Royal Flush Girls : L'Interview

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Ambassadrices du World Poker Tour, les Royal Flush Girls parcourent le circuit au même rythme que les joueurs, mais que sait-on au juste d'elles hormis leur plantureux physique ? PokerListings a décidé d'aller à leur rencontre. Faites connaissance avec Tuğba Ercan, Sonia Yasmin Ali, et Dalia Gutierrez.

 


Trouvez-vous cela parfois frustrant qu'on ne vous voit que comme des jolies filles et qu'on ne fasse pas forcément attention à votre personnalité ?

Tuğba : En tant que Royal Flush Girls, beaucoup de joueurs nous connaissent déjà bien. Et ceux qui ne nous connaissent pas nous voient poser pour des photos et ça attise leur curiosité. La plupart du temps c'est amusant, le reste du temps c'est de toutes façons assez léger. Je ne prends pas ça trop au sérieux.

Sonia : Oui, on essaye de profiter du moment présent.

Tuğba : Et puis tout le monde est plutôt sympa. Je n'ai jamais eu de problème avec quelqu'un qui aurait été grossier ou qui m'aurait mise mal à l'aise.

Est-ce que vous pensez que le poker devrait être un peu plus glamour ?

Tuğba : Oui, je pense que le poker pourrait être un peu plus glamour. Ca serait une bonne chose pour le poker, et puis ça nous permettrait aussi d'être plus connues ! Je pense que le poker va grandir encore dans les cinq prochaines années, donc ça viendra de toute façon, mais en attendant, je pense qu'un peu de glamour pourrait servir.

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de gauche à droite : Dalia Gutierrez, Sonia Yasmin Ali, Tuğba Ercan.

Comment êtes-vous devenues des Royal Flush Girls ?

Sonia : C'est mon agence qui m'a contactée, et ensuite j'ai du franchir les différentes étapes de sélection. Mais c'est moins intéressant que l'histoire de Tuğba...

Tuğba : Non, non... (rires)

Dalia : J'étais paddock girl sur le circuit moto GP pour bwin, et l'un des managers m'a dit que je ferais une parfaite Royal Flush Girl. Je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait et je ne connaissais rien au poker, mais j'ai dit oui ! J'ai eu un entretien, et voilà ! (rires)

Et toi alors Tuğba ?

Tuğba : En fait j'ai participé au casting américain, avec 5 ou 6 000 autres filles. Ca a été un processus assez long, j'ai dû faire plusieurs entretiens et finalement ils m'ont annoncé que je faisais partie des 20 dernières filles sélectionnées en dehors de la Californie.
Le lendemain il m'ont fait venir en Californie pour un entretien avec Adam Pliska, le Président du WPT. Deux semaines plus tard, ils m'ont appelée pour me dire que j'étais prise ! J'ai tout de suite accepté.

C'est une position très convoitée donc, est-ce que cela vous met une certaine pression ?

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"Etre une Royal Flush Girl est un honneur, des milliers de filles aimeraient être à notre place."

Tuğba : Oh oui ! Il y a des milliers de filles qui aimeraient être à notre place, c'est un honneur de faire partie des Royal Flush Girls.

Sonia : Oui, on se rend compte qu'on a beaucoup de chance de faire partie du WPT, de parcourir l'Europe et de voir tous ces endroits magnifiques, tous ces casinos... Et puis on s'occupe bien de nous ! Hier, j'étais dans une pâtisserie en train de faire de macarons, on a aussi fait de l'équitation, etc. C'est juste génial, et puis c'est sympa de faire connaissance avec les joueurs.

Dalia : Moi, ce que j'aime c'est qu'on est une équipe, presque une famille. On prend soin les unes des autres. J'adore découvrir toutes ces magnifiques destinations, mais ce que je préfère c'est notre relation. Je suis vraiment heureuse de faire partie des RFG.

Est-ce que vous jouez au poker ? Si oui, qui est la meilleure ?

Sonia : Je crois qu'on n'a jamais joué les unes contre les autres ! Mais j'ai déjà fini deuxième d'un tournoi, et je crois que toi aussi Tuğba...

Tuğba :  Oui, j'étais à Bruxelles pour l'ouverture d'une poker room WPT avec Mike Sexton et Vince Van Patten. On a joué un petit tournoi avec une trentaine de joueurs, et j'ai terminé deuxième ! On a joué pendant 5h, une première pour moi, donc j'étais très fière de moi.

Sonia : Violet, l'autre Royal Flush Girl européenne, est très douée. Elle a même gagné un petit tournoi qu'on avait organisé entre nous. C'était marrant. Les joueurs devrait surveiller leurs arrières ! (rires)

Quand avez-vous appris le poker ?

