.

Il y aura enfin des joueurs autres que Chinois et Australiens à Macao. Il y aura des Américains et des Européens, ce qui permettra de donner une nouvelle dimension à ces tournois autrefois « locaux ».

Cette nouvelle dimension devrait donner plus de prestige au PokerStars Championship, un élément essentiel pour les joueurs.

Et qui dit plus de joueurs, dit plus d’argent, dit encore plus de joueurs. PokerStars serait donc en train de lancer un nouveau boom du poker live...

2) PokerStars renforce la concurrence

Avec le retrait de PokerStars, un créneau s’ouvre sur le marché européen. Un vide à combler.

888poker, par exemple, a déjà montré qu’il était un concurrent sérieux au niveau local et en ce qui concerne les festivals à petit buy-in dans toute l’Europe.

WSOP C Géorgie
La porte grande ouverte pour les concurrents et nouveaux venus ?

Ceux-ci proposent désormais tous les buy-ins, jusqu’à environ 1 000 €.

Unibet grandit aussi rapidement, avec de nombreux tournois dans des lieux originaux comme Bucarest (603 entrées enregistrées pour son premier Unibet Open), et se concentre sur les joueurs loisir.

Le Circuit WSOP se développe également en Europe, notamment en Italie, Allemagne, Géorgie, France (avec un record à la clé) et République tchèque. Et on le sait bien : Difficile de faire mieux que les WSOP en termes d’image de marque.

Avec une telle concurrence en Europe, les joueurs pourront avoir accès à des tournois de grande qualité.

3) PokerStars perd de son rayonnement

Bien que PokerStars souhaite faire de ses Championships et de ses Festivals le futur du poker, ils pourraient tout autant marquer le début du déclin de PokerStars sur le circuit.

Avec cette décision, PokerStars abandonne non seulement la marque la plus puissante du poker en dehors des WSOP, mais il tire aussi un trait sur les festivals de deux semaines, avec plus de 100 tournois, issus de la fusion avec les circuits Eureka et Estrella.

Combiner l’EPT à des circuits locaux permettait aussi de créer de véritables événements. Les pros n’hésitaient pas à prolonger leur séjour de quelques jours participer aux tournois plus modestes.

Poker au Hilton de Londres
Les pros répondront-ils présent ?

Maintenant que la frontière est rétablie entre les différents niveaux de buy-in, le nombre de joueurs va s’effondrer. Pourquoi les pros iraient participer à un tournoi à 1 000 £ à Londres s’il y a le même à Rozvadov, en Espagne ou à Malte ?

Et qui se préoccupera de qui a gagné un tournoi à Panama ou à Macao ?

Les récents changements opérés par PokerStars - hausse du prélèvement, fin du statut Supernova Elite, enquête concernant Baazov - ont laissé un goût amer à beaucoup de gens. Ils ont également laissé l’impression que l’entreprise avait changé et que les joueurs professionnels ne sont plus sa priorité.

Et si les produits PokerStars seront probablement toujours les meilleurs, les joueurs s’en détourneront rapidement s’ils estiment que d’autres leur rapporteront plus.

Cependant, s’il y a une chose dont on est convaincu, c’est que Barcelone ne perdra pas son prestige.
Un climat magnifique, l’une des plus belles villes d’Europe, un casino de haut niveau : voilà la recette du succès.

Quelle direction prendre ?

Peu importe lequel de ces scénarios vous semble le plus probable, les joueurs de tournois ont encore de beaux jours devant eux.

L’Europe n’est pas près d’être à court de tournois, et il y en aura sûrement pour tous les budgets.

PokerStars, en revanche, est arrivé à un tournant crucial. Quelle direction va-t-il prendre ?

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Pierre Neuville : « Arrêter l'EPT et aller au Panama ? Une erreur monumentale ! »

Pierre Neuville amer

PokerStars va annuler le plus gros circuit international en dehors des WSOP, l’European Poker Tour. Ancien membre de la team PokerStars, Pierre Neuville possède également une énorme expérience commerciale. Pourtant, il a du mal à comprendre ce qui a motivé cette décision.

23/11/16 - par Dirk Oetzmann


À partir de 2017, PokerStars n’organisera plus de circuits continentaux.

Au lieu de cela, le leader du marché créera deux circuits mondiaux pour les joueurs en mises moyennes à hautes.

