Les Bienfaits de la Psychologie Positive... et de la Confiance

Visage souriant et positif seul au milieu de visages tristes

Bad beat, mauvaises mains qui s'enchaînent : Comment garder le sourire quand tout semble aller mal ? Les techniques de psychologie positive peuvent vous aider.

Il y a des jours comme ça où tout semble aller de travers. Vous n'obtenez jamais de bonnes mains, vous multipliez les bad beats, vous partez en tilt, vous perdez de l'argent... Bref, rien ne va. Pour peu que la super partie de poker prévue depuis longtemps avec vos potes soit annulée à la dernière minute, vous vous retrouvez au bord de l'explosion.

Dans ces moments-là, vous finissez par vous demander : « Pourquoi moi ? » , « Comment en finir avec cette spirale négative » ?  Mais vous ne faites rien de précis, vous vous contentez de ruminer vos pensées négatives.

Et c'est justement ce qui vous perd. La négativité vous place dans un état émotionnel bien précis,  parfois durable, et qui va considérablement impacter le résultat de vos parties suivantes.

Heureusement, les techniques de psychologie positive peuvent vous aider à sortir de la tête de l'eau et à retrouver le sourire.

Voici comment.

Apprendre à ruminer des pensées positives

Comme chacun d'entre nous, vous êtes constamment en proie à des émotions. Le problème, c'est que le cerveau va davantage se focaliser sur les émotions négatives que sur les positives. 

Il s'agit tout simplement du résultat d'une programmation physiologique : pour protéger notre espèce des dangers, nous sommes attentifs au désagréable et nous nous focalisons sur ces alertes afin de préparer notre survie. Mais comme nous ne vivons plus à la préhistoire, nous avons tout intérêt à stimuler notre cerveau pour lui apprendre à se concentrer aussi sur le positif.

Daniel Negreanu positif
Daniel Negreanu, un joueur qui sait rester positif.

Le but n'est pas d'occulter le négatif mais simplement de ne pas retenir que lui. Il faut aussi apprendre à voir le positif. D'ailleurs, vous avez tout à y gagner ! Comme l'a démontré le chercheur Marcial Losada, il faut en moyenne 3 interactions positives pour 1 interaction négative si vous voulez avoir un bon équilibre émotionnel (c'est ce que l'on appelle le ratio de Losada).

Si vous êtes en dessous de ce ratio, vous allez avoir tendance à vous laisser gagner par la négativité.      

Cela vous amènera à subir au moins deux effets dévastateurs (y compris au poker !) :

a) Les ruminations négatives s'alimentent toutes seules. Or, à force de broyer du noir, votre confiance en vous s'envole, votre motivation aussi. Vous finissez par redouter l'avenir et vous doutez de vous. Résultat : vous commettez des erreurs, votre fragilité s'exprime dans votre communication non verbale (gestuelle, posture...) et vos adversaires ne manquent pas d'exploiter cette faille.

b) Vous subissez le phénomène de contagion émotionnelle : les émotions que vous éprouvez se communiquent aux autres. Ils deviennent alors plus négatifs, voire agressifs ou hostiles.

D'où l'importance de prendre du recul et d'apprendre à cultiver des pensées positives ! Plutôt que de ressasser tout ce qui ne va pas, vous devez vous exercer à ruminer tout ce qui va bien.

Quelques exercices pratiques pour penser positif et vous sentir bien

Voici 3 techniques issues de la psychologie positive qui sont très simples mais d'une efficacité redoutable si vous les pratiquez régulièrement :

1) Le journal de gratitude

Cet exercice à été inventé par Martin Seligman, un Américain psychologue et professeur à l'Université de Pennsylvanie, qui est à l'origine de la psychologie positive.

Journal de gratitude
Quelques minutes par jour et la sensation de bien-être augmente pour 92% des gens.

Le principe est très simple : tous les soirs, avant de vous coucher, notez dans un cahier (ou contentez vous d'y penser dans votre lit) 3 choses positives qui se sont passées dans la journée.

