Alexandre Dreyfus : « Le poker ne sera jamais plus le même, il sera meilleur »

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Alex Dreyfus

S'il est assez facile de se laisser gagner par le cynisme ambiant quant à l'état actuel du poker, il faut aussi pourtant garder à l'esprit qu'il reste de vrais innovateurs dans le secteur.

Le Français Alexandre Dreyfus est l'un d'entre eux, lui qui a été successivement été propriétaire ou impliqué dans de nombreux groupes majeurs du poker dont ChiliPoker, Winamax, iGamingFrance.com, Global Poker Index, Fantasy Poker Manager et désormais Hendon Mob.

Dreyfus est en réalité le véritable moteur derrière le GPI, devenu aujourd'hui le véritable classement de référence des joueurs de poker.

« Je suis convaincu que la vision des choses que j'ai voulu imposer il y a un an va bientôt payer » explique-t-il.

« Les joueurs de poker veulent être reconnus et c'est ce que nous leur offrons. Le Global Poker Index leur permet d'avoir accès à des classements aussi bien globaux que locaux. L'idée est d'arriver à toucher les joueurs les plus amateurs, c'est ça la clé. »

Dreyfus : « Il n'y a plus d'argent facile dans le poker »

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L'ancienne pro ChiliPoker Liz Lieu.
 

D'après Dreyfus, le poker est arrivé à un véritable tournant de son histoire, et il va y avoir de grands changements dans les années à venir.

« Comme dans tout autre secteur et dans la vie en général, tout est une question de cycles. Nous sommes arrivés à la fin de l'âge d'or du poker, que ce soit online ou en live. Est-ce que c'est la fin pour autant ? Bien sûr que non. Si je le pensais, je ne continuerais pas à y investir des millions.

Les choses sont en train de changer, le poker est en train de devenir une véritable industrie, une industrie qui sera là au moins pour les dix prochaines années. L'argent facile n'a plus sa place dans le poker, seules les personnes les plus impliquées pourront survivre. »

Le GPI de Dreyfus a récemment racheté HendonMob, donnant ainsi accès au Global Poker Index à la plus grande base de données du poker.

« C'est un projet qui a mis huit mois à aboutir » explique Dreyfus.

« Hendon Mob est la base de données la plus précise en matière de joueurs de poker, et je suis persuadé que ces données vont s'avérer cruciales dans le futur et créer de nombreuses opportunités d'investissements. Sans compter que Hendon Mob abrite la plus grande communauté de joueurs de poker britanniques. »

Dreyfus ajoute également que le groupe a l'intention de maintenir indépendamment les deux marques, faisant de Hendon Mob la base de données de référence, et laissant au GPI les classements.

PokerStars soutien le GPI grâce à l'EPT

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Daniel Negreanu a lui aussi milité pour le GPI par le passé.
 

Pour Dreyfus, la véritable consécration est arrivée au début du mois lorsque l'European Poker Tour a officiellement annoncé qu'il utiliserait désormais les classements du GPI pour déterminer le Joueur de l'Année.

Et ça il en est très fier : « J'ai mis un an jour pour jour à accomplir cela. »

« On ne convainc pas l'une des plus grandes marques du secteur avec du vent. J'ai mis un an, mais l'industrie du poker a fini par comprendre ce que je faisais et pourquoi. Je pense que d'ici 2014, de nombreuses poker rooms utiliseront le GPI comme référence pour une question de facilité et pour pouvoir promouvoir leurs joueurs. »

Et bien qu'il travaille dans le poker depuis déjà de longues années, son enthousiasme est intact.

« J'aime le défi permanent que cela représente. J'ai lancé Winamax en France six ans avant que l'État ne légifère. Quand j'ai lancé ChiliPoker, on a essayé d'innover et d'apporter quelque chose de différent. C'est mon rôle. »

L'année dernière, Dreyfus a revendu ChiliPoker à Bally Technologies afin de préparer l'implantation d'un site dédié aux joueurs de poker en ligne aux États-Unis.

« Si vous saviez combien de personnes m'ont conseillé de ne pas m'impliquer dans GPI et de laisser tomber le poker. Tout le monde pense que le poker est en perte de vitesse ? Tant mieux pour eux, moi j'en profite pour saisir les opportunités et en créer de nouvelles. »

De nouvelles opportunités avec le retour du poker aux États-Unis

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Antonio Esfandiari, nouvel ambassadeur Ultimate Poker aux USA.
 