Tuğba : Quand je suis arrivée sur le WPT. Avant ça, j'avais entendu parler du poker mais je n'y connaissais rien. Je suis originaire de Turquie, où le poker est complètement illégal, et je n'ai jamais vraiment joué aux cartes, même quand j'étais enfant.

Tout ça était vraiment nouveau pour moi quand je suis devenue une RFG, d'ailleurs j'avais un peu peur qu'on attende de moi que je connaisse bien le poker et que je puisse en parler.

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Aux côtés de Mike Sexton et Vince Van Patten : "Nous sommes presque une vraie famille."

Sonia : J'avoue qu'on apprend vite.

Tuğba : Oui, on est en immersion.

Est-ce que Mike Sexton vous a donné des cours particuliers ?

Sonia : (rires) Non, non. On apprend en jouant.

Tuğba : Aux États-Unis, on doit participer à un tournoi online à chaque étape du WPT. Est-ce que vous faites ça aussi ?

Sonia : Non, mais c'est un bon moyen d'apprendre !

Tuğba : On participe au tournoi, et les joueurs veulent tous jouer contre nous parce que celui qui nous élimine gagne une photo dédicacée et un sac cadeau du WPT.

Au début, je faisais un peu n'importe quoi parce que je n'y connaissais rien mais ensuite je me suis dit que ça faisait partie de mon boulot, donc autant m'y mettre sérieusement. J'ai acheté « Le Texas hold'em pour les Nuls » et j'ai lu pas mal de trucs sur Internet. Petit à petit, j'ai fini par mieux comprendre et à apprendre. Je veux continuer à progresser et à apprendre des meilleurs, donc j'ai demandé à Vince Van Patten de me donner des cours ! (rires)

Mike m'a aussi donné quelques bons conseils quand on était à Bruxelles. Il a été éliminé avant moi ! (rires)

Est-ce que vous pensez jouer un peu plus online ?

Tuğba : On ne sait jamais !

Sonia : Peut-être, oui.

Est-ce que les joueurs essayent de flirter avec vous pendant les tournois ?

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Les Royal Flush Girls en mission pour apporter plus de glamour et de fun.

Tuğba : (rires) Non, non.

Sonia : Non, ça va. Ils sont simplement sympa et ils savent qu'on aime s'amuser.

Dalia : Et puis quand ça arrive, ce n'est pas très grave. Nous sommes des jolies filles, nous savons comment réagir de manière professionnelle dans ces situations. Ca fait partie de notre boulot.

Est-ce que vous pensez que le monde du poker est un peu machiste ?

Dalia : Je pense que c'était vrai, avant.

Sonia : Oui, il y a beaucoup de bonnes joueuses maintenant.

Dalia : Je pense que la perception des joueuses a évolué. Et les Royal Flush Girls apportent aussi une touche de féminité et de glamour dans le poker !

Est-ce que vous diriez que votre mission est de rendre le poker un peu plus féminin ?

Dalia : Oui, c'est le girl power ! (rires)

Qu'est-ce que vous voudriez apporter au poker ?

Sonia : Plus de glamour, plus de fun...

Tuğba : Oui, plus de fun !

Sonia : Et je pense que c'est ce qu'on fait. C'est vraiment ce que je préfère dans notre travail, rendre le poker plus amusant.

Tuğba : Quand on y pense, il n'y a pas d'autres ambassadeurs comme nous dans le monde du poker. C'est une grande responsabilité, nous sommes là pour apporter plus de féminité au poker et pour mettre en avant notre personnalité.

Nous sommes là pour mettre les joueurs à l'aise, et puis c'est sûrement agréable d'avoir des jolies filles autour de soi. On accueille les joueurs, on les met à l'aise et on fait tout pour qu'ils s'amusent. Oui, c'est notre travail, mais autant que ce soit aussi amusant que possible.

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"Nous sommes aussi là pour accueillir les joueurs, les mettre à l'aise, et qu'ils s'amusent."

Sonia : Oui, on fait un peu baisser le niveau de testostérone ! (rires)

Sonia, j'ai vu qu'en plus d'être une RFG, tu es également mannequin, présentatrice, photographe et blogueuse fitness. Parmi tout ça, qu'est-ce qui te motive le plus ?

Sonia : Probablement la photographie, parce que c'est une passion relativement récente. Depuis 7 ans que je suis mannequin, j'ai passé beaucoup de temps de l'autre côté de l'objectif. J'ai fait des vidéos, des magazines, des publicités, toute sorte de choses, donc c'est agréable de passer pour une fois de l'autre côté de l'objectif. Et puis je pense que cela me permet de mettre à l'aise les gens que je photographie.
J'aime vraiment tout le processus créatif qui se met en œuvre pour réaliser une belle photo. Je m'intéresse particulièrement à la photographie de mode et de beauté, et c'est probablement ce que je ferai plus tard.

