EPT Berlin : Interview Sandra Naujoks

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Vainqueur à Dortmund en 2009, Sandra Naujoks ne réalisera pas la passe de deux à l'occasion du premier EPT de Berlin qui a démarré ce mardi. La jeune championne a finalement dû s'incliner hier lors du Day 1B. PokerListings l'avait rencontrée peu avant son entrée dans la compétition.

 

 

Sandra, cela fait maintenant environ 2 ans que tu es sur le circuit. En regardant en arrière, penses-tu avoir prise la bonne décision en devenant joueuse de poker professionnelle ? Etudiante en littérature et ayant travaillé derrière et face à l'objectif, tu avais aussi d'autres options.

Derrière et face à l'objectif ?

En tant que modèle et photographe.

Je pense que je dois mettre au point certaines choses. Je n'ai jamais été modèle, et je n'ai jamais non plus travaillé en tant que photographe. Certains journalistes avaient lancé cette histoire il y a quelque temps et depuis tout le monde l'a reprise.
A part ça je ne regrette pas ma décision. Pour moi c'était la bonne chose à faire.

Ces derniers temps il y a pas mal de buzz autour de la nouvelle génération des kids de l'Internet, des joueurs qui ont déjà engrangé des tonnes d'expérience avant même d'être en âge d'entrer dans un casino. Ta propre carrière est-elle la preuve qu'il existe toujours d'autres voies ?

Oui en effet. Lorsque j'ai démarré, j'ai commencé par jouer sept à huit heures par jour en casinos live. Je suis du coup plus apte à observer les tells physiques que quelqu'un qui ne fait que jouer en ligne tout le temps.

Cela fait-il une différence pour toi de jouer contre un vieux joueur expérimenté, qui a déjà traîné ses guêtres dans des centaines de tournois, ou contre une jeune gâchette avec des écouteurs, lunettes de soleil, et un chapeau ridicule ?

Non. J'aborde chaque adversaire de la même manière. Et un à la fois.

Où vas-tu justement aller chercher à t'occuper de nouveaux adversaires au cours de ces prochains mois ?

Je serai au Snowfest, puis à l'EPT San Remo et à Monte Carlo. Ensuite les WSOP seront déjà là.

Tu es aussi impliquée dans des projets caritatifs en faveur du tiers monde. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

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 « Etre sous le feu des projecteurs est assez stressant »

Mon projet principal s'appelle allin4kids. Je l'ai lance l'année dernière en compagnie du pro australien Markus Golser. Nous avons discuté avec de nombreux joueurs germanophones pour leur demander leur soutien. Tous ceux qui répondent présents sont d'accord pour verser 2% de leurs gains en tournois dans la cagnotte. L'argent est ensuite utilisé pour des projets que nous avons décidés.

A l'heure actuelle nous aidons à construire une école au Cambodge. L'argent sert à former des enseignants, acheter des livres, gérer les transports nécessaires aux enfants pour qu'ils puissent s'y rendre, etc. Il y a aussi d'autres projets à venir. Cependant nous prenons notre temps pour bien nous assurer que l'argent est bien utilisé et qu'il va où nous voulons qu'il aille.

En plus du soutien des autres joueurs, les gens peuvent également nous recruter comme coachs, il y aura aussi des ventes aux enchères, et beaucoup d'autres évènements en ligne.

Venons-en à cet EPT. Tu défends ton titre cette année et tu es donc au centre de beaucoup d'attention de la part des médias. Comment gères-tu ?

En fait c'est assez stressant, car je suis tout le temps abordée par les gens. Ce n'est pas vraiment le fait des photographes qui me prennent en photo pendant que je joue, c'est plus au niveau des gars qui viennent me voir au moment des pauses pour demander des interviews. Je suis obligée d'en refuser beaucoup aujourd'hui.

Que ressent-on lorsque l'on devient la figure de proue des joueuses de poker allemandes à la place de Katja Thater ? Cela crée t-il une tension entre vous ?

Au contraire. Katja est une vraie pionnière, et toutes les joueuses lui doivent beaucoup. Et étant donné qu'il n'y a pas tant de filles dans le poker, et que tous nos adversaires sont des hommes, il serait idiot de ne pas se serrer les coudes.
J'ai beaucoup de respect pour Katja, notamment après avoir appris beaucoup de choses à propos du buzz autour du business.

On te voit très rarement jouer en ligne. Quelle est la position de ton sponsor par rapport à ça ?

Personnellement je dois admettre que je n'aime pas vraiment jouer en ligne. Je préfère jouer un tournoi live à 20$ plutôt que de m'assoir devant mon PC.
Bien sûr PokerStars me veut aussi en ligne, mais ils respectent également mes préférences. Du coup je peux à nouveau m'en limiter aux grands tournois en ligne, comme le Sunday Million.

Interview réalisée par Dirk Oetzmann


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