Thomas Kremser : ses souvenirs les plus mémorables en 7 ans d'EPT

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Thomas Kremser, Directeur de Tournoi de l'EPT durant les 7 années.

Thomas Kremser a passé 7 ans et 70 tournois en tant que directeur de tournoi. Il est revenu pour nous sur ses plus grands souvenirs.

Présent depuis le commencement, Kremser a joué un rôle essentiel dans la transformation du rêve de John Duthie en réalité, celui d'un "WPT pour l'Europe".

Du terrible braquage de l'EPT Berlin au non moins épique EPT de Kiev, en passant par de grands souvenirs à Barcelone ou ceux moins bons d'Ivan Freitez à Monaco, qui de mieux que Kremser pouvait revenir sur tant de faits marquants et moments historiques de l'European Poker Tour ?

Voici en tout cas ses expériences les plus mémorables.


Comment tout a commencé

Thomas Kremser : D’après ce que je sais, j’étais l’un des premiers à avoir été contacté par John Duthie. Il voulait reproduire le modèle du WPT en Europe. J’ai trouvé l’idée très intéressante.

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"Je n'ai jamais perdu mon sang froid, jusqu'à mon dernier EPT."

Je venais de quitter le Concord Casino après 10 ans passés là-bas, j’avais besoin d’un nouveau défi. Nous avons contacté autant de personnes que possible.

Il y a eu de très longues discussion avec PokerStars et Party Poker, nos sponsors potentiels à l’époque. Nous avons aussi beaucoup débattu des lieux qui pourraient accueillir les tournois.

On ne savait pas du tout si ça allait marcher. D’ailleurs, la plupart des gens impliqués dans le projet étaient très sceptiques.


Le premier EPT à Barcelone

TK : J’avais déjà travaillé avec le casino de Barcelone, notamment en formant leurs croupiers et en organisant quelques tournois. Barcelone avait tout de la première étape idéale.

Nous avons programmé trois ou quatre autres étapes, histoires de voir ce que tout ça allait donner.

La deuxième étape, à Londres, a très bien marché. La troisième, à Vienne, a montré qu’on était là pour durer.

Ce qui est marrant, c’est qu’à l’époque il n’y avait pas vraiment de base de joueurs locaux à Barcelone. Le tournoi a donc attiré les joueurs qu’on retrouvait déjà dans tous les tournois d’Europe.

Le seul vrai changement, c’était la télé. Au début, certains joueurs n’appréciaient pas d’être filmés, mais Duthie, PokerStars et moi avons insisté.


Situation la plus compliquée

TK : L'EPT Berlin, après le braquage, sans aucun doute. Il y avait 5 tournois qui se déroulaient en même temps, 60 tables. C’était le chaos total. Des tables avaient été renversées et certains essayaient d’en profiter.

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Un pur chaos lors de l'attaque à main armée à l'EPT Berlin.

Dans le Main Event, où il y avait 1 million d’euros en jeu, il ne restait que trois tables. Tous les jetons s’étaient mélangés.

En résumé : si on considère mes sept ans à la tête de l’EPT comme mes études, ce jour-là c’était ma soutenance de thèse. Je suis très fier de la manière dont nous avons géré la situation. D’autant que, sans vouloir me mettre en avant, j’étais en première ligne.


Regrets

TK : Je n’ai pas vraiment de regrets. L’EPT a toujours été un projet très ambitieux et j’ai beaucoup de chance d’y avoir pris part.

Mon seul regret, c’est d’avoir essayé de trop faire de choses tout seul au lieu de déléguer.

J’ai toujours voulu me donner à 100%, ce qui m’a parfois coûté beaucoup d’énergie et a pu avoir un impact négatif sur ma productivité.


Péter un câble

TK : Ce qui est assez fou, c’est que j’ai toujours gardé mon calme... jusqu’à mon dernier tournoi sur l’EPT. C’était le Grand Final à Madrid et Ivan Freitez n’arrêtait pas de faire de l’angle-shooting.

Je suis plutôt quelqu’un de posé. Avant Madrid, la seule chose qui m’énervait c’était les spectateurs qui ne restaient pas derrière les barrières.

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Antonio Esfandiari, toujours l'un des joueurs les plus appréciés.

Avec Freitez, c’était différent. C’était malhonnête, une série de mauvais coups. On a bien senti lorsque je me suis exprimé que j’étais à bout mentalement.


Joueur préféré

TK : Quand je repense à tous ces tournois, il y a un joueur qui m’a toujours fait une excellente impression : Christer Johansson. Pendant un moment, il participait à tous les tournois de l’EPT.

Il était sympathique, poli et sociable. Il était intelligent, mais également bon joueur et il a eu de très bons résultats. Quand je m’imagine en tant que joueur, c’est lui mon modèle.

J’aime aussi beaucoup Antonio Esfandiari. C’est un très grand joueur qui fait tout pour que toute la table passe un bon moment.

Antonio et ses anecdotes créent toujours une atmosphère très spéciale.


Étape préférée

TK : Barcelone, sans aucun doute. C’est une ville fantastique : plages, soleil... et puis j’y associerai toujours mes premiers pas dans le poker live.

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Dès le début ça aura été un projet très ambitieux, et j'ai eu de la chance d'être là.

Ensuite, je dirais Prague. Je pouvais y aller en voiture et tout était concentré au même endroit, au Hilton.


Meilleure soirée des joueurs

TK : Honnêtement, je n’ai pas fait une seule soirée en sept ans. J’avais toujours trop de boulot.


Moments les plus bizarres

TK : Je crois que la situation la plus bizarre à laquelle j’ai été confronté s’est produite à Kiev. Nous avions délocalisé l’EPT là-bas parce que l’étape de Moscou avait été annulée au dernier moment.

Et là, en plein tournoi, une grosse coupure d’électricité.

Résultat, un Main Event plongé dans le noir. Mais encore une fois, la communauté poker a montré la solidarité dont elle sait faire preuve : les caméramans ont utilisé leurs lampes pour éclairer les tables, et des centaines de téléphones portables pour compléter tout ça et continuer à jouer.

Il s’est passé un truc extraordinaire à Barcelone aussi, en 2006. Il y avait tellement de joueurs qu’on a dû serrer sept paires de joueurs à la même table lors d’un tournoi de heads-up. Ca n’a dérangé personne, les joueurs ont payé leur buy-in de 5000€, même en étant serrés comme des sardines.

 

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