Comment jouer face à un Maniaque ou un Bavard au poker

Gus Hansen un joueur de poker maniaque et déjanté
Gus Hansen, l'un des "maniaques" les plus connus.

Très souvent, et particulièrement en jouant en ligne, vous tomberez sur un "maniaque" à la table. Comment faire face à ce type de joueur ?

Les maniaques sont appelés ainsi car ils jouent presque toutes les mains et qu'ils relancent ou sur-relancent, quelles que soient leurs deux cartes.
Ce type de joueur peut être en train de perdre ses moyens, sous l'emprise de l'alcool qui sait, ou simplement vouloir s'amuser en créant beaucoup d'action. Il peut aussi s'agir d'une stratégie bien établie...

Cependant, avec ce type de jeu, le raisonnement à appliquer est moins important que le fait d'être certain d'optimiser vos gains face à ce type de joueur.

Il peut paraître simple de jouer face à un maniaque, mais ce type de joueur est une véritable menace pour votre jeu. Ceci est dû au fait que ces joueurs sont extrêmement agressifs et qu'ils vous testeront constamment, ce qui entraînera de nombreuses variations au niveau de vos jetons.

Souvent, le maniaque peut faire "disjoncter" pratiquement toute la table, créant par conséquent une situation très bénéfique pour le joueur qui sait rester calme et appliquer les stratégies appropriées.

Alors comment devriez-vous jouer face à ce type de joueur large, agressif et un peu fou ? Veuillez lire ce qui suit...

Dans la deuxième parie de cet article, nous irons au devant d'un autre type de joueurs qui peut se révéler ennuyeux et problématique, le bavard !

La Stratégie à appliquer face à un fou / maniaque / déjanté au poker

Tout d'abord, et c'est très important, nous vous conseillons si possible de vous asseoir à la gauche du maniaque (dans une partie de cash game). Ainsi, vous parlerez après lui et pourrez fréquemment sur-relancer à chaque fois que vous voudrez jouer une main.

Ceci a de nombreux avantages : vous êtes plus susceptible d'isoler votre adversaire et vous pourrez espérer remporter le pot si vous l'affrontez en duel et que vous avez une la position sur lui. De plus, en moyenne, votre main sera meilleure que celle de votre adversaire, celui-ci jouant donc avec des mains moyennes la plupart du temps.

Si les autres joueurs vous laissent agir ainsi, sans s'immiscer entre vous, alors le pouvoir sera entre vos mains ! En effet ceux-ci risquent de se retrouver dans des situations particulièrement délicates du fait de vos relances répétées, et passeront un mauvais quart d'heure lorsqu'ils joueront des mains telles que A-x, des paires, ou des gros connecteurs (J-10 et supérieurs) face à une relance et une sur-relance.

Ludovic Lacay, joueur réputé pour un jeu fantasque
Prenez le maniaque à son propre jeu.

Les mains susmentionnées sont celles avec lesquelles vous devrez sur-relancer le maniaque. En effet, ce sont de bonnes mains à jouer en tête à tête et elles sont meilleures qu'une main moyenne, à savoir le type de main avec laquelle jouera le maniaque (joueur très large) la plupart du temps.

Les mains particulièrement fortes sont notamment A-x et les paires, car elles permettront souvent de remporter, en duel, des tableaux qui n'auront rien amélioré jusqu'à la river.
Les mains intéressantes comme 8-7 assortis, perdent en valeur lorsqu'il y a un maniaque à la table, car elles nécessitent de bonnes cotes implicites. Et, étant donné que le maniaque relancera généralement pré-flop, cela rendra cher le fait de voir le flop et limitera également l'envie de poursuivre de quelques joueurs. Les cotes implicites ne seront donc ici pas les meilleures.

Cependant, de façon occasionnelle, il arrive que l'ensemble de la table se relâche et que les joueurs commencent à suivre des relances avec davantage de mains, dans l'espoir de remporter un gros pot face au maniaque. Si tel est le cas et que vous êtes assis en fin de parole, alors les cotes implicites seront d'une grande utilité et les petits connecteurs assortis deviendront jouables.