Pour Dreyfus, le poker en ligne mettra très longtemps avant de revenir au niveau pré-Black Friday, voire il n'y arrivera jamais.

« Mais est-ce que cela veut dire qu'il faut pour autant abandonner le poker ? Bien sûr que non. Le poker, c'était de l'argent facile il y a 5 ou 10 ans. Maintenant il faut être plus intelligent et travailler plus dur. Le poker va évoluer, grandir et il va falloir arrêter de le comparer sans cesse à ce qu'il a été dans le passé. Ce ne sera plus jamais la même chose, et de bien des manières, ce sera encore mieux. »

Dreyfus continue à tout faire pour que le GPI devienne un élément central du jeu et pense que cela restera sa grande contribution au poker. Plus globalement, il croit aussi fermement que la seule constante du poker dans les 5 à 10 prochaines années sera le changement.

« Cela va changer, j'en suis persuadé. Les cartes vont changer de main. Et comme dans tous les autres secteurs, on va maintenant entrer dans une phase de consolidation à de nombreux niveaux.

Il faut que nous amenions de nouveaux joueurs et que nous les éduquions. Le poker est né dans la clandestinité et nous voulons en faire une véritable industrie dans la transparence la plus totale. Je pense que beaucoup des gens qui sont dans le poker depuis 5 ou 10 ans n'y seront plus d'ici 5 ans. »

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« Le poker, c'est du show-business »

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Depuis son lancement il y a deux ans, le Global Poker Index a pris une ampleur incroyable en si peu de temps.

(seconde interview réalisée en septembre 2014)

Il est d'ores et déjà devenu le plus grand système de classement des joueurs de poker du monde, et la plupart des joueurs de poker le considère comme le système de classement le plus viable.

Depuis le rachat de la base de données Hendon Mob en juillet 2013, le GPI est également devenu la plus grande base de données de poker du monde.

Au lieu de se cantonner à un seul type de classement, le GPI intègre désormais deux classements supplémentaires : celui du « Joueur de l'année »  et la « Challenger Cup ».

Cette dernière se concentre sur les tournois à buy-in bas/moyen (jusqu'à 2000$) pour mettre en avant les meilleurs joueurs qui n'ont pas les moyens de participer à des tournois plus coûteux.

Ainsi, les meilleurs « challengers » d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie seront présentés lors de la cérémonie annuelle des European Poker Awards et recevront des packages pour les plus grands tournois du monde.

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"Nous avons voulu trouver un moyen de montrer qui était le meilleur des joueurs de poker."
 

Un concept qui rencontre un grand succès, puisque de nombreux sites internet ont adopté le GPI et l'ont intégré via des widgets. Par ailleurs, près de 1500 casinos dans 90 pays différents transfèrent directement les résultats des tournois qu'ils organisent au GPI.

« Nous voulions trouver un moyen de savoir qui sont les meilleurs joueurs de poker » explique Alex Dreyfus, PDG du GPI.

« Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agit des joueurs qui ont eu les meilleurs résultats sur les trois dernières années en prenant en compte les buy-in et la taille du tournoi. »

Régularité et reconnaissance

En théorie, les tournois à partir de 1$ sont enregistrés. Plus le buy-in est élevé, plus les joueurs remportent de points.

Le buy-in maximal est fixé à 20 000$, afin que des tournois particuliers comme le Big One for One Drop à 1 million de dollars ne faussent pas le classement.

Auparavant, ce genre de classement était toujours écrasé par les vainqueurs du Main Event des WSOP, même lorsqu'ils n'avaient pas remporté d'autres tournois. Or le GPI fait en sorte de minimiser l'impact que peut avoir un seul tournoi.

« Le temps entre aussi en compte. Tous les deux mois, la valeur des points marqués sur un tournoi diminue avant de disparaître au bout de 36 mois » explique Dreyfus.

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Des joueurs tels que Dan Smith, qui gagnent souvent sur le long terme, obtiennent la reconnaissance méritée.
 

Résultats, les joueurs réguliers qui signent de bons résultats sur une longue période de temps sont les plus favorisés, pas ceux qui remportent un seul gros tournoi.

Les joueurs veulent être reconnus, les casinos veulent faire parler d'eux

Si le GPI a remporté un tel succès si rapidement, c'est en partie grâce à une caractéristique essentielle de l'espèce humaine : la vanité. Non pas que ce soit un problème.

