Votre image à la table de poker : Savoir la reconnaître et l'exploiter

Antonio Esfandiari renvoie une image incertaine
Quelle image ont les autres de vous ? Ou plutôt, quelle image voulez-vous avoir ?

L'image qu'ont les autres joueurs de vous est un élément capital à la table de poker. Elle va conditionner beaucoup de choses, à commencer par comment vos adversaires vont jouer contre vous (et avoir peur de vous), ainsi que votre confiance, votre marge de manœuvre et votre stratégie.

Apprenez ainsi notamment quelles sont les différents types d'image que vous pouvez avoir, et surtout comment l'exploiter. Créez votre propre chance !
Dans la dernière partie de cet article, vous pourrez évaluer si vous rentrer dans la catégorie d'un certain profil, avec 7 signes qui montrent que vous êtes peut-être un TAGfish.


L'image à la table de poker

Au No-Limit Texas Hold'em, l'image à la table est primordiale. Elle peut faire la différence entre une phase perdante et une phase gagnante. Mais il existe quelques règles que vous devez assimiler avant d'apprendre à exploiter votre image à la table pour en tirer un maximum de profit.

La première règle est que si vous envisagez de vous fabriquer et montrer une image de joueur large à la table (qui joue beaucoup de mains), vous devez jouer avec des joueurs qui le respecteront. Vous ne pouvez en effet pas vous assoir à une table de basses limites avec des joueurs allant tout le temps à tapis, en espérant faire du profit grâce au fait de leur montrer à quel point vous jouez de façon large.

La meilleure façon de gagner dans des parties à faibles enjeux est de jouer les cartes. L'image à la table devient un facteur important lorsque vous jouez les joueurs (et donc des joueurs qui sont en mesure de comprendre les choses) plutôt que les cartes.

La seconde règle associée à l'image à la table concerne le fait de miser trop d'argent sur des mains médiocres. Si vous envisagez de jouer comme un maniaque, montrez-le à vos adversaires, mais ne dépassez pas les bornes en commençant à jouer de façon stupide.
Il est en effet très facile de tomber dans ce piège. En jouant comme un maniaque, votre objectif sera de relancer avec quelques mains assez minables pré-flop, et d'aller jusqu'à l'abattage de quelques petits pots avec des mains médiocres également. Le tout dans le but de façonner votre image tout en vous assurant que vos adversaires le sachent.

La troisième règle et la plus importante est de toujours jouer serré au flop. Même si vous jouez comme un maniaque, relancez seulement pré-flop. Suivez ensuite pour donner une bonne image et montrez une main stupide à l'arrivée si le pot est vraiment peu élevé et que cela ne vous coûte pas trop cher d'aller jusqu'à l'abattage. Cela vous fera une bonne publicité (pour vous) à moindre coût.

Trois images typiques à la table de poker

Les trois images à la table que nous allons aborder ont des degrés différents. L'objectif que nous voulons essayer d'atteindre ici est de pousser nos adversaires à faire des erreurs en fonction de la façon dont ils nous perçoivent. Nous essaierons donc de les faire coucher de bonnes mains en bluff grâce à notre image de joueur serré à la table. De la même façon, nous essaierons de les faire suivre lorsque nous avons les "nuts absolus" (la meilleure main possible) en les faisant penser que nous jouons juste comme un maniaque.

  1. Maniaque
  2. Serré
  3. Fou (Imprévisible)
Phil Laak jour un rôle et se fabrique une image à la table de poker
Et vous, quel rôle avez-vous envie de jouer ?

Vous pouvez apprendre à jouer selon l'une de ces images, mais nous vous conseillons de toutes les maîtriser. Vous devez pouvoir utiliser le même jour les 3 images si la table l'exige. L'image à la table devrait en fait être choisie en fonction de la dynamique la table elle-même.

Quelle image dois-je choisir ?