En résumé : Comment contrer un joueur fou ?

En conséquence, votre stratégie essentielle consiste à vous asseoir à la gauche du maniaque et à sur-relancer, de manière sélective, avec A-x, une paire quelconque et de gros connecteurs (J-10 et supérieurs).

Vous devrez jouer beaucoup de ces mains non améliorées à la river et ne pourrez pas vous coucher au flop à chaque fois que vous n'améliorerez pas votre main.
Vous pouvez jouer de cette façon, à condition que vos adversaires ne commencent pas à sur-relancer ou à suivre derrière vous. Si cela se produit, vous devrez jouer beaucoup plus serré, à la fois pré-flop et au flop. Et plus le jeu s'orientera dans cette direction, plus vous devrez revenir à votre stratégie de jeu standard.

Bien entendu, si un joueur solide relance et que le maniaque sur-relance, vous devez être extrêmement prudent dans la sélection des mains que vous choisissez de jouer.

James Woods sait contrer les bavards au poker
James Woods sait contrer les bavards.

De même, vous devez être extrêmement sélectif lorsque vous êtes assis à la droite du maniaque. Vous devriez continuer à relancer avec davantage de mains si le maniaque est le genre de joueur qui sur-relance une relance pratiquement à chaque fois, laissant ainsi le maniaque vous isoler et non l'inverse. Auquel cas vous pourrez alors lui revenir dessus en le poussant à tapis par exemple (en espérant qu'il n'ait pas une main cette fois, car même les joueurs agressifs comme Gus Hansen en ont eux aussi !).

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Comment éviter de se laisser déconcentrer par un bavard

Que James Woods vous serve d’exemple : Vous vous souvenez quand il a battu Doug Polk ?

par Lee Davy

C’était l’un des meilleurs moments des 46e World Series of Poker (WSOP). Les deux joueurs se sont retrouvés au deuxième tour du tournoi shootout de No-Limit Hold’Em (NLHE) à 3 000 $.

Ils avaient chacun 60 BB au moment du heads-up, de quoi faire durer le plaisir.

Doug Polk est l’un des joueurs de heads-up les plus redoutables du monde. James Woods est un acteur d'Hollywood qu'on ne présente plus.

Malgré la tension et la pression, la partie a commencé de manière plutôt joviale. Les joueurs échangeaient des sourires malins, des blagues et quelques éclats de rire.

Ils étaient potes. Complices. Et tout d’un coup, Woods a créé une rupture en annonçant qu’il en avait marre de parler.

« C’était un peu sec, mais ça fait partie du jeu », a déclaré Polk.

Avoir le courage de demander le silence

Doug Polk, joueur de poker qui parle beaucoup
Polk : "C'était un peu sec, mais ça fait partie du jeu."

Il s’avère que c’est la décision la plus intelligente de toute la partie. Woods a mis quatre heures à écrire la meilleure histoire de « petit poucet » des Series.

Et tout cela ne serait pas arrivé s’il n’avait pas eu le courage de dire à Polk de « la fermer ».

Car oui, cela demande du courage. Et cela peut perturber la personne victime de cette injonction au silence.

Si l’on ne fait pas attention, on peut paraître rustre, voire très impoli. C’est pour cela que les joueurs, surtout amateurs, peuvent facilement être déstabilisés par ce genre de paroles.

Et parfois, perdre la partie peut sembler plus facile à accepter que la possibilité de contrarier l’autre joueur.

Se concentrer, une autre histoire

D’un point de vue purement physique, les humains peuvent faire plusieurs tâches à la fois. Je peux par exemple taper cet article et lire. Je peux le modifier et manger un kiwi. Je peux me gratter les couilles et tousser.

Mais se concentrer sur deux choses à la fois, c’est une autre histoire. On ne peut pas le faire. Lorsqu’on arrête de suivre la partie pour communiquer avec les autres joueurs, deux choses se produisent :

D’abord, l’attention se détourne inconsciemment du jeu vers les adversaires. Ensuite, le passage d’une tâche à l’autre occasionne une perte de temps.