Les casinos veulent être médiatisés. Ils veulent que leurs résultats soient publiés et les envoient donc spontanément au GPI.

Le GPI n'a donc pas beaucoup d'efforts à fournir en terme de « collecte » des résultats pour obtenir de nombreuses données. Mais cela ne s'arrête pas là.

Dreyfus ajoute : « Chaque jour, nous recevons des plaintes de certains joueurs disant que tel ou tel résultat n'a pas été publié. »

D'un autre côté, il y a également beaucoup de joueurs qui ne souhaitent pas que leurs résultats apparaissent sur le site, qu'ils aient peur du Fisc ou qu'ils veuillent préserver leur réputation.

Dreyfus répond sans équivoque : « Nous recevons énormément de demandes de ce type, mais nous ne supprimons jamais les résultats. Les tournois de poker sont des événements publics : lorsqu'on participe à un tournoi de poker, on doit accepter que les résultats soient connus. Si vous ne souhaitez pas que votre nom apparaisse, ne participez pas.

Cependant, nous ne publions pas le retour sur investissement des joueurs. Notre but n'est pas de causer du tort aux joueurs.

Le poker, c'est du show-business. On a besoin d'histoires et de médiatisation. Si l'on veut attirer les médias grand public, il faut qu'il y ait un système de classement unique, comme au golf ou au tennis.

Eux aussi préféreraient peut-être ne pas parler d'argent, mais cela n'empêche pas que les résultats sont publics. »

European Poker Awards 2010
Attribuer des récompenses fait partie des autres étapes importantes.
 

Des American Poker Awards en 2015

Des histoires, c'est peut-être ce que permettront de mettre en avant les tout nouveaux American Poker Awards.

Le GPI ayant racheté les European Poker Awards, ils ont désormais le droit de reproduire ce modèle dans le monde.

Les American Poker Awards seront donc organisés pour la première fois en 2015 à Los Angeles. Les organisateurs espèrent à cette occasion attirer l'attention des magazines et chaînes de télévision (outre ESPN).

Autre exemple, la possibilité de l'organisation d'une série de tournois de sit-and-go appelée les Global Poker Masters. On y verrait s'affronter les quatre meilleurs joueurs de l'année et les neuf pays les plus performants afin de déterminer le meilleur pays de l'année.

On devrait rapidement en savoir plus sur cette nouveauté.

Les tournois comme Battle of Malta attirent les amateurs vers le poker live

Entre le WPT, le Deepstack Poker Tour et d'autres circuits nord-américains moins connus, le GPI a déjà conquis beaucoup d'organisateurs de tournois.

La dernière innovation du GPI est la création de trois classements différents pour l'European Poker Tour : or, argent et bronze.

Encore une fois, les classements sont basés sur différents types de buy-in (<600€, 600€-2000€, >2000€). Ils ont été lancés lors de la première étape de la saison 11 de l'EPT, à Barcelone.

Les trois premiers leaders sont Marcelo Gustavo Caceres (bronze), Gleb Kovtunov (argent) et Fedor Holz (or).

Pour Dreyfus, la priorité est désormais de convaincre les académies et sites de coaching comme celui de Phil Ivey. Dreyfus est optimiste puisqu'il estime que ces partenariats pourraient apporter aux deux parties.

Par ailleurs, ces différents types de classements permettent d'attirer l'attention sur des joueurs de limites basses et moyennes :

alex dreyfus
"Je soutiens absolument des tournois à 550€ de buy-in tels que le Deepstack tour et Battle of Malta."
 

« Je suis un fervent supporter des tournois à 550€ comme la Battle of Malta ou le Deepstack Tour, ils permettent d'attirer les amateurs vers le poker live. »

Ainsi, le vainqueur de la Battle of Malta réalisera par exemple une excellente opération à la Challenger Cup.

Le GPI en pôle

Les critiques accusent souvent le GPI de chercher à avoir un monopole, mais ce n'est pas réellement une menace.

Les médias poker comme Card Player ou Bluff Magazine conserveront toujours leurs propres classements pour désigner leur Joueur de l'année.

Quant au poker en ligne, PocketFives s'appuie sur une communauté solide et un système de classement bien implanté.

Il n'y a donc aucune raison pour que tout ce beau monde ne puisse pas cohabiter. Cependant, en ce qui concerne le live, il semble que le GPI soit définitivement en pôle position.

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