Nous avons pu parler avec Pierre Neuville, ancien finaliste des WSOP, quelques semaines avant le tout dernier tournoi de l’EPT à Prague.


Pierre Neuville :

« D’abord, je dois dire que je suis très triste que David Baazov ait dû quitter l’entreprise temporairement. J’étais très proche de lui. Il m’a même demandé conseil avant de racheter PokerStars.

Certaines personnes ne l’ont pas très bien pris, ce qui m’a poussé à fermer mon compte PokerStars.

En ce moment, je n’ai pas de nouvelles de David et je ne comprends pas du tout la politique actuelle. On dirait que PokerStars Live et PokerStars Online sont deux entreprises totalement différentes.

Pokerstars Championships
Le nouveau bébé de PokerStars ne plait pas à tout le monde.

Au départ, l’EPT était censé soutenir les activités en ligne. Aujourd’hui, PokerStars Live semble ne plus avoir de lien avec les activités en ligne.

En tant que spécialiste du marketing, je suis très surpris qu’une entreprise retire du marché une marque aussi renommée que l’EPT. À première vue, cela me semble être une énorme erreur.

Mais soyons clairs : je n’ai aucune idée de leur stratégie, je ne sais pas qui prend les décisions et je ne sais pas quels sont leurs objectifs.

S’ils ont décidé de « tuer » une marque pour établir un circuit mondial à long terme, alors peut-être que c’est une idée de génie. Mais vu de l’extérieur, ça pourrait être une grosse erreur.

Je n’y vois aucune logique stratégique. Ils détruisent des tournois que les gens adorent et ils vont en créer un au Panama. Au Panama !

Pour moi, ça va être une catastrophe. Il y a tellement de raisons de ne pas aller au Panama. Les impôts, la longueur du voyage pour un tournoi si court, et le tout dans un pays où le poker n’a aucune place.

Pierre Neuville
"Le poker n'a aucune place au Panama."

Tuer l’EPT pour le remplacer par un tournoi qui n’a pas le même niveau ni le même standing...

Tout le monde sait que j’ai beaucoup investi quand David Baazov a racheté l’entreprise. À l’époque, j’étais probablement l’un des actionnaires principaux.

J’étais persuadé que je pourrais les aider : je connais tous les joueurs de chaque côté de l’Atlantique, j’ai bonne réputation et j’ai une grande visibilité en ligne.

Je pensais pouvoir être utile à la fois en tant que joueur et en tant que conseiller, je pensais que je pourrais véritablement apporter quelque chose. C’était comme retourner dans le monde des affaires.

Mais récemment, j’ai notamment reçu une réaction très négative, et en plus venant de quelqu’un que je ne connais même pas. Donc tout ça, c’est fini pour moi pour l’instant.

J’ai arrêté de jouer en ligne. Je prends soin de ma santé et je joue en live où je veux. Je profite de la vie. »

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L'EPT est-il toujours un Monstre ou un Empire en déclin ?

Salle de poker du PCA

La saison 12 de l'European Poker Tour a repris il y a deux semaines avec le traditionnel PokerStars Caribbean Adventure. Mais le circuit est-il toujours aussi en forme qu'il l'a été ?

19/01/16 - par Arved Klöhn

Au cours de ces 12 dernières années et depuis son lancement en 2004, l'EPT est devenu le deuxième circuit de poker live le plus important après les WSOP.

Mais tandis que certains lieux ont enregistré d'incroyable parterres en termes de nombre de joueurs au cours de ces dernières années, certains autres ont à l'inverse affiché un déclin constant.

L'exemple le plus récent en date est justement le PCA 2016 qui vient de se terminer, qui en dépit d'un droit d'entrée diminué de moitié (de 10 000$ à 5 000$), a enregistré une fréquentation plutôt "décevante".

Grâce à l'un de nos meilleurs amis du nom d'Excel, nous avons décidé d'étudier en détails les affluences et prizepools de tous les Main Event de l'EPT depuis sa création.

Les résultats sont dichotomiques : Oui l'EPT bat de nouveaux records chaque saison. Mais dans l'ensemble sa popularité semble avoir atteint son apogée il y a 5 ans.

