Comment toujours progresser au poker et être au top, par Jared Tendler

Jared Tendler, coach mental et auteur en psychologie et stratégie du poker
Jared Tendler propose de nouvelles perspectives sur ce jeu mental qu'est le poker.

L'une des demandes les plus fréquentes de mes nouveaux clients s'avère impossible à satisfaire. Oh ça semble simple, vouloir jouer toujours à son meilleur niveau (son « A-game »), mais c'est loin d'être le cas.


Jared Tendler
est un coach mental qui s'occupe de plus de 200 joueurs de poker et travaille ou a travaillé avec les plus grands. Pour en savoir plus sur son approche de la psychologie du poker, vous pouvez lire notamment l'un de ses livres récemment traduit en français : Le mental au poker.

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Je vais vous expliquer pourquoi dans cet article et je vais vous donner quelques conseils pour arriver à jouer de manière régulière à très haut niveau, tout en restant réaliste.

Si cela paraît simple, en théorie, de toujours être au niveau de votre A-game (être au top de votre jeu), c'est parce que vous ne voyez que votre A-game actuel. Vous savez ce que c'est que de jouer à votre top. Vous gagnez plus d'argent, vous sentez que vous jouez bien, vous quittez la table le sourire aux lèvres, et je pourrai continuer longtemps la liste des joyeux effets secondaires du A-game.

Alors bien sûr que vous voudriez que ça soit toujours comme ça. Le seul problème, c'est que penser que c'est possible, c'est un peu comme croire au Père Noël.

Jouer son A-game au poker pour gagner beaucoup de jetons
Jouez autant que possible votre "A-game" pour obtenir le plus possible de ces choses là.

Pourquoi c'est impossible ? Tout simplement parce que votre meilleur jeu n'est pas une valeur fixe, il progresse constamment. Quand vous jouez mieux, cela veut par définition dire que vous pouvez encore vous surpasser. En d'autres termes, votre A-game actuel devient votre B-game, et vous vous retrouvez avec un nouveau A-game en ligne de mire.

Vous devriez assez facilement vous en rendre en compte. Repensez à votre A-game d'il y a un an et comparez-le à votre A-game actuel. Je suis même sûr que si vous remontez assez loin, votre C-game actuel est meilleur que votre A-game de l'époque. (D'ailleurs, si vous jouez régulièrement mais que cette théorie ne se vérifie pas, je vous conseille de vous intéresser à la deuxième partie de l'article).

Votre manière de jouer est tout sauf immuable. Vous êtes en permanence en train de progresser, même si c'est souvent beaucoup trop subtil pour que vous vous en rendiez compte. Dès que vous jouez votre meilleur poker, cela signifie qu'un nouveau palier s'est créé.

La première fois que vous jouez bien, il est en général assez difficile d'identifier le pourquoi de ce progrès. Si vous ne pouvez pas l'expliquer, il va être difficile de rééditer l'exploit. Au contraire, et de manière assez ironique, à partir du moment où vous êtes capable de l'expliquer, vous pouvez alors jouer encore mieux, et vous voilà avec votre nouveau A-game.

Comment maintenir son jeu au niveau de son A-game

Vous aurez compris qu'il est donc impossible de jouer en permanence au niveau de son A-game. Cependant, en faisant un certain nombre d'efforts, il est possible de jouer à ce niveau de manière régulière. La plupart des joueurs préfèrent ne pas faire ces efforts et se contentent de rêvasser à ce que ce serait la vie s'ils pouvaient être toujours au top.

Voici donc quelques conseils pour jouer votre A-game le plus souvent possible :

