A la découverte de Melissa Burr, première joueuse payée du Players Championship

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“Grindeuse” de la côte est des Etats-Unis, Melissa Burr a réalisé d'excellents WSOP 2014. Mais sa dernière performance en date était sûrement la plus belle.

En effet Burr a réussi à arracher la 7è place lors du très masculin Poker Players’ Championship à 50 000$. Elle est ainsi devenue la première femme à atteindre une place payée dans ce tournoi, empochant au passage 165 435$.

Avant cet excellent résultat, Burr avait déjà atteint deux autres tables finales et enregistré une 9è place lors du Dealer’s Choice à 1 500$, le tout pour un tout petit peu plus de de 100 000$.

Pas si mal pour quelqu’un dont la plupart des fans de poker n’avaient encore jamais entendu parler avant ces WSOP 2014.


Des bancs de la fac aux parties high stakes

Burr n’avait pas prévu de devenir joueuse professionnelle de poker, et pourtant c’est bien ce qu’il s’est passé. Après avoir étudié le marketing et la philosophie à l’université du Delaware, elle commence à travailler.

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"Le poker a été un véritable coup de foudre."

C’est après un séjour à Atlantic City qu’elle se met au poker. Alors qu’elle assistait à une partie bien connue de Limit Hold’em à 7,50$/15$ et regardait les piles de jetons roses grimper, elle s’est rendu compte qu’elle avait trouvé son jeu.

Je jouais le pink chip game du Tropicana et les pots étaient énormes” se souvient Burr. “Ca a été un véritable coup de foudre. J’ai vu tous ces jetons, et je me suis dit que je les voulais pour moi.

Burr, qui travaillait dans le recrutement, s’est mise au poker en ligne lorsqu’elle a elle-même été licenciée. Et son volume de jeu a encore augmenté lorsqu’elle a pris une décision importante qui lui a évité la faillite.

Je faisais du multi-tables sur 24 tables sur PokerStars, j’étais Supernova chez eux pendant quelques années. Puis, juste avant Black Friday, j’hésitais entre tenter l’aventure Supernova Elite ou déménager à Atlantic City pour jouer à temps plein.

Finalement, partir à Atlantic City est probablement le meilleur choix que j’ai fait dans ma vie, j’ai échappé au pire.

J’ai arrêté juste avant Black Friday. Je jouais toujours en ligne, mais plus autant parce que je faisais plus de cash games live.


L’Omaha-8 et le Stud-8 à son arsenal

Après avoir joué au Limit Hold’Em en début de carrière et rapidement augmenté les mises, Burr est ensuite passée aux variantes Hi-Lo sur les conseils avisés de son petit-ami.

Quand je suis arrivée là-bas, je jouais en Limit Hold’em à 20$/40$, mais Ryan (Miller), mon petit-ami, m’a convaincu qu’il y avait de l’argent à se faire dans l’Omaha-8 et le Stud-8” explique Burr.

"Il m’a appris comment y jouer. Et puis un jour, on s’est lancés. On a participé à une partie d’OE (mix Omaha-8 et Stud-8) à 150$/300$. C’était génial.

Et comme ça, d’un coup, c’était parti.

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Robert Mizrachi a appris que parier contre Melissa n'était pas toujours judicieux.

Son succès l’a poussée à commencer à venir à Vegas chaque été pour les WSOP, mais elle a mis du temps avant de prendre ses marques. Cependant Melissa a réussi à prendre du recul, à analyser son jeu et ses efforts ont fini par payer.

La première année, on a participé à tous les tournois à 10 000$, sans succès. Je suis passée tout près d’une place payée lors du tout premier tournoi à 10 000$ auquel j’ai participé à Vegas. J’étais tellement déçue, je ne l’oublierai jamais. Depuis, je suis revenue chaque année, sans grand succès. Mais chaque année, je réalise des ajustements dans mon jeu, pour passer des cash games aux tournois, et cette année tout cela a enfin payé.


Se mesurer aux meilleurs dans le Players’ Championship

Burr n’avait au départ pas l’intention de participer au Poker Players Championship à 50 000 $, mais après deux tables finales et une neuvième place juste avant donc, quelques encouragements de ses amis ont suffi à la convaincre.

Quelques-uns de mes amis spécialistes du No-Limit Hold’em m’ont demandé si j’allais faire le Players Championship. Ca me semblait ridicule, en plus ça voulait dire vendre beaucoup de parts. Du coup, ils ont dit qu’ils achèteraient un petit pourcentage pour m’aider.

J’ai un peu tâté le terrain pour voir si c’était faisable, et en fait les réactions ont été très enthousiastes. En deux heures à peine, j’ai vendu plus de parts que ce que j’espérais. J’y suis allée à fond, parce que je me suis dit que si les gens avaient assez confiance en moi pour investir, alors je leur devais bien de gagner.

Burr a connu des fortunes diverses tout au long du tournoi, mais elle a réussi à aller assez loin pour être payée, devenant ainsi la première femme à réaliser cette performance.

Très tendue, l’ambiance à sa table lui a permis de se détendre, même si elle était très relevée : Robert Mizrachi, Matt Glantz, John Hennigan et Jesse Martin.

On se connaissait déjà tous. C’était la table la plus petite et la plus relevée, on jouait très vite. Mais paradoxalement, ça m’a détendue. On a beaucoup ri, on s’est bien amusé, malgré l’enjeu.

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"Qui sait, peut-être qu'un jour je rentrerai vraiment dans l'histoire."

Ca m’a calmée d’être avec des joueurs que je connaissais. L’expérience était intense et j’ai pu en profiter au maximum.


Gros pari sur une bonne performance au PPC

Et si Burr en avait besoin, elle avait aussi une motivation supplémentaire de tout faire pour bien figurer au Poker Players Championship : Robert Mizrachi avait parié à 15 contre 1 qu’elle n’atteindrait pas une place payée dans ce tournoi, après avoir remporté un pari similaire lors du Dealer’s Choice.

Rob a parié avec moi à 4 contre 1 qu’une femme ne remporterait pas le Dealer’s Choice alors qu’il restait trois femmes en course. Je n’ai pas gagné ce pari là, mais j’ai gagné celui-ci.

Quand il restait 91 joueurs dans le PCC, j’étais en assez mauvaise position mais il me restait quand même 100 000 en jetons, donc tout était possible. Il m’a proposé de parier à 15 contre 1 pour une place payée.

Il ne s’agissait certes que d’un pari bon enfant, mais c’est finalement Mizrachi qui a failli passer à côté de la bulle, alors en position de short stack à un joueur des places payées.

Il semblait mal parti, j’ai eu peur qu’il finisse à la pire place. Ca aurait vraiment été déprimant pour lui, donc ce n’est évidemment pas quelque chose que je voulais voir arriver. Rob est un ami à moi, nos paris sont toujours bon esprit.

Burr a donc non seulement atteint une place payée, elle atteignait aussi sa troisième table finale de l’été. Et si elle a beau être passée à côté de son premier bracelet, elle ne manque pour autant pas d’ambition.

Qui sait, peut-être que j’irai loin un jour dans le Main Event et que je rentrerai vraiment dans l’histoire !

 

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