Les Tournois EPT par Saison

En 2004, l'European Poker Tour a vu le jour à Barcelone. Depuis, 110 tournois principaux (Main Event) ont été disputés au cours de ses 12 saisons (il en reste deux cette année en février et avril).

23 villes différentes ont été l'hôte d'au moins un festival, avec seulement Barcelone présente au calendrier chaque saison.
De nombreuses autres étaient ou sont toujours des étapes habituelles : Monte Carlo, Prague, Londres (exclue pour la première fois cette saison), et les Bahamas (certes techniquement loin de l'Europe) sont les plus importantes. Mais beaucoup de plus petites villes ou plus reculées auront également eu cette chance. Citons par exemple Tallinn (Estonie), Loutraki (Grèce), Kiev (Ukraine) ou Vilamoura (Portugal).
(nous avions d'ailleurs déjà dressé quelques stats à ce sujet il y a un peu plus d'un an).

Entre 2004 et 2012, le nombre d'étapes par saison est passé de 7 à 13, mais cette tendance à ensuite été inversée lorsque Edgar Stuchly a pris la présidence de l'EPT en 2011.

Depuis, le nombre d'étapes a régulièrement été réduit, jusqu'à un chiffre record de seulement 6 cette saison.

Nombre d'étapes EPT par saison :

Statistiques du Nombre de tournois des 12 saisons de l'EPT

 

En revanche, si ce nombre a été réduit, le nombre de tournois au programme de chaque étape a lui augmenté.

A ses débuts, une étape de l'EPT consistait en le tournoi principal, plus éventuellement une poignée de tournois annexes. Aujourd'hui chaque EPT est synonyme d'une semaine et demie follement remplie de 60 tournois ou plus.

Nombre de Joueurs par Saison

La toute première saison aura attiré environ 1500 joueurs tout au long de ses 7 Main Event. Ce nombre aura grimpé à presque 9400 en 13 tournois cette fois-ci lors de la saison 7 (2010/2011).
Depuis ce pic, les chiffres auront décliné pratiquement chaque année, pour atteindre les 6000 en 7 tournois la saison dernière.

Mais en considérant que le nombre d'étapes a presque été réduit de moitié, une décroissance était attendue. Lorsque nous regardons le nombre moyen de joueurs des Main Event par saison, les chiffres se montrent plus optimistes.

En 2015, l'EPT a enregistré un nouveau record avec une moyenne de 878 joueurs par Main Event lors de la saison 11. Et on s'attend à ce record encore battu cette saison.
Le graphe suivant montre comment le nombre de joueurs des Main Event a changé au fil de ces 12 années.

Nombre de joueurs du Main Event de l'EPT (axe de droite, en rouge : moyenne par saison ; axe de gauche, en bleu : nombre total par saison ; en pointillés : estimation) :

Statistiques du Nombre de joueurs des Main Event des 12 saisons de l'EPT

Les Etapes les plus Populaires

Sur les 110 derniers Main Events disputés, l'EPT a accumulé un nombre total de 72 335 entrées, dont plus de 10 000 rien que pour le PokerStars Caribbean Adventure, faisant de l'épreuve des Bahamas l'étape la plus populaire du tour sur toutes ces années.

Mais les jours de gloire du PCA semblent du passé. En 2011 le tournoi avait établi le record de 1560 joueurs. Problème : Peu de temps après le Black Friday est arrivé. Et PokerStars ayant été obligé de se retirer du marché US, la majorité des joueurs potentiels du PCA (qui étaient américains à cette époque) ne pouvaient plus se qualifier en ligne pour ce rendez-vous.

Par la suite, le nombre de joueurs du PCA a diminué de 30%. Et même en ayant donc réduit le buy-in de moitié cette saison, le Main Event n'aura pas réussi à franchir à nouveau la barre des 1000 joueurs.

D'autres épreuves du calendrier auront ainsi supplanté le PCA au rang de celle la plus fréquentée. Barcelone notamment aura établi de nouveaux records saison après saison durant ces six dernières années. L'étape espagnole aura même battu le vieux record du PCA cette saison, avec 1694 joueurs qui auront participé au Main Event 2015.

Prague reste aussi l'un des bastions du circuit, avec un total de participants qui aura toujours atteint les 4 chiffres au cours de ces trois dernières années.
Le prochain graphique vous montre comment l'affluence des 9 top destinations de l'EPT a évolué.