  • Débarrassez-vous de votre C-game. Votre objectif n°1 à chaque fois que vous jouez doit être de ne jamais utiliser votre C-game. Dès que vous commettez une erreur grossière, quelle qu'en soit la raison, vous contribuez à faire baisser votre niveau de jeu. Non seulement cela veut dire que vous n'avez pas réussi à corriger cette erreur, mais également que vous vous habituez à la faire. Ce qui signifie que vous avez plus de chances de la voir réapparaître dans le futur, réduisant vos chances de jouer votre A-game. Au contraire, en vous concentrant à éviter d'être en C-game, passer en A-game sera de plus en plus facile.
  • Débarrassez-vous de votre C-game... mental. Il faut que vous arriviez à résoudre le côté mental des grosses erreurs que vous commettez pour pouvoir améliorer votre C-game tactique. Ces moments où vous pétez un câble, ou vous ennuyez ou êtes anxieux, distrait, démotivé, tout ça fait diminuer votre confiance en vous et affecte votre jeu. Si vous voulez être plus régulier au haut-niveau, il faut vous débarrasser de tous ces parasites.
  • Évaluez votre gamme de jeu. Listez toute votre gamme de jeu, du A-game au C-game. Faites une liste de toutes les erreurs que vous faites actuellement lorsque vous jouez le plus mal. Listez ensuite les erreurs un peu moins graves et ainsi de suite jusqu'à ce que vous en arriviez à votre A-game.
  • Sachez rebondir rapidement. Pour pouvoir utiliser régulièrement votre A-game, il faut que vous soyez capable de vous remettre rapidement sur les rails lorsque vous tombez dans les travers de votre B ou C-game. Grâce à la liste dont on vient de parler, vous pourrez plus facilement identifier ces moments où vous dérivez et pourrez donc plus facilement et plus rapidement y remédier.
  • Soyez prêts. On ne joue pas régulièrement à un très haut niveau par hasard. Les grands joueurs de poker, comme les grands athlètes, sont prêts à jouer au plus haut-niveau lorsqu'ils arrivent à une table. Si vous n'avez pas d'échauffement particulier, un bon moyen de se mettre dans le bain est de lister mentalement les mains connectées aux différents niveaux de votre jeu (de A à C). Vous saurez ainsi précisément comment jouer au plus haut niveau et améliorer votre B ou C-game lorsqu'il se présentera.
  • Suivez votre progression. Pour y arriver, je vous conseille de tenir un journal dans lequel vous pourrez évaluer les qualités de votre jeu après un tournoi ou une partie. Non seulement cela vous permettra de mieux détecter les moments où vous passer en B ou C-game, mais c'est également un bon moyen de vous concentrer sur les éléments nécessaires à votre A-game et pas uniquement sur vos résultats.

Vous êtes peut-être surpris d'apprendre que c'est principalement en vous concentrant pour éviter vos B et C-games que vous utiliserez plus souvent votre A-game. Cependant, si vous y réfléchissez, vous verrez que c'est de la logique pure. Et plus vous serez régulier, plus votre A-game progressera, et ainsi de suite.

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Comment progresser de manière constante ?

Croupier attends le paquet de cartes en main

Le poker est en perpétuelle évolution et pour Jared Tendler, si vous ne progressez pas, vous ne pouvez que régresser. C'est pourquoi Jared Tendler vous propose cette nouvelle courte leçon théorique. Vous comprendrez pourquoi il est essentiel de maintenir une progression constante et comment vous en assurer.

Si vous ne progressez pas, vous régressez.

Et si vous régressez, votre taux de victoires ("winrate") et votre retour sur investissement (ROI) diminuent, la variance augmente, et vous risquez fort de devenir rapidement l'un de ces joueurs qui se plaignent de leur mauvaise série au lieu d'essayer d'y remédier.

Évidemment, vous voulez progresser. Mais êtes-vous prêt à faire ce qu'il faut pour cela ? Est-ce que vous faites tout pour progresser régulièrement ? Le faites-vous de manière efficace ?

Voilà les questions que vous devez vous poser. Si les réponses ne sont pas 1) oui, et 2) très efficace, alors vous devez vous pencher sur les manières d'apprendre à apprendre efficacement et à progresser.

Le poker pour apprendre à apprendre

Heureusement pour vous, il se trouve que le poker est une manière très efficace d'apprendre.

Des études récentes ont démontré que les tests permettent de progresser. C'est à dire que les contrôles auxquels vous aviez droit à l'école ne servaient pas uniquement à vérifier l'état de vos connaissances, mais également à consolider ce savoir et à vous apprendre à mieux apprendre.

Jared Tendler expert pour aider à toujours progresser au poker
Jared Tendler

Jouer au poker est un test. Et à chaque fois que vous passez ce test, vous devez prouver que vous savez plus de choses que la fois précédente.

C'est plus facile à dire qu'à faire, mais voici quelques suggestions pour y arriver :

D'abord, évaluez toute l'étendue de votre jeu, du meilleur au pire. Ensuite, à chaque fois que vous lisez un article, regardez des vidéos, postez des mains ou écoutez les conseils d'un coach, vous saurez quels sont les domaines dans lesquels vous avez le plus besoin de travaillez.