Il peut s'agir du coup de téléphone d'un ami, d'un film qui vous a emballé, du plaisir que vous avez pris en jouant, d'un beau paysage, d'un bon café que vous avez bu en terrasse... Peu importe. Il suffit que cela vous ait fait du bien.

Remémorez-vous ces instants, la sensation éprouvée (joie, détente, soulagement, bien-être...) et prenez-le temps de savourer ce souvenir. Ressentez aussi de la gratitude pour avoir eu la chance de goûter à ces petits bonheurs. Si certains de ces bons moments ont été causés par votre comportement (grâce à un sourire, de la bienveillance...), tirez-en la leçon pour transposer dans votre vie, au quotidien, les mécanismes les plus efficaces.

D'après les études menées sur le sujet, au bout de 15 jours de pratique à peine, la sensation de bonheur/mieux-être augmente pour 92 % des individus.

2) « Je suis en train de penser que... »

Il y a une différence de taille entre dire « Je suis nul » et « Je suis en train de penser que je suis nul ».

Dans la deuxième affirmation, il n'y a aucun jugement. Elle vous permet aussi de prendre du recul puisque vous prenez conscience de vos pensées : plutôt que de les vivre, vous les observez.

Une joueuse qui sait se sortir les mauvaises pensées de son esprit
"A quoi suis-je en train de penser ?"

Quand vous êtes confronté à une situation difficile, il est donc très intéressant de procéder ainsi :

1) Repérez votre pensée en vous disant mentalement : « Je suis en train de penser que... »

2) Observez ce qui se passe en vous : quelles sont les émotions ressenties suite à cette pensée ? Comment se manifestent-t-elles (gorge nouée, mains moites, respiration difficile...) ?

3) Neutralisez la force de cette pensée négative (ou au moins atténuez-la) en proposant à votre cerveau deux pensées positives (« ok, j'ai perdu cette partie mais la dernière fois j'avais gagné », « j'ai quand même passé un bon moment », « j'ai fait de nouvelles rencontres », « j'ai une famille qui m'aime et c'est une vraie chance »).

3) La pause-éclair

Oui, comme tout le monde, vous êtes pressé et vous êtes toujours dans l'urgence. Il y a ceci et cela à faire, tel train à ne pas rater ou les embouteillages à éviter, les parties de poker en ligne à disputer,  un rendez-vous qui ne peut pas attendre...

Alors vous faites vite, très vite. Vous remarquez bien certaines choses agréables, mais vous ne prenez pas le temps de vous y attarder.

C'est une grosse erreur. A chaque fois que vous ressentez une émotion positive, ralentissez et prenez quelques secondes pour la savourer. Vous pouvez même y repenser plus tard (par exemple en remplissant votre journal de gratitude). Ce qui compte, c'est de donner autant de place au positif qu'au négatif. Sinon, le négatif prend forcément le dessus.

Au-delà de la psychologie positive : que penser de l'EFT ?

Il y a plusieurs techniques qui permettent de développer le bien-être, et régulièrement de nouvelles méthodes font leur apparition.

Par exemple, l'EFT (Emotional Freedom Techniques = Techniques de Libération émotionnelle) est actuellement très en vogue. A tel point qu'un ouvrage de la célèbre série « Pour les Nuls » lui a été consacré !

EFT : un homme qui se tapote le menton
L'EFT n'a pas encore fait ses preuves.

Il s'agit d'une méthode d'acupression qui est censée vous libérer des émotions négatives afin de vous  soigner psychologiquement (stress, phobies, addictions, anxiété, culpabilité, bégaiement...) et physiquement (obésité ou maigreur, douleurs...).

Concrètement, en tapotant ou en frottant certains points de votre corps, vous allez rééquilibrer vos méridiens. Généralement, on vous demande aussi de répéter une phrase spécifique en accomplissant ce petit rituel.

Voilà une vidéo qui devrait vous éclairer :

Mais attention tout de même : l'EFT en est toujours au stade expérimental et ses bienfaits ne sont pas encore démontrés scientifiquement (contrairement aux techniques de psychologie positive).

