L'art de tirer une Deuxième Cartouche au poker

Tom Dwan
Tom Dwan sait quand il peut continuer d'agresser ses adversaires.

Pourquoi faire des continuation bets au poker, si vous abandonnez ensuite dès lors qu'ils sont suivis ?

Dans ce cas vous ne joueriez pas seulement un poker très prévisible et exploitable, mais vous abandonneriez également une tonne d'argent à la table.

Les continuation bets sont excellents - ils tirent leur avantage de l'initiative que vous avez gagnée en ayant été le relanceur pré-flop. Et souvent ils remportent ainsi le pot de manière complètement incontestée au flop.

Tandis que la popularité du continuation bet s'est accrue, les joueurs ont commencé à devenir de plus en plus tenaces. Même les « fish » ont compris que si vous aviez relancé avant le flop, vous alliez faire un continuation bet sur le flop, que vous ayez touché quelque chose ou non. Alors ils ont commencé à suivre au flop plus souvent.

Vos adversaires suivent dans le but de voir comment vous allez réagir à la turn. Car de trop nombreux joueurs TAG (serrés-agressifs) font leur mise de continuation au flop, puis abandonnent ensuite, concédant le pot à la turn.
Jouer un poker aussi prévisible vous rend extrêmement exploitable.

Votre adversaire sait que si vous tirez deux cartouches (misez deux fois d'abord au flop puis à la turn), vous avez du lourd, mais que si vous checkez la turn vous n'avez rien.
Un jeu aussi évident ne va jamais se montrer profitable sur le long terme, alors arrêtez de vous enfuir aussi facilement si quelqu'un suit votre continuation bet au flop.

Avec quoi les joueurs continuent-ils au flop ?

Évidemment ce avec quoi votre adversaire suit va varier d'un adversaire à un autre. Un joueur serré aura plus vraisemblablement quelque chose qu'un joueur large lorsqu'il paye au flop.

daniel negreanu 33048
Tirer une deuxième salve dépend de plusieurs facteurs.

La majorité des joueurs suivent tranquillement au flop dans le but de voir ce que vous allez faire à la turn. Ils ont généralement une main faite faible ou un faible tirage, et ils se résignent à suivre au moins une mise pour voir "ce qu'il va se passer".

Mais la plupart des mains de ces joueurs restent très marginales et ne peuvent supporter trop d'action. Par conséquent ils vont souvent suivre au flop pour ensuite seulement se coucher à la turn lorsque vous maintenez la pression.

Avec quelles cartes devrais-je continuer à faire feu ?

Attention, nous ne prêchons pas pour que vous ne fassiez que canarder à tous les tours de mises avec rien du tout dans l'espoir que votre adversaire se couchera. Vous vous ruineriez très rapidement en procédant de la sorte.

Toutes les turn ne sont pas équivalentes lorsqu'il s'agit de décider de tirer la deuxième cartouche, et vous devez rechercher les bonnes situations. Certaines cartes sont bonnes, d'autres non. Vous devez être capable de proprement analyser quelles cartes sont de bonnes cartes pour tirer une deuxième cartouche, et lesquelles ne s'y prêtent pas.

Les bonnes cartes pour une deuxième mise

De bonnes cartes pour tirer une deuxième cartouche sont des cartes qui améliorent votre range (éventail / panel) de mains possibles, ou qui y font mal. Jetons un œil à un exemple.

Partie à 1$/2$, table à 6 joueurs en ligne.
200$ de stacks effectifs.

Tout le monde se couche jusqu'à vous au bouton, avec 8 9.

Vous relancez à 7$ et la grosse blinde suit.

La flop vient avec 4 7 J.

Votre adversaire checke et vous misez 12$. Votre adversaire suit.

Le range de votre adversaire à ce stade ressemble à quelque chose comme de faibles tirages quinte, une paire de 7, des pocket paires comme 6-6 à 9-9, ou un valet.

La turn amène l'A.

C'est une bonne carte pour votre range sous-jacent, et qui fait mal à ceux d'en face. Il ne complète aucun tirage, et s'il y avait en face une paire plus petite que les valets il y a maintenant deux overcards au sujet desquelles votre adversaire doit s'inquiéter. Même s'il avait un valet, votre adversaire doit maintenant se préoccuper de l'as.

Votre adversaire checke. Vous misez 25$. Il se couche.

Dan Cates2
"To bet or not to bet, that is the question."

Les as font d'excellentes cartes pour poursuivre l'agression car beaucoup de joueurs croient toujours que chaque relance pré-flop contient un as.

Cette main est très standard. Votre adversaire suit le flop avec sa main faible mais s'en va face à une agression maintenue à la turn. Si vous aviez laissé tomber une fois que vous avez été suivi, vous auriez dû vous résigner à perdre le pot lorsque les deux rues suivantes se seraient conclues par des check, check.

Les mauvaises cartes pour tirer une seconde cartouche

Les mauvaises cartes pour une seconde cartouche sont celles qui incitent votre adversaire à continuer à suivre. Lorsque vous tirez de multiples cartouches sans rien en main, vous vous reposez évidemment sur la fold equity (espérance de faire coucher l'autre). Mais si votre fold equity est faible, vos chances de remporter le pot sont également faibles, sachant que vous allez rarement gagner à l'abattage sans avoir amélioré.

Si les cartes ont peu de chances d'avoir amélioré votre range et/ou ont vraisemblablement aidé votre adversaire, oubliez la mise supplémentaire et économisez de l'argent.

Réfléchissez à l'éventail de votre adversaire lorsqu'il a suivi votre mise au flop et à ce que vous feriez dans cette situation et avec quelles mains.
Prenons un autre exemple.

Partie à 1$/2$, table à 6 joueurs en ligne.
200$ de stacks effectifs.

Vous êtes au bouton avec 5 7.

Vous relancez à 7$ et la grosse blinde suit.

Le flop vient avec 3 2 T.

Vous misez 10$ et votre adversaire suit.

Le T arrive à la turn.

S'agit-il d'une bonne carte pour tirer une autre cartouche ?

Absolument pas. Réfléchissez à quelles mains votre adversaire a pu suivre avec au flop. Probablement une pocket paire, un dix ou un tirage couleur. Est-ce que l'une de ces mains va se coucher devant une deuxième mise à la turn ? Jamais de la vie.

Le T n'a pas seulement complété le tirage couleur, mais il a également doublé la carte la plus haute, rendant plus improbable le fait que vous en ayez une.

Même les plus affreux débutants comprennent ce concept et suivront votre deuxième mise.

Si la turn donne à votre adversaire de nouvelles raisons de suivre, ne misez pas !

Les ranges, les ranges, les ranges

Les choses auxquelles nous voulons que vous réfléchissiez le plus lorsque vous décidez de tirer une deuxième cartouche ou non sont « Est-ce que cette carte apparaît comme ayant pu m'aider ? » et « Est-ce que cette carte a peu de chances d'avoir aidé mon adversaire ? ».

Si la réponse est oui aux deux, alors tirez cette deuxième cartouche. Vous serez surpris de la fréquence à laquelle vos adversaires abandonneront.

Une fois que vous avez appris à arrêter d'abandonner chaque fois que vous êtes suivi et à continuer de mettre la pression, vous ne gagnerez pas seulement plus de mains, mais vous deviendrez aussi un joueur moins prévisible.