Choisissez votre image à la table selon que la table joue de façon large ou serrée.

  1. Table serrée -> Image serrée
  2. Table large -> Image large

Ceci peut sembler bizarre sachant que la plupart des gens affirment qu'il faut jouer serré sur une table qui joue large et inversement. C'est vrai. Mais n'oubliez pas que nous parlons d'image ici, pas de façon de jouer. Peu importe QUELLE image je choisis, je joue toujours serré sur le flop, quoi qu'il arrive. Même lorsque je joue le rôle d'un maniaque, je suivrai très rarement sans une main excellente ou imbattable. A l'occasion, je montrerai une mauvaise main, au moment opportun, si le pot n'est pas très conséquent.

La raison pour laquelle nous voulons montrer que nous jouons serré sur une table qui joue serré est que la plupart du temps, les joueurs pourront jeter une paire supérieure si nous bluffons sur un tableau qui s'y prête. Vous pourrez voler les blindes et bluffer autant que vous voulez tant que les joueurs qui jouent serrés PENSENT que vous jouez serré.

De l'autre côté, la raison pour laquelle nous voulons montrer que nous jouons large sur une table qui joue large est que nous voulons que nos adversaires pensent que nous sommes un joueur fantasque nous aussi. Parfois, sur une table jouant de façon très large, tout ce que vous avez à faire est de vous asseoir et d'attendre de l'action lorsque vous aurez une grosse main telle une paire d'as. Si vos adversaires se couchent face à vos meilleures mains, payez bêtement par-ci par-là et relancez quelques mains médiocres pré-flop. Ils sauront ainsi que vous êtes ici pour jouer et non pas juste pour prendre leur argent.

Une image de fou à la table fonctionne mieux lorsque vous affrontez des joueurs dont vous savez qu'ils sont capables de vous lire. Les adversaires qui accordent énormément d'importance à chaque action ne peuvent contrer qu'une seule image, or l'image de fou est imprévisible. Ces types de joueurs (fous/imprévisibles) sont gagnants sur le long terme car vous ne pourrez jamais les mettre sur un brelan. Ils savent cependant quand ils doivent laisser tomber les flops et quand ils doivent miser pour vous sortir du pot.

Même si l'image à la table n'est pas toujours une nécessité, il s'agit d'un élément important à intégrer à votre jeu, et en apprendre davantage sur le sujet ne pourra qu'améliorer votre capacité à gagner sur le long terme.

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Créez votre propre chance à la table de poker

Des billets pour celui qui se créera sa propre chance à la table de poker
"Plus je joue et plus je deviens chanceux" - Gary Player

Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas en train de lire un quelconque délire provenant d'un hippie des années 2000 ; la création de sa propre chance au poker n'a rien à voir avec votre karma mais en revanche tout à faire avec votre « micro-image ».

Tous les joueurs de poker sont familiers avec le concept d'image autour d'une table de poker. Mais c'est actuellement votre micro image qui affecte la façon de jouer de vos adversaires contre vous.

Il est crucial de comprendre les bases de l'image avant d'appréhender le concept de micro image.

Votre image à la table - Rappels

Nous avons donc commencé à aborder ce sujet plus haut. Votre look, vos vêtements, votre façon de parler, ce que vous dites ou ce que vous gardez pour vous, et le plus important votre façon de jouer, vont affecter votre image générale à la table. Plus une personne passera de temps à jouer avec vous, de plus en plus détaillée sera votre image pour cette même personne.

De manière générale, vos adversaires vont utiliser votre image pour vous classer dans l'une des diverses catégories de joueurs de poker. Etes-vous un fish ? Un regular ? Un joueur solide, faible, serré ? Totalement imprévisible ?

Votre image générale à la table va inclure quelques informations sur votre façon de jouer. Et si vous n'affichez pas de tells énormes aux yeux des autres joueurs, ces informations seront peu nombreuses et souvent oubliées.