Vous ne saurez peut-être pas encore ce que vous devez savoir, mais au moins vous saurez ce que vous devez apprendre.

Par ailleurs, mettez également en place une routine d'échauffement qui vous permettra de débarrasser votre esprit de tous les parasites pour que vous puissiez jouer le mieux possible.

Lorsque la journée est particulièrement compliquée (quelle qu'en soit la raison : tilt, variance, peur, fatigue, etc.), assurez-vous d'éviter de commettre les pires erreurs tactiques et mentales, c'est tout.

Reposez-vous. Oui, le repos aussi est productif. Il est très important que vous vous reposiez pour bien assimiler ce que vous avez appris et que cela devienne naturel.

Si vous ne progressez pas, vous régressez.

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Comment vous vider l'esprit et libérer votre "bande passante" poker

Un grand tournoi de poker qui demande les idées claires et de se vider la tête

Jared Tendler a brillé par son absence lors des 46è World Series of Poker. Mais alors, où était l’auteur de The Mental Game of Poker et grand maître du tilt pendant le plus grand événement de poker de l’année ?

Nous l’avions retrouvé peu après ces WSOP pour avoir la réponse, et il en a profité pour nous expliquer ce qu’il fait pour progresser en tant que coach, son avis sur les médicaments censés booster la performance intellectuelle, les problèmes des joueurs et leur évolution dans le temps, et sa première année de paternité.

par Lee Davy


Jared, comment fais-tu pour continuer à progresser en tant que coach ?

J’analyse constamment mon travail, comme un joueur de poker qui joue toujours plus pour s’améliorer, mais pour le coaching. Je travaille sur un nouveau projet, donc je suis en train de revoir la structure de mon coaching individuel.

Jared Tendler et Jamie Gold
Les coachs s'améliorent comme vous le faites : par le travail.

Dans mes deux premiers livres, il y a énormément de contenu et une structure qui permet d’utiliser ce contenu dans le système que j’ai développé.

Ce n’est pas très éloigné de la psychologie cognitive, mais c’est un peu plus poussé en termes de résolution de problèmes. Pour moi, c’est la grande différence entre ce que je fais et la psychologie cognitive.

Les prochaines évolutions auront sûrement trait à l’expérience client. Comment se sent le client lorsqu’il participe à sa première session ? Comment vit-il ses huit sessions sur quatre mois ?

Plus j’arriverai à standardiser mon contenu autour de tous ces processus, plus je serai efficace. C’est très proche du travail que font les joueurs de poker.

J’analyse les réponses que je donne aux clients dans certains scénarios, et beaucoup de mes clients ont des enregistrements de nos sessions qu’ils peuvent ensuite réécouter et analyser.

C’est très important de pouvoir y revenir quelques jours plus tard, ça aide énormément. J’utilise aussi ces enregistrements pour évaluer mes techniques de coaching et voir ce qui fonctionne ou pas.

Est-ce que tu coacherais un joueur de 72 ans différemment d’un joueur de 21 ?

Aussi différemment que n’importe quels autres individus. J’ai coaché des jeunes de 21 ans avec une mémoire minable et des joueurs de plus de 50 ou 60 ans encore très vifs.

Comme au poker, il faut savoir lire la personne à laquelle vous avez affaire. C’est ce que j’essaye de faire, le mieux possible.

Nootropique
Les nootropiques peuvent être utiles, mais ne peuvent tout résoudre.

Que penses-tu des nootropiques et autres médicaments censés booster l’activité intellectuelle ?

Je pense que beaucoup peuvent être utiles, mais qu’ils ne sont pas aussi révolutionnaires que les gens l’espèrent.

Selon moi, on ne se concentre pas assez sur la nécessité de se vider l’esprit de toutes les pensées parasites, notamment les souvenirs émotionnels.

Visualisez par exemple un ordinateur. Avant, il y avait la défragmentation, avec toutes les couleurs, qui permettait de condenser le disque dur pour le rendre plus efficace.

Les joueurs ont plein de souvenirs récurrents, comme une élimination d’il y a quelques années. Ces souvenirs consomment de la bande passante dans la partie consciente de votre mémoire.

La mémoire procédurale, ce sont tous ces comportements automatiques, ces compétences inconscientes, comme je les appelle. La mémoire peut sembler infinie, mais en réalité la mémoire à long terme est elle très limitée, stockée dans notre système émotionnel.

