Interview : Jérôme Le Banner

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Jérôme Le Banner, du ring à la table de poker

Emblématique champion français de kick-boxing en K-1 depuis 1995, Jérôme Le Banner change de catégorie de combats en troquant à l'occasion depuis le début de l'année ses gants contre des jetons de poker. Rencontre.




Parmi les sportifs s'étant récemment mis au poker tu fais partie des nouveaux visages. Depuis combien de temps t'es-tu lancé dans l'aventure ?

Je joue depuis deux mois. Je suis venu au poker par la boxe anglaise et PokerStars. Cela s'est fait complètement par hasard. On faisait de la boxe anglaise dans un casino, et nous nous sommes retrouvés à faire un deal avec eux. Le responsable du sponsoring était vraiment un amoureux de poker il faut dire.
En tout cas l'ambiance me plait bien.

Tu as tout récemment disputé ton premier grand tournoi, le tournoi caritatif de l'AmFar à l'occasion de l'EPT PCA aux Bahamas. Comment cela s'est-il passé ?

C'était sympa mais il y avait des gens qui savaient très bien jouer. J'ai joué avec des très très bons, comme Daniel Negreanu qui était à ma table. Mais je n'ai pas pu être impressionné car je ne savais pas qui c'était !

NDLR : Jérôme Le Banner s'apprêtait à disputer l'EPT de Deauville au moment de cette interview. Le boxeur français aura finalement fait partie des premiers sortants.

Quelles similitudes peux-tu voir entre un sport de très haute compétition tel que le kick-boxing, et le jeu de compétition qu'est le poker ?

Quand les gens jouent avec leur argent je pense qu'il y a une certaine adrénaline. On ne veut pas perdre, comme dans le kick-boxing, comme dans tout sport.
Même dans toutes les choses de la vie on n'a pas envie de perdre. On est tous sur la même ligne de départ, et la question est de savoir qui va arriver premier sur la ligne d'arrivée. C'est ça qui est marrant.
Après en boxe quand tu es deuxième généralement ce n'est pas bon, c'est que tu as perdu. Si on est deuxième au poker ça va.

Sens-tu qu'un physique imposant a une influence à la table ?

Je ne l'ai pas encore trop ressenti. Quoique... un petit peu avec Daniel Negreanu. Quand je suis parti il était hyper content, il a sauté de joie (rires). Mais c'est quelqu'un de très amusant.

Penses-tu quand même essayer d'en jouer ?

Je verrai dans les yeux des gens. Je l'ai vu avec Daniel donc qui était un peu impressionné. Mais si tu es vraiment dans le jeu, que tu gagnes ou que tu perdes, à moins d'avoir un bon avocat, je ne vois pas jusqu'où ça pourrait aller.
En début de partie je fais plutôt mon timide. Je regarde les gens, comment ils se comportent.
Mais je pensais que le poker était un peu plus expansif, avec beaucoup plus de bluffs, que c'était la base du jeu.

Tu n'es donc pas du genre à partir bille en tête comme tu pourrais le faire dans un de tes combats ?

Non, d'autant qu'au départ il a déjà fallu que je comprenne les règles, les jetons, ... D'ailleurs j'ai mon petit pense-bête avec moi.

D'autres combattants se sont-ils mis au poker ?

Je pense, notamment beaucoup de hollandais. Quand je suis arrivé avec mon short PokerStars, et que j'ai vu mes adversaires me l'envier, c'est là que j'ai compris. Moi je n'étais au courant de rien, je ne suis pas du tout sport à la télé.

En t'étant également déjà essayé au cinéma, dans lequel des deux univers verrais-tu le mieux ta reconversion ?

Il se pourrait qu'il y ait un projet avec Matthieu Kassovitz et PokerStars. Je viens du noble art, et le septième art vient me chercher quand il en a envie. Mais ça s'arrête là et c'est très bien comme ça.

Question subsidiaire : est-ce qu'un bad beat fait aussi mal qu'un uppercut qu'on n'a pas vu venir ?

J'en ai connu un dès mon premier tournoi à l'AmFar, mais ça m'a fait mal après, à retardement. L'uppercut c'est sur le coup. Mais au final c'est un peu comme à la boxe, il faut les esquiver !

 

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