Mais pour être honnête, pour l'instant je suis juste très heureuse de pouvoir faire tout ça à la fois tant que je suis jeune et que j'ai assez d'énergie pour tout faire.

C'est plutôt rare de voir des mannequins passer de l'autre côté de la caméra, non ?

Sonia : Peut-être. En fait, tout est parti de certaines photos de moi que je n'aimais pas trop. Du coup je me suis mis à Photoshop pour les retoucher moi-même. Je suis une autodidacte, mais je me débrouille bien.

L'année dernière j'ai décidé d'aller plus loin et de me mettre carrément à prendre des photos. Donc maintenant c'est moi qui prends des photos et qui les retouche moi-même. D'autant que je suis assez geek : j'adore la technologie, les appareils photos, les ordinateurs... Je crois que j'ai tous les produits Apple imaginables.

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Sonia Yasmin Ali : experte aussi de l'autre côté de l'objectif.

J'ai vu que tu avais participé à un clip avec 50Cent. Qu'est-ce que ça fait de travailler avec une telle star ? Est-ce que c'est comme avec les stars du poker ?

Sonia : Pour être honnête, c'était vraiment drôle de travailler avec 50Cent. C'était pour le clip de Ayo Technology, du coup Justin Timberlake et Timbaland étaient là aussi. Il y avait vraiment une super ambiance, ils n'arrêtaient pas de s'amuser, de faire des blagues. Je ne suis pas du genre à être trop impressionnée par les stars, même si je ne dirais sûrement pas la même chose si je croisais Beyoncé ou une autre star dont je suis vraiment fan.

Après, tout le monde est différent, donc je ne sais pas trop comment les comparer aux joueurs de poker.

Dalia : Tu as tourné cette vidéo avant de devenir RFG ?

Sonia : Oui, c'était il y a 6 ans je crois. C'était mon tout premier contrat en tant que mannequin ! Et depuis tout va bien.

Du coup j'imagine que tu n'es pas trop impressionnée par Daniel Negreanu ou Phil Hellmuth !

Sonia : C'est ça, ce n''est rien pour moi ! (rires)

Dalia, tu as déjà travaillé pour de nombreuses grandes marques. Est-ce que c'est différent de travailler sur le WPT ?

Dalia : Tous les contrats sont différents. Je suis mannequin depuis mes 15 ans, j'ai travaillé un peu partout, mais c'est vrai que le WPT est un peu à part. C'est un vrai défi pour moi, parce qu'avant cela je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de parler devant la caméra. Autant je peux me balader en culotte ou en bikini sans problème, mais les caméras me font paniquer ! J'ai vraiment l'impression de pouvoir exprimer plus de choses dans une photo que dans une interview filmée. Mais ça fait partie de mon travail sur le WPT, donc je le fais.

Sonia : Et puis tu as beaucoup progressé !

Dalia : Oui, je fais beaucoup d'efforts. Je suis Colombienne, j'ai un accent très fort et parfois j'ai un peu de mal à trouver les mots, mais je fais tout pour m'améliorer. C'est aussi pour ça que j'aime faire partie d'une équipe, les filles me soutiennent et me poussent à aller toujours plus loin.

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Dalia Gutierrez : "J'ai l'impression de pouvoir exprimer plus de choses dans une photo que dans une interview filmée."

Tu as travaillé sur les circuits Moto GP, de Formule 1, etc. Est-ce que tu considères aussi le poker comme un sport ?

Dalia : Au début, je ne le pensais pas. Je voyais le poker comme un loisir, mais je me suis rendu compte que c'était vraiment un sport.

Je pensais que c'était un simple jeu de cartes, mais j'ai réalisé que c'était en fait très exigeant. Et quand tu regardes une table finale, c'est comme regarder un match de foot ! Je suis sud-américaine, et pour nous le football c'est presque une religion. Et maintenant, quand je regarde une partie de poker, je suis aussi enthousiaste que devant un match de foot !

Est-ce que le poker est populaire en Colombie ?

Dalia : Un peu. Tout le monde est obsédé par le football en Colombie, mais de plus en plus de gens se mettent au poker. Les mentalités sont en train d'évoluer, les gens commencent à s'intéresser à d'autres sports comme la Formule 1 ou le poker. Je n'ai pas encore croisé de joueurs colombiens sur le circuit, mais je sais qu'il y a quelques joueurs sud-américains.

Est-ce que le poker est légal en Colombie ?

Dalia : Je ne sais pas. Je crois que oui. J'ai déménagé en Angleterre il y a trois ans, donc je ne suis pas vraiment au courant de la situation.