Mais ces bases d'image à la table deviendront les piliers de votre micro image.

La micro-image à la table de poker

Votre micro image est constituée de trois éléments :

Joseph Cada
Parfois la chance finit de toute façon par vous trouver.

1. Votre image à la table - Votre micro image doit correspondre à l'image perçue par les autres joueurs.

2. Votre historique à la table.

3. De quelle façon vous avez joué les dernières mains de référence.

Pendant que votre image à la table va rarement changer (vous portez toujours les mêmes vêtements et parlez de la même manière qu'une heure auparavant), votre micro image est toujours dynamique. C'est également le cas sur la façon dont vous êtes en train de jouer vos mains actuelles.

C'est toujours ce qu'un adversaire utilisera pour juger de la meilleure façon de jouer contre vous. Votre image affectera la façon de jouer de vos adversaires sur l'ensemble de la partie mais votre micro image affectera leur façon de jouer pendant la main actuelle.

Créer sa propre chance autour d'une table de poker revient finalement à savoir comment exploiter au mieux cette micro image.

Étape 1 dans la création de son image et de sa propre chance

Avant de pouvoir exploiter votre micro image, vous avez besoin de connaître les informations recueillies par vos adversaires et en quelle mesure ceci intervient dans leur façon de jouer contre vous.

Regardez-vous dans un miroir et soyez honnête avec ce que vous y observez. Avez-vous l'air de quelqu'un qui fait attention à son argent ou de quelqu'un qui s'en fiche complètement ? Avez-vous l'air réservé ou plutôt exubérant ? Êtes-vous du genre à vous désunir rapidement ou quelqu'un de très solide ?

Si vous en avez la possibilité, parlez-en avec un ami de confiance qui pourra vous détailler précisément votre image à la table. Meilleure sera votre connaissance de la façon dont les autres vous perçoivent, meilleure sera la façon dont vous pourrez exploiter votre micro image.

La deuxième étape

L'étape 2 est la plus simple. Tout ce que vous avez à faire c'est de jouer. Faites le vide autour de la table, jouez votre jeu de façon classique et observez vos adversaires.

Prenez des notes sur ceux qui ont prêté attention au fait que vous les observiez et sur le fait qu'ils pourraient utiliser ces informations contre vous. C'est pendant cette phase de préparation que vos adversaires vont se forger une opinion sur votre image générale à la table.

Dans la mesure où la micro image est une ramification de votre image générale, vous devez passer suffisamment de temps à peaufiner et confirmer l'image que vous renvoyez aux autres joueurs à la table. Une fois fait, passez à l'étape 3.

Troisième étape

Phil Hellmuth possède une image forte à la table
L'image de Phil Hellmuth à la table est idéale pour exploiter la micro-image.

Malgré le titre de cet article, il est impossible de réellement créer de la chance au poker. Ce que vous êtes en train de faire est de créer l'opportunité d'avoir de la réussite, et d'en tirer profit une fois que tout se passera comme prévu.

C'est votre but de créer ces opportunités le plus souvent possible. Vous allez utiliser votre micro image pour mettre en place ces situations et ensuite compter sur la chance pour finir le travail.

Si vous avez une image d'un joueur fort et agressif, les autres joueurs vont être prudents. Votre image générale ne va pas vraiment se prêter avec votre objectif de gains, donc vous allez devoir utiliser votre micro image à la place.

Exemple :

Disons que vous faites une relance depuis le bouton avec une main marginale comme 8 9. Vous relancez une main correcte mais ce n'est pas une premium.

Ce n'est pas un jeu imprudent ou vraiment large, mais c'est quelque chose qu'un joueur très serré ne fera jamais. Quelque soit l'action, vous misez au flop et remportez le pot.

La main suivante qui vous est données est A Q. Comme vous êtes au cut-off, vous relancez à nouveau, avec cette fois deux joueurs qui suivent. Le flop arrive : 7 Q 4. Vos adversaires checkent et l'un des joueurs paye votre mise à hauteur de ¾ du pot.