L'inventeur de cette méthode, Gary Craig, a également mis en garde contre des effets secondaires qui « dans certains cas peuvent être sérieux ». Il explique aussi que parfois l'aggravation des symptômes a été constaté et qu'il est préférable d'être accompagné par un thérapeute ou un médecin.

Enfin, pour certains, il s'agit tout simplement de «charlatanisme ». Thierry Herguetta, psychologue clinicien au département de neurologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris a expliqué très simplement ce phénomène à un journaliste de Sciences et Avenir : grâce à l'autosuggestion, l'attention du cerveau est simplement détournée mais le problème ne disparaît pas.

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Pour aller plus loin : Les Avantages de la Confiance

Phil Hellmuth et Phil Ivey, deux joueurs avec beaucoup de confiance

Quand j'ai commencé à jouer au poker, la question de la confiance ne m'a jamais traversé l'esprit, ni d'ailleurs celui de quelqu'un d'autre.

par Arthur S. Reber

On jouait simplement pour jouer. Si on était bien dans la tête, tant mieux, sinon tant pis.

Mais "bien" ne tenait que pour notre feeling et de comment l'on se sentait personnellement. La notion que cela puisse avoir un impact sur le reste ne rentrait pas en ligne de compte.

Au fil du temps, et au fur et à mesure que le poker devenait le passe-temps national, certains ont commencé à jeter un oeil plus proche à ça, à l'humeur et aux ressentis personnels, et sur le fait de savoir s'ils allaient avoir un effet direct sur son jeu et par extension sur sa bankroll.

Au début je n'ai pas vu tant d'experts écrire sur le sujet, sur l'humeur et son influence, mais plus des commentaires, parfois en "off", parfois plus explicites.

Généralement ces commentaires venaient des joueurs majeurs, des pros, qui voyaient ensuite ces impressions reprises telles que "J'ai travaillé dur à être plus confiant en mon jeu quand je prenais place à la table."
Ou "J'ai senti que j'allais faire quelque chose dans ce tournoi. Je jouais bien ces derniers temps, et ma confiance était forte."
Ou encore "Plus je suis confiant, plus il me semble bien faire."

Je trouvais ces remarques intrigantes mais intéressantes. Le joueur en moi était sceptique. Le jeu a un facteur chance significatif, et aussi fort que vous soyez ou que vous pensez l'être, vous pouvez toujours finir par vous faire botter vos petites fesses très confiantes sur une river improbable.

Le psychologue en moi a eu une réaction encore plus forte. Je doutais qu'être en confiance (ou non) pouvait avoir un réel impact sur à quel point un joueur pouvait bien jouer.

Le poker est un jeu de décisions, un jeu d'analyse de circonstances basé sur des informations partielles. Comment des sentiments d'assurance peuvent faire quelconque différence à ce que vous pensez de ces choses et des décisions que vous en faites en connaissance de cause ?

Le Jeu de la Confiance

Ilari Sahamies joueur de poker confiant voire arrogant
Est-ce qu'être arrogant et confiant sont la même chose ?

En continuant de jouer et d'apprendre sur le jeu, j'ai commencé à avoir un ressenti grandissant, sur le fait que cette histoire de confiance pouvait être vraie. Ces pros ne semblaient pas juste brasser de l'air. Ils parlaient sérieusement, de cette importance des émotions et du statut de motivation de l'individu.

Mais cela n'en avait cependant toujours pas plus de sens.
Imaginer que la confiance puisse agir dans un jeu d'adresse ou de compétences, oui. Il semble évident que si vous vous sentez mal et doutez de vos capacités, vous allez avoir plus de mal à cadrer une frappe au football ou dribbler jusqu'au panier en basket.
Mais faire un call difficile ? Faire un gros lay-down ? Bluffer ? Ca ne me semblait toujours pas mieux censé.

Je ne sais pas si vous avez déjà réfléchi à propos de ça, mais ce sont les circonstances qui restent sur le coeur des scientifiques.
Nous voyons des schémas dans les données, certains qui semblent avoir du sens, d'autres non.

Une certaine partie du temps, l'évidence semble très forte, mais on se retrouve quand même à être sceptique. Et à d'autres moments l'évidence est faible et pourtant on s'enthousiasme énormément.