Tuğba, j'ai lu que tu es physiologiste du sport et spécialiste de la santé. Tu aimes aider les gens ?

Tuğba : Oui, j'adore le contact humain. J'ai passé un diplôme en sciences du sport avant de devenir mannequin et j'ai même travaillé pendant un moment dans un hôpital : je m'occupais des patients en convalescence après des opérations cardiaques ou pulmonaires.

Je suis passionnée par le fitness et la santé. J'adorais travailler dans ce domaine, et j'aime toujours ça, mais il y a quelques années je me suis rendu compte que le mannequinat était ma vraie passion et que je voulais m'y consacrer. Depuis que j'étais arrivée aux États-Unis, j'avais fait tout ce que j'étais « censée » faire : j'avais décroché un diplôme, trouvé un travail, mais au final je n'étais pas vraiment heureuse. Du coup j'ai décidé de me jeter à l'eau et j'ai déménagé à Miami pour me lancer dans le mannequinat. Je ne le regrette pas une seconde, c'est une aventure extraordinaire.

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Tuğba Ercan : Passionnée par les autres, la santé... et les arbres.

Par contre, j'ai tenu à ne pas arrêter complètement mon activité de physiologiste, parce qu'il faut quand même maintenir son CV... On ne reste pas mannequin toute sa vie, il faut faire attention à avoir de quoi retomber sur ses pieds après. Donc je pense que je me débrouille pas mal ! (rires)

Je travaille encore à l'hôpital de temps en temps, et j'aime vraiment ça. Ca me permet de garder les pieds sur terre et d'aider les gens, loin du monde glamour du mannequinat. Il ne faut jamais oublier d'où on vient.

Est-ce que tu te vois travailler dans ce domaine après ta carrière de mannequin ?

Tuğba : Oui, d'autant qu'en tant que RFG, j'ai maintenant pas mal d'expérience devant les caméras. Je me suis rendu compte que j'adorais ça ! Au mois de décembre, je vais rentrer à Miami et prendre des cours de théâtre. Ensuite, peut-être que je déménagerai en Californie pour me lancer dans une carrière d'actrice. Je veux juste continuer à travailler à la télé, j'adore ça !

Et dans le domaine de la santé et du sport ?

Tuğba : En fait, j'ai toujours voulu devenir kiné, mais je ne me vois pas du tout reprendre mes études. (rires)

Peut-être que je peux continuer à faire ce que je fais maintenant, en y consacrant plus de temps. Et puis je pourrai peut-être travailler en Turquie. Je voudrais créer plus de liens entre la Turquie et les États-Unis pour pouvoir aider des jeunes filles à devenir mannequin, pourquoi pas.

J'ai aussi lu que tu disais aimer « faire des câlins aux arbres ». Il va falloir que tu nous expliques !

Tuğba : C'est mon côté écolo. J'aime les arbres, l'herbe, la nature. Je suis une folle du recyclage. Je suis passionnée par la nature et je pense qu'on devrait tous travailler à la protéger. Je veux que mes enfants puissent profiter de l'air pur et de la nature et... faire des câlins aux arbres ! (rires)

Est-ce que le poker est populaire en Turquie ?

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Tuğba : Pour l'instant, le poker est complètement interdit en Turquie. Beaucoup de joueurs turcs me contactent depuis qu'ils savent qu'il y a une Royal Flush Girl turque. L'idée c'est qu'en s'y mettant ensemble, peut-être qu'on pourrait aider à faire prendre conscience que le poker est nécessaire. Mais bon, c'est au gouvernement de gérer ça, je ne sais pas si je peux vraiment avoir une influence.

La plupart des joueurs turcs vont jouer à Chypre. Je ne sais pas si/quand le poker sera légal en Turquie, mais j'espère vraiment que ça sera le cas parce qu'il y a beaucoup de joueurs qui ne demandent que ça.

C'est déjà bien que les joueurs turcs puissent participer au WPT à Chypre. Le poker est vraiment en train de devenir très populaire, donc je pense que ça finira par être légalisé en Turquie.

Et au Bangladesh, Sonia ?

Sonia : Oh, je n'en ai aucune idée...

J'ai vu que quelques joueurs bangladais avaient réalisé quelques résultats et places payées aux WSOP cette année...

Sonia : C'est vrai ? Je n'en savais rien ! Je ne suis pas allée au Bangladesh depuis mes 4 ans. J'aimerais vraiment y retourner mais je dois avouer que je ne connais pas vraiment la situation par rapport au poker là-bas. Je n'ai pas encore rencontré de joueur bangladais sur le circuit, mais j'adorerais le faire !

 

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