La turn donne un 10 et votre adversaire checke. Votre main étant probablement la meilleure, vous misez à nouveau et obtenez un fold de la part de votre adversaire.

La main suivante que vous recevez est A A. Vous relancez et tout le monde jette.

A ce point là, vous avez uniquement relancé et misé car vous aviez des mains fortes, vous n'avez rien fait d'insensé ou d'absurde. Mais aux yeux de vos adversaires (qui n'ont encore vu aucune de vos cartes), vous venez de relancer et de remporter trois mains successives.

Votre micro image actuelle est celle d'un maniaque ou d'un joueur impatient qui relance tout et n'importe quoi. A ce moment, vos adversaires vont probablement vouloir mettre fin à votre comportement agressif et à votre main mise sur la table.

Sur la main suivante, vous êtes encore suffisamment chanceux pour recevoir A K. Après quelques limps, vous faites votre relance classique et tout le monde jette jusqu'au bouton qui sur-relance à hauteur de 3 fois votre relance initiale.

Des jetons de poker et des sucettes
Créer votre propre chance, comme prendre la sucette de la bouche d'un bébé


Oui, il est effectivement possible que votre adversaire ait pu recevoir AA ou KK. Mais il y a également de bonnes chances pour qu'il soit juste en train d'essayer de tirer parti de votre image de joueur agressif au détriment de la force réelle de ses cartes.

Il pense que vous êtes encore en train de tyranniser la table, et la meilleure chose à faire est alors de confirmer son impression. Vous envoyez instantanément tapis quand tout le monde vous observe, tapis qui correspond à peu près à ce qui lui reste, environ 7 fois la mise de sa sur-relance.

Si nous avons bien raisonné, et qu'il a effectué sa relance en se basant uniquement sur le fait que nous étions en train de contrôler la table, il peut avoir ici n'importe quelles cartes en main. Les probabilités sont assez fortes pour qu'il puisse avoir un as mal accompagné ou une petite paire et qu'il ait simplement sur-relancé en pensant avoir une petite marge de manœuvre sur votre main plus que marginale.

Votre relance disproportionnée est d'ailleurs un bon moyen de conforter son impression que vous êtes un maniaque et que vous êtes encore en train d'essayer d'arracher le pot.

Résultat final : Vous êtes payé et vous jouez un pot à 300 BB avec A K contre son A 9, le tout à tapis pré-flop.

Les clés de la réussite lorsque vous fabriquez et utilisez votre micro-image

Comme vous pouvez le voir dans l'exemple, l'exploitation de votre micro image requiert la situation parfaite. Aux yeux de vos adversaires, vous allez uniquement apparaitre comme un gros chanceux.

Mais vous devriez être en constante observation de votre micro image et jouer des coups qui permettent que ce genre de situation se reproduise à nouveau. Vous allez passer votre nuit à vous entraîner pour exploiter au mieux votre micro image et ensuite il n'y a plus qu'à espérer que les bonnes cartes vous soient distribuées.

Oui, vous avez eu de la chance. Mais vous n'auriez jamais eu cette possibilité d'avoir autant de chance si vous n'aviez pas créé la situation y menant. Plus vous jouez et plus vous mettrez en place la situation qui vous permettra d'avoir de la chance, et plus vous deviendrez un joueur chanceux.

Souvenez-vous : Ce joueur n'aurais jamais envoyé le tapis avec A 9 contre vous par sa propre volonté. C'est la situation que vous avez créé qui a permis que ceci arrive.

Tout ceci demande une attention du détail, des coups réfléchis et une attention pour tirer le meilleur profit de la situation au moment où la chance vous sourira. Plutôt que de réfléchir à la main en cours, pensez plutôt à ce que vos actions sur cette main pourraient vous apporter comme avantages sur un prochain coup.