Si vous avez trop de souvenirs de ce type, cela limite forcément votre véritable présence et vous réagirez d’une certaine manière à certaines situations à cause de ces vieux souvenirs.

Vous reprenez ces habitudes en situation de stress, voilà ce qui arrive. Les nootropiques, je suis convaincu qu’ils sont utiles, mais ils ne peuvent pas combler ce genre de faiblesse.

Cette semaine, j’ai été frappé par la rancœur dans le monde du poker. Est-ce que c’est le genre de chose qui peut aussi “consommer de la bande passante”?

Oui, ça occupe forcément une bonne partie de leur esprit, et ce d’une manière subconsciente dont ils ne se rendront même pas compte.

Ecrire pour se libérer l'esprit
Il est possible de se libérer par le papier et le stylo.

Récemment, beaucoup de mes clients ont eu des problèmes avec leurs parents. Les pousser à se parler, à expliquer pourquoi ils jouaient au poker, à parler de ce qui s’est mal passé quand ils étaient enfants... A court terme, ça a fait pas mal de vagues, mais cela a été productif pour toutes les parties.

Il n’y a pas toujours besoin de faire cela en personne. On peut pardonner aux gens par lettre, par exemple. Si la volonté de vraiment avancer et de résoudre le problème est là, vous serez libéré.

C’est essentiel, la liberté. Les gens pensent qu’il leur suffit de décider que les gens sont des “cons” et qu’ils seront libres, mais c’est faux. Au contraire, cela crée des points de résistance qui se déclencheront dès que vous entendrez leur nom. Vous n’êtes pas libre puisqu’ils sont toujours là, tapis dans l’ombre.

Comment évoluent les joueurs et leurs problèmes ?

Je considère toujours les problèmes qu’on me présente par rapport au contenu que j’ai créé. Il y a de moins en moins de problèmes de tilt, et lorsqu’il y en a, il s’agit généralement de joueurs qui n’ont pas lu mon premier livre.

Je suis assez content de constater que la plupart des problèmes concernent quoi faire après avoir rencontré le succès, qu’il s’agisse de continuer le poker ou de changer de voie.

J’ai un client qui a rencontré énormément de succès avant le poker et énormément de succès dans le poker, mais qui se retrouve aujourd’hui confronté à des points de résistance dans sa vie personnelle. On ne peut pas se focaliser uniquement sur le poker, ça va bien au-delà de ça.

J’ai également eu un client qui essayait de gérer sa carrière mais qui s’était rendu compte qu’il avait des problèmes avec le tilt. La raison ? Il était stressé par son indécision quant à quel jeu ou quel site de poker choisir.

Aux WSOP
Les problèmes arrivent souvent après le succès.

Les choses changent mais les signes émotionnels restent les mêmes.

Y a-t-il une “success story” en particulier dont tu sois fier ?

Ce qui est intéressant, c’est que je suis rarement l’évolution des joueurs après avoir terminé de travailler avec eux. Il y a par exemple un gars que je n’avais pas vu depuis trois ans et dont j’ai eu des nouvelles récemment.

Je suis retourné voir le questionnaire qu’il avait rempli au début de nos sessions. A l’époque, il jouait à 50c/1$, et aujourd’hui il participe aux parties de Pot-Limit Omaha les plus relevées. Nous avons repris notre coaching récemment, c’est sympa.

Personnellement, je dirais que plus de 90% de mes clients m’ont apporté quelque chose. Au début, des grands noms m’approchaient et j’osais à peine leur adresser la parole.

Je me suis dit : “quel est le pire qui puisse arriver ?”

Je me suis rendu compte que personne ne pourrait briser ma carrière d’un claquement de doigt, mon coaching devait forcément être plus durable que cela.

Travailler avec Jorryt van Hoof l’année dernière, pour la table finale du Main Event des WSOP, était génial. J’ai eu beaucoup plus de clients après ça et ça m’a permis de confirmer beaucoup de mes théories pour mon deuxième livre, notamment sur la “zone”.

Dusty Schmidt a également joué un grand rôle en m’initiant au poker. Mais je recherche surtout la stabilité.

Les clients doivent souvent vouloir des solutions rapides et faciles. Comment éviter d’avoir peur qu’ils n’abandonnent trop vite et te donnent le sentiment de ne pas avoir réussi à les aider ?