Roberto Romanello
Sachez quand piailler et quand la fermer.

Jetons bavards

Lorsqu’il n’est pas nécessaire de se concentrer, passer d’une tâche à l’autre n’est pas un problème (par exemple, marcher et parler à la fois). Mais lorsque vous devez vous concentrer, le cerveau sépare les deux tâches et répartit les capacités cérébrales pour faire en sorte que les deux tâches soient accomplies.

C’est pour cela qu’il vaut probablement mieux vous taire si vous êtes en train de traverser un pont de singe entre deux montagnes.

Roberto Romanello, déjà vainqueur sur le World Poker Tour et l’European Poker Tour, est l’une des plus « grandes gueules » du circuit. Le Gallois est convaincu que son ton familier lui donne un avantage.

Mais il y a deux facteurs essentiels à prendre en compte. Lorsque son ratio stack/pot est assez bas, il reste généralement silencieux. Plus son stack grandit, plus il est bavard.

Lorsqu’il a un gros stack, il appelle ça ses « jetons bavards » : plus il en récupère chez son adversaire, plus sa langue se délie.

« Je ne joue pas à ce jeu-là contre les meilleurs joueurs. Cela ne fonctionne pas avec eux, ils ont trop d’expérience. »

Garder l’avantage

Je crois, bien que les mots soient l’une des meilleures armes de Romanello, qu’il y perd tout de même. Tout simplement parce que notre cerveau n’est pas capable de se concentrer sur deux tâches à la fois en gardant le même niveau d’efficacité.

Joueur à l'apparence calme
Souvenez-vous que votre cerveau a une capacité limitée.

C’est pour cela qu’il est essentiel a) qu’il ait assez de jetons pour ne pas mettre en péril sa survie dans le tournoi s’il est trop distrait, et b) qu’il utilise cette « arme » contre des joueurs inférieurs, de façon à ce que même en mode multi-tâches, il ait toujours un avantage certain sur eux.

Doug Polk avait intérêt à continuer à parler contre James Woods. Il avait l’avantage et il avait les capacités suffisantes pour mener les deux tâches de front. Il ne fait aucun doute qu’une conversation continue aurait déconcentré Woods.

Les six degrés de concentration à la table de poker

Pour réduire l’impact de la conversation à la table de poker, rappelez-vous de ces informations cruciales :

1. Le cerveau a des capacités limitées en ce qui concerne les stimuli extérieurs. À chaque fois que ces capacités sont divisées entre plusieurs tâches, vous diminuez votre concentration sur la tâche principale. Et vous en paierez le prix.

2. Si vous jouez contre quelqu’un qui parle beaucoup, vous pourrez en tirer parti. Il ne sera pas aussi concentré que vous. Et vous pourrez également en retirer beaucoup d'informations, notamment au flop.

3. Apprenez à savoir quand il est bon de parler et quand il faut savoir se taire. Si votre stack est conséquent, en début de tournoi ou encore contre des joueurs inférieurs, alors n’hésitez pas. Si ce n’est pas le cas, concentrez-vous sur les cartes.

4. Si vous êtes bien meilleur que vos adversaires, parlez-leur pour accentuer votre avantage.

5. Plus vous parlez, plus vous aurez du mal à maintenir un haut niveau de concentration sur le jeu.

6. Lorsque vous passez d’une tâche à l’autre, vous perdez du temps. Les experts estiment que nous perdons environ 28% de notre journée de travail en essayant d’être multi-tâches.

Que James Woods vous serve d’exemple !

L'acteur James Woods à la table de poker
Trouvez le Woods qui est en vous.

Il est difficile de dire à un autre joueur d’arrêter de parler. Cela peut être gênant ou désagréable.

Mais si vous voulez réussir lorsque vous jouez au poker, vous devez apprendre à gérer cette gêne.

James Woods a manifestement réussi et c’est ce qui lui a permis de créer l’exploit.

Tout cela parce qu’il a refusé de se laisser déstabiliser. Et vous devriez faire pareil.


► A (re)lire aussi l'interview de l'un des joueurs les plus bavards du circuit, William Kassouf.

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