Une fois que vous fonctionnerez avec ce système de réflexion, vous ferez évoluer votre jeu à un niveau supérieur.

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Les 7 Signes que vous êtes un TAGfish

Raymond Wu, joueur serré-agressif et TAGfish
Ce n'est pas parce que votre adversaire a l'air d'un TAG (joueur serré-agressif) qu'il est forcément bon.

Tout le monde sait que les parties de poker en ligne d'aujourd'hui sont peuplées de joueurs serrés-agressifs (les TAGs, pour Tight-AGressives, en anglais).

Mais aux côtés des bons TAGs, ceux qui font de l'argent, on observe aussi un nombre croissant de joueurs réguliers qui ne gagnent pas d'argent, en perdent même parfois. On les appelle les TAGfish, que l'on pourrait traduire par "serrés-agressifs un peu bleus".

En apparence, il peut être difficile de distinguer un TAGfish d'un habitué gagnant. Celui-ci se cave au maximum, est bien dans chaque main, a des stats suffisamment décentes, et joue ce qu'il pense être un bon poker.

Mais il ne gagne pas.

Pourquoi ? Parce que le poker est plus complexe que d'avoir de bonnes stats. Le poker est un jeu d'homme qui réfléchit ; vous ne pouvez simplement pas juste reproduire ce que vous avez lu, et automatiquement devenir un robot imprimeur de billets de banque.

Non, vous devez être capable d'appliquer ce que vous avez appris, et de prendre de bonnes décisions à chaque fois que c'est à vous de jouer.

Un TAGfish ne le fait pas. Il se contente de jouer l'exact même jeu chaque jour, quelle que soit la situation. Et il perd continuellement (ou reste à jeu), pensant qu'il est le joueur le plus malchanceux sur Terre.

Voici les signes qui montrent que vous êtes ce type de gars :

1) Vous pensez à l'éventail de votre adversaire, mais jamais au vôtre

Chacun sait que vous devez essayer de mettre un adversaire sur un éventail de mains. Il s'agit de l'une des compétences les plus fondamentales au poker.

Mais un TAGfish ne pense pas au sien en ce faisant. Or un adversaire va jouer une main de plusieurs façons différentes selon ce qu'il pense que vous avez.

Vous ne serez jamais capable de mettre avec précision votre adversaire sur un éventail sans d'abord penser à votre propre éventail.

Brian Townsend
Si vous suivez les leçons et conseils de Brian Townsend et que vous les appliquez de manière incorrecte, alors vous êtes probablement un TAGfish.

2) Vous appliquez mal les choses que vous avez apprises

Un TAGfish essaie d'apprendre à mieux jouer au poker. Il regarde des vidéos, lit des articles, et étudie intensément le jeu. Le problème, c'est qu'il applique mal les informations qu'il assimile.

Il va apprendre que de faire un continuation bet puis d'abandonner est mauvais, alors il tirera à chaque fois une deuxième salve à la turn.

Il va apprendre que pour exploiter les joueurs qui c-bet trop souvent, il est possible de "floater" le flop et de remporter le pot à la turn, mais il va le faire avec absolument rien plutôt qu'avec des tirages par le ventre ou des mains à potentiel backdoor.

Il va apprendre que 3-better light (sur-relancer avec un jeu faible) est profitable, mais il va le faire indépendamment de la fréquence de suivi des 3-bet de son adversaire. Et il va le faire avec les mauvaises mains.

Il apprend seulement la moitié de ce qu'il faut. Il sait quoi faire, mais ne l'applique pas quand il devrait le faire et contre qui le faire.

3) Vous suivez avec le même éventail au cut-off qu'au bouton

Un TAGfish traite le cut-off (bouton -1) et le bouton exactement de la même manière. Si un adversaire relance en début de parole, il suivra au cut-off avec 6 9, pensant que c'est tout à fait bon puisqu'il jouera le pot en position.