Un joueur de poker confronté à une épreuve
"Il est impossible de savoir si une personne est prête jusqu’à ce qu’elle soit confrontée à l’épreuve."

Tout se règle avant qu’ils ne deviennent mes clients, ou pendant la première session. Je leur explique très clairement qu’il n’y a pas de remède miracle et qu’il faut parfois que les choses empirent avant de s’améliorer.

C’est pour ça qu’il faut vraiment se focaliser sur le client, sur ses attentes et sur ce qu’il vit.

Un joueur perfectionniste par exemple, il aura la même approche dans le coaching. C’est d’ailleurs très fréquent dans le poker.

Souvent, la première session se passera très bien et nous identifieront un problème de fond. Puis lors de la session suivante, il me dira : “j’ai toujours (toujours étant le mot clé) ce problème, mais tel ou tel domaine va mieux.” Le ton est négatif alors qu’il reconnaît avoir progressé.

C’est une preuve que leur perfectionnisme s’étend à la perception de leur progrès. Ce que je fais, c’est qu’à la fin de la première session, j’explique : “voilà ce qu’il va se passer lors de la deuxième session si tu ne changes pas d’approche en termes de reconnaissance de tes progrès”.

Il faut provoquer le changement à un niveau plus efficace. Il est impossible de savoir si une personne est prête jusqu’à ce qu’elle soit confrontée à l’épreuve. Alors il faut savoir être vulnérable, même si c’est effrayant.

Je me dis qu’à partir du moment où j’agis en toute bonne foi et que je trouve les points à risque, je fais mon boulot. J’ai déjà eu des clients que j’ai refusé parce que leurs problèmes étaient trop importants.

Je leur ai expliqué qu’ils avaient besoin d’un coaching spécialisé. Tant que je suis honnête et que je fais tout pour aider ceux que je suis qualifié pour aider, alors je fais de mon mieux.

Qu’est-ce qui t’a le plus choqué au cours de ta première année de paternité ?

Au risque de paraître niais, j’ai surtout été choqué de me rendre compte à quel point on peut aimer un autre être humain.

Par moments, surtout ici à New York, où tu as peur que certaines personnes soient dangereuses... l’instinct de défense est tellement fort dans ces moments-là, c’est incroyable.

Jared Tendler
"Rechercher le bonheur n'est pas forcément la finalité."

Ma fille dort bien, a bon caractère et est très heureuse. Je travaille de chez moi donc je peux passer toutes mes pauses avec elle, c’est génial.

Corey et moi arrêtons tous les deux de travailler à 17h, nous passons environ 1h30 tous les trois avant qu’elle aille se coucher et que nous finissions notre journée.

En dehors de ça, peu de chocs. Peut-être que ça aurait été différent si j’avais été plus jeune ou que je n’avais pas eu de petite sœur.

Je n’avais jamais changé de couche auparavant, cela dit. C’était dur. Personne n’est prêt pour l’odeur du caca à une telle distance.

Est-ce que le fait d’être père a apporté quelque chose à ton coaching ?

Je dirais que mon humeur est bien meilleure, globalement. Avant, je passais mon jeudi entier avec elle. Quand Corey a repris le travail, sa mère la gardait deux jours, une nounou deux jours, et moi un jour.

C’est difficile. Les gens qui dénigrent les mères au foyer devraient essayer de faire leur boulot pendant une semaine. Vous n’avez pas le temps de penser, votre attention est entièrement concentrée sur ce petit être qui a tellement besoin de vous.

J’aime mon travail et toutes les opportunités qu’il m’offre. L’essentiel est de profiter de chaque moment avec elle, même s’ils sont limités.

Si c’était constant, peut-être que cela finirait par m’user. Je ne veux pas que cela arrive, c’est important pour moi qu’on ait la meilleure relation possible.

Si tu devais disparaître, quels sont les trois conseils que tu lui donnerais ?

Je lui dirais que la recherche du bonheur n’est pas forcément la finalité. Le bonheur est temporaire et il y a des choses beaucoup plus durables, épanouissantes et importantes que cela.

L’important, c’est le sens. De se pousser plus loin. On est souvent tenté par la facilité, que ce soit dans notre carrière, nos relations ou nos loisirs. Mais ce n’est pas toujours le meilleur choix.

Et puis je terminerais en lui expliquant l’importance de trouver quelqu’un qui l’aime et la traite comme elle mérite d’être aimée et traitée.


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