Nombre de joueurs dans le Main Event pour chacune des 9 villes indiquées (estimation pour Monte Carlo 2016) :

Evolution nombre de joueurs du Main Event des 9 principales étapes de l'EPT

 

L'Argent : Les Tendances

Sur les 110 tournois principaux disputés, plus de 400 millions d'euros auront été redistribués aux joueurs (nous avons converti les $ en €), ce qui signifie que chaque Main Event a payé en moyenne 3,6 millions de dotation.

Le plus gros prizepool aura été généré lors du PCA 2011 (saison 7) où 1560 joueurs ont joué pour une dotation totale de plus de 15,1 millions de dollars (environ 11,8 millions d'euros au taux de l'époque).
Le plus gros prizepool en dehors du PCA a été enregistré en 2009, une année où le Grand Final avait attiré 935 joueurs, pour une dotation de 9,35 millions d'euros.

A noter que l'EPT a désormais aligné tous ses Main Events sur le même buy-in, soit 5000$ ou 5000€. Terminé donc le PCA et le Grand Final à 10k.

Difficile de compter sur de nouveaux prizepools à 8 chiffres dans un futur proche. En guise de lien de cause à effet, les dotations distribuées sont sur une pente descendante chaque saison depuis 2011. Le graphe suivant montre le montant total de l'argent distribué sur les 12 saisons.

Argent distribué sur tous les Main Events cumulés, saison par saison (axe de droite, en rouge : moyenne par saison ; axe de gauche, en bleu : somme totale par saison ; en pointillés : estimations) :
Toutes les monnaies ont été converties en euros.

 

Montants totaux et moyenne des prizepools des Main Event de l'EPT

 

Les Plus Gros Prizepools

Ce dernier graphique montre les prizepools des Main Events pour les 9 plus grosses étapes de l'EPT depuis 2004. On peut voir la dramatique chute du PCA depuis 2011 (et dans une moindre mesure, celle de l'EPT Grand Final de Monte Carlo depuis 2009).

Prizepools pour les 9 plus grandes étapes de l'EPT (estimation pour Monte Carlo 2016) :
Toutes les monnaies ont été converties en euros.

 

Evolution des prizepools des 9 plus grosses étapes de l'European Poker Tour

 

Conclusion : Quelle est la vraie santé de l'EPT ?

Alors que voyons-nous ici ? En dehors de Barcelone (et d'une certaine façon Prague), toutes les étapes récentes de l'EPT affichent un déclin en termes de participation.

Une réduction du montant de certains droits d'entrée n'aura pas aidé à contrecarrer cette tendance. Moins d'argent aura été distribué, et le nombre d'épreuves (villes) différentes au calendrier n'a jamais été aussi bas.

Mais ce déclin lent et constant de la popularité du Main Event n'est que l'un des aspects de l'image globale. L'autre est que les épreuves de l'EPT ne sont plus seulement focalisées sur un gros Main Event.
Les EPT proposent des tournois préliminaires moins coûteux, qui attirent régulièrement des milliers de joueurs. Chaque étape offre ainsi pléthore de side events (tournois annexes), mais aussi plusieurs gros tournois high roller.

Pour de nombreux joueurs il est désormais courant de se rendre sur un EPT pour jouer plusieurs tournois en omettant totalement le Main Event. Soit parce que celui-ci est trop cher, soit parce qu'il ne l'est pas assez (pour les hommes d'affaires ou autres personnes riches).

Ces graphiques que nous vous avons présentés ne reflètent pas du tout ce changement de priorités, et dressent une image peut-être un peu trop négative du statut actuel de l'European Poker Tour. En fait, l'EPT a réussi a rester un succès en offrant des dizaines d'autres tournois que le Main Event en parallèle pendant plus de dix jours sur chaque étape.

C'est aussi un fait que l'EPT doit répondre à tous les types de joueurs pour rester en avance. Le temps où PokerStars pouvait se contenter d'aller dans n'importe quelle grande ville en Europe, organiser un tournoi à 5000€ et s'attendre à des centaines de joueurs, est révolu.

Le poker ne marche plus de la sorte, et les amateurs de poker attendent désormais bien plus d'un rendez-vous de poker qu'un simple Main Event. Heureusement, c'est quelque chose que PokerStars semble avoir très bien compris.

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