Mais ce n'est simplement pas le cas. Vous avez encore un joueur à parler derrière, et s'il est suffisamment bon, il peut vous faire vivre un cauchemar.

Ce joueur peut sur-relancer en toute impunité à chaque fois que vous suivez avec votre main faible spéculative, il peut simplement suivre et ainsi voler votre position post-flop, avant de vous punir après.

Là où les bons TAGs vont abuser de la position du bouton, un TAGfish laisse l'opportunité de se faire abuser par le bouton.

4) Vous surestimez vos cotes implicites

Un TAGfish pense qu'à chaque fois qu'il a les nuts (le jeu max), il va remporter un tapis adverse. Il pense que s'il paie avec une paire depuis les blindes, et qu'il attrape un brelan, il va à chaque fois gagner un des tapis d'en face.

Alors il paie avec ses mains spéculatives post-flop, check-fold quand il manque, avant de voir son adversaire se coucher quand il trouve sa main monstre.

Il se saigne de tout son argent à essayer de toucher cette main, et quand celle-ci tombe, il ne récupère jamais cet argent.

5) Vous avez des failles après le flop

Un TAGfish joue généralement bien avant le flop. Cette partie du jeu, il la maîtrise à un certain degré.

Il sait qu'il peut limper avec Q9 dépareillés et espérer un profit. Il sait qu'AK doit être relancé pour la valeur, etc. Mais une fois que le flop est là, ses erreurs commencent à aggraver la situation.

Savoir quand se couche pré-flop est facile. Mais savoir quand abandonner sa top paire avec un mauvais kicker, ne l'est pas. Savoir quand tirer une deuxième cartouche et quand en tirer une troisième, est difficile.

Un TAGfish joue trop souvent ses propres cartes, et ses adversaires et la situation pas assez.

Joueur de poker d'origine asiatique
Le vrai jeu de poker est après le flop. La partie pré-flop est facile.

6) Vous voyez chaque décision comme une entité à part

Un TAGfish se retrouve dans une situation délicate, et pense "'tain, ça craint. Qu'est-ce que je fais maintenant ?"

Sauf que ce n'est pas tant ce qu'il vient de faire qui l'a mis dans cette situation, c'est ce qu'il a fait plus tôt dans cette main.

Il n'a pas de plan en tête pour la main. Il agit juste et réfléchit à partir de là. Il joue un poker réactif en lieu et place d'un poker proactif.

7) Vous tiltez trop

Un TAGfish ne tilte pas au sens propre du terme, du genre à aller faire un 5-bet avec 5-8 dépareillés.

Mais lorsqu'il perd, il ne joue définitivement pas à son meilleur niveau. Il prend ses décisions à la hâte. Il glisse en mode auto-pilote. Et pire, il joue bien trop longtemps.

Un TAGfish aime aime essayer de ne pas échouer, et va jouer toute la journée si c'est le cas - pour finir par jouer un jeu de seconde zone. OK, quand il connaît un jour gagnant, il va s'en aller rapidement et jouer de petites sessions, enregistrant une petite victoire.

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Si vous vous reconnaissez pas mal dans tout ça, ne vous inquiétez pas, le syndrome du TAGfish est curable.

La réponse : concentrez-vous à prendre la meilleure décision à chaque fois que c'est à vous de parler, et prenez votre temps. Parfois, le meilleur coup possible ne vous viendra pas tout de suite en tête. Un peu comme aux échecs.

Mais si vous faites de votre mieux pour réfléchir aux bénéfices de chaque décision possible, vous prendrez plus de bonnes décisions, et moins de mauvaises.

Si vous voulez gagner de l'argent - et arrêter d'être un TAGfish - , c'est exactement par ça que vous devez commencer.

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Watzefok 2011-06-02 15:42:45

Merci pour cet article, je me reconnais fortement dedans. Je vais essayer d'en tirer profit !

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