Pour ou contre les November Nine ?

november 9

Le débat refait encore une fois surface alors que Mike Sexton et Ty Stewart s’écharpent autour du concept du November Nine. Pour tenter de trancher, nous en avons discuté avec des joueurs qui y ont participé.

Mike Sexton s’est particulièrement attaché à souligner les aspects négatifs : les joueurs n’ont accès à leur argent que des mois après les WSOP, ils ont du temps pour s’entraîner et se remettre en forme, ce qui désavantage les joueurs qui savent se maintenir en forme pendant la compétition.

Il s’est également interrogé sur la pertinence de faire venir des joueurs de tous les continents alors qu’ils n’ont peut-être plus que quelques grosses blindes et ne tireront aucun profit de leur voyage.

À l’inverse, Ty Stewart estime que la médiatisation des November Nine sur ESPN permet aux joueurs de se faire connaître, que l’argent pour l’équivalent de la 9è place est d’ores et déjà payé en juillet, et que les WSOP remboursent les frais de déplacement des joueurs au mois de novembre.

Pour se faire un meilleur avis, nous avons décidé d’en parler avec les premiers concernés.

Ces joueurs savent de quoi ils parlent : Martin Jacobson, Jorryt van Hoof et Sylvain Loosli, tous déjà finalistes du Main Event au cours de ces dernières années.


Jorryt van Hoof (Pays-Bas)

3è du Main Event des WSOP 2014

Oui, je suis pour que les November Nine continuent d’exister ! Je trouve que c’est un concept pertinent.

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Jorryt Van Hoof : "Un concept pertinent."

Les November Nine permettent de promouvoir le poker et c’est plus important que n’importe quel inconvénient.

Le poker reste une discipline très fragile et controversée, nous devons saisir toutes les opportunités de le soutenir.

Et personnellement, je dois dire que ce sont des souvenirs inoubliables. Évidemment, jouer à la fin de l’été aurait été génial aussi, mais j’ai apprécié d’avoir trois mois pour me préparer à fond.

C’était l’époque la plus intense et émotionnelle de ma vie. C’est vraiment incomparable et inoubliable dans la vie d’un joueur de poker, et rien ne dépassera jamais ce que j’ai vécu à ce moment-là. Inoubliable, vraiment.

J’ai assez peu étudié mes adversaires, d’autant qu’en trois mois ils auraient pu évoluer.

Tout ce que je voulais, c’était jouer à mon meilleur niveau. J’ai embauché deux coaches pour mon mental, Jared Tendler et un Néerlandais, qui m’ont beaucoup aidé.

J’en ai aussi profité pour participé à quelques gros tournois de No-Limit Hold’em, parce que j’étais plus habitué aux cash games de Pot-Limit Omaha.
Je suis allé aux EPT de Londres et de Barcelone pour m’habituer au rythme du NLHE.

Malheureusement, je n’avais aucun sponsor en raison du climat politique aux Pays-Bas.
Les autorités venaient d’envoyer une lettre aux salles de poker leur ordonnant de ne pas sponsoriser de joueurs néerlandais.

J’ai quand même reçu quelques offres, mais j’ai dû les refuser pour ne pas m’attirer d’ennuis.


Sylvain Loosli (France)

4è du Main Event des WSOP 2013

Il y a des bons et des mauvais côtés. Ce qui est bien, c’est qu’en tant que joueur cela te permet de te faire connaître et te donne le temps de trouver un sponsor si tu n’en as pas encore. C’est à cette époque que j’ai signé mon contrat avec Winamax, par exemple.

Sylvain Loosli 2
Sylvain Loosli : "Cela désavantage les meilleurs joueurs.""

Et puis pendant ces trois mois, l’excitation et la tension montent, les gens commencent à faire des pronostics, à parier, etc.

Par contre, cette pause change complètement la dynamique de la partie. Si on avait fait la table finale directement, les joueurs les plus faibles n’auraient pas eu le temps de se préparer et de progresser.

Je pense que cette organisation désavantage un peu les meilleurs joueurs.

Mais globalement, je suis plutôt pour. J’ai pu faire venir mes amis pour m’encourager, ce qui n’aurait pas été possible pendant l’été. Et puis le spectacle était énorme, à l’américaine.

Je préfère vraiment qu’on garde les November Nine.


Martin Jacobson (Suède)

Vainqueur du Main Event des WSOP 2014

Cela ne m’a posé aucun problème, j’ai profité de cette pause pour me préparer à fond et étudier de près mes adversaires, ce que je n’aurais évidemment pas pu faire autrement.

Martin Jacobson
Martin Jacobson : "J'ai profité de cette pause pour me préparer à fond."

J’ai « répété » la table finale plus d’une vingtaine de fois avec des joueurs substituts comme Anton Wigg et Michael Tureniec.

J’ai étudié chacun de mes adversaires de très près et j’ai élaboré plusieurs plans de jeu pour répondre à toutes les situations.

 

Contrairement à la perception du grand public et de Mike Sexton, il semble que les joueurs soient donc plutôt favorables aux November Nine.

Ce qui est sûr, c’est qu'ils seront bien là encore en novembre de cette année, pour prolonger la magie des WSOP.


La présentation des November Nine 2015