Pokerstars et Full Tilt bannis du marché américain

marteau loi

C'est un coup de tonnerre qui a frappé le monde du poker en ligne ce vendredi : PokerStars et Full Tilt Poker, deux des plus grosses salles de poker en ligne mondiales, ont été bannies du marché américain.

Vendredi (désormais connu sous le nom de "Black Friday"), le procureur de New York a accusé trois des plus gros acteurs du poker en ligne mondial, de fraude bancaire, jeu illégal, et blanchiment d'argent.
Au total, ce sont 11 responsables qui se retrouvent attaqués, dont Isai Scheinberg de Pokerstars, Ray Bitar et Nelson Burnick de Full Tilt Poker, et Scott Tom d'Absolute Poker.

Les noms de domaine utilisés par ces sites (ainsi qu'Ultimate Bet puisque qu'avec Absolute c'est tout le réseau Cereus de concerné) ont immédiatement été saisis, et redirigent désormais vers un message de la Justice américaine et du FBI.

En réponse, Pokerstars a dû afficher un pop-up sur son logiciel, annonçant qu'elle suspendait le jeu en argent réel aux Etats-Unis.
"Les développements de cette affaire se confinent aux Etats-Unis et n'ont aucun impact sur votre capacité à utiliser nos services. Soyez assurés que vos bankrolls sont en sécurité, et il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Pour tous nos clients en dehors des Etats-Unis, tout continue comme si de rien n'était."
Le site américain a depuis relancé son site, accessible sous le nom de domaine pokerstars.eu, mais de nombreux joueurs effrayés ont naturellement déjà vidé leur compte.

pokerstars home page
Voici désormais sur quoi tombent les visiteurs de Pokerstars.com
 

Son de cloche similaire du côté de Full Tilt : "Full Tilt Poker est au regret des charges lancées à l'encontre de son PDG Raymond Bitar, et lui offre tout son soutien ainsi qu'à Nelson Burtnick. (...) Le poker en ligne est un jeu d'adresse apprécié par des dizaines de millions de gens aux Etats-Unis et à travers le monde. Full Tilt Poker reste plus engagé que jamais pour préserver les droits de ces joueurs à s'adonner à leur jeu favori en ligne. M. Bitar et Full Tilt Poker estiment le poker légal, tout comme certains des meilleurs hommes de loi aux Etats-Unis. (...)."

Certains établissements locaux ont malgré tout déjà stoppé leur partenariat d'avec ces salles, notamment Wynn Resorts avec Pokerstars.

Depuis l'UIEGA (The Unlawful Internet Gambling Enforcement Act), décret élaboré en 2006 ayant considéré le jeu en ligne illégal aux Etats-Unis, la situation s'était toujours montrée tendue, les salles continuant d'exercer (depuis l'étranger) et d'engranger des revenus en dépit de cette interdiction. Mais rien ne laissait augurer d'un tel coup de filet, aussi soudain que brutal.

La France non-affectée

75 comptes bancaires utilisés par les sites pour leurs transactions ont été bloqués, et ce sont près de 3 milliards de dollars qui sont désormais réclamés aux accusés, recherchés par Interpol pour ceux n'ayant pas encore pu être appréhendés.

Une chose est sûre : même si l'affaire ne touche concrètement que les Etats-Unis, ce que le secteur a déjà nommé le "vendredi noir" marque d'une nouvelle pierre la grande histoire du poker en ligne.

Si l'on peut à terme malgré tout espérer une issue favorable (et un marché au final légal ?) pour les joueurs américains et la plupart des opérateurs visés au vu du potentiel d'un tel marché -y compris pour le gouvernement- , la question peut aujourd'hui se poser de savoir si ces fermetures ne risquent pas de venir perturber les qualifications en ligne pour les WSOP de l'autre côté de l'Atlantique.

Quant à l'impact sur les autres marchés, il faudra attendre encore un peu pour y voir plus clair. Une chose est sûre, les salles de poker en ligne que nous listons étant reconnues légales par l'ARJEL, aucun risque n'est à craindre pour le joueur français.

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