En tant que scientifique, je peux vous dire que souvent, la manière dont nous nous sentons dans ces situations, va dépendre de si nous avons un "processus théorique" qui nous permette de comprendre pourquoi quelque chose est réel.

Je vais essayer de ne pas me montrer trop bancal avec vous, mais voici un exemple pour illustrer mon propos.
Depuis longtemps, nous avons l'évidence que l'entraînement physique aide les fonctions cognitives en vieillissant.
Mais qu'importe si les données sont convaincantes, de nombreux scientifiques était sceptiques juste parce qu'il n'y avait aucun mécanisme évident ou processus qui puisse expliquer cet effet. Pourquoi faire quelque chose à vos bras et jambes aurait un impact sur le cerveau ?

Liv Boeree affiche beaucoup de confiance et de positivité
Il est bon d'être à l'aise.

Récemment, il a été découvert que l'exercice boostait l'efficacité du métabolisme du glucose, particulièrement dans les zones du cerveau critiques pour la mémoire. Le glucose (sucre) alimente le cerveau, et lorsque nous le métabolisons plus efficacement, notre cerveau fonctionne mieux. Logique.
Voilà. Nous avons donc notre mécanisme explicatif.

Y a t-il des mécanismes qui relient sentiment d'assurance et succès au poker ? Des mécanismes avec une puissance "explicative" ?

Autant que je sache, personne n'a spécifiquement étudié la question, mais j'ai deux candidats potentiels : l'agression et la confiance.

L'Agression est rarement mauvaise au poker

De hauts degrés de confiance augmentent l'agressivité, ce pourquoi être confiant marche dans des sports physiques tels que le rugby ou la boxe.

Mike Caro est connu pour ses nombreuses perspectives sur le poker, et celle qui sonne vraie ici est "L'agression est rarement mauvaise au poker, et quand elle l'est, elle ne l'est pas de tant."

Une légère hausse du niveau de jeu agressif est l'une des raisons probables pour lesquelles la confiance donne de la force aux joueurs

Réfléchir longtemps c'est souvent mal réfléchir

Quand vous vous sentez plein d'assurance, vous avez tendance à avoir confiance en vos décisions.

Et vous ne prenez sans doute jamais d'aussi bonnes décisions que lorsque vous semblez un peu déprimé, mais que vous ne doutez pas de vous, moins enclin à vous engager dans une sorte de "double pensée" destructrice. Vous analyser une situation et vous agissez, en confiance.

Lorsque vous êtes dans l'une de ces périodes de doute, vous n'avez pas vraiment confiance en vous. Vous vous sentez confus et désorienté, et commencez à vous poser des questions.

john phan 18056
Mauvais de longtemps réfléchir ?

"Réfléchir longtemps, mal réfléchir" est un vieux cliché du poker. Mais lorsqu'il se vérifie, il le fait totalement dans ce sens.

L’œuf ou la Poule ?

Je pense que ces deux "mécanismes explicatifs" font un certain sens, mais je reste toujours sceptique. Il y a une autre bricole ici.

Quand vous marchez bien, votre niveau de confiance augmente. Vous semblez mieux jouer, et obtenez de meilleurs résultats.

Est-ce parce que vous êtes confiant et que vous prenez de meilleures décisions, ou s'agit-il simplement de l'un de ces swings aléatoires, une de ces périodes où vous obtenez un peu plus que votre part de bonnes cartes, et où vos adversaires ne vous donnent pas de mauvais coups à la fréquence habituelle, ou encore une période où vous avez eu le jeu max plusieurs fois tandis que vos adversaires avaient le deuxième jeu max, et peut-être que tout ça vous rend tout simplement confiant, vraiment confiant ?

Vous connaissez bien cette maxime, cette question de l'oeuf ou la poule, de celui qui est arrivé en premier...

Au fait, il y a deux messages à retenir de tout ça ici.
L'évident : travaillez pour développer une confiance dans votre jeu.
Le second : pratiquez, entraînez-vous. Le poker est un jeu passif physiquement, et peu de joueurs y sont pourtant assez entraînés.

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