La fin des November Nine !

WSOP Table finale Main Event 2016
Il n'y aura plus besoin d'attendre novembre pour connaître le nouveau champion.

Les World Series of Poker viennent d'annoncer que la table finale du célèbre tournoi principal (Main Event) n'aurait plus lieu en novembre, mais dans la foulée.

C'est donc une grosse information qui vient de tomber : les November Nine c'est fini.

La table finale du Main Event 2017 aura lieu du 20 au 22 juillet, après deux jours de pause une fois celle-ci constituée, a annoncé aujourd'hui le groupe Caesars.

C'est depuis 2009 que les World Series of Poker imposaient un hiatus de plus de 3 mois entre le moment où les 9 finalistes du plus prestigieux tournoi de l'année étaient connus, et celui où la bataille finale démarrait.

Le concept des November Nine ("les 9 de novembre") avait été lancé notamment pour laisser la possibilité à la chaîne ESPN d'avoir le temps de diffuser de nombreux épisodes du Main Event avant la reprise du jeu. Mais aussi de donner l'opportunité aux joueurs finalistes de se préparer, et de conclure de lucratifs contrats avec salles de poker ou autres marques.

Cependant ces avantages n'ont jamais pleinement convaincu, et même si le suspense était ainsi quelque part prolongé avant une nouvelle montée de l'excitation à l'automne, les critiques auront aussi toujours été très présentes.
Dès 2011 même, le Directeur de la Communication des WSOP Seth Palansky nous confiait qu'un changement de format était à l'étude, d'autant plus avec d'autres tournois ayant emboîté le pas et copié la recette.

Nouvel accord de streaming avec Poker Central

Les WSOP ont également annoncé une prolongation du partenariat avec ESPN, pour 4 années de plus.

Poker Central3

Nouveauté incluse dans cette prolongation, ESPN offrira pour la première fois un direct du Main Event dès le premier jour. Ce sont ainsi plus de 40 heures qui seront diffusées (en léger différé de 30 minutes), en plus des 130 heures du package originel.

Mais ESPN ne sera plus le seul opérateur de diffusion et média où il sera possible de suivre les WSOP, puisque la chaîne Poker Central a également annoncé qu'elle serait un nouveau partenaire des World Series pour le streaming du festival.
Concrètement celle-ci pourra diffuser absolument tout ce dont elle a envie qui ne soit pas déjà diffusé par ESPN (hors Main Event qui pourra être co-diffusé).

9 ans de November Nine

Les fans des November Nine - presque un nom d'équipe de super-héros - ne pourront cependant pas condamner les WSOP pour n'avoir pas laissé sa chance au format.

Les November 9 (October 9 en 2012 en raison des élections américaines) auront en effet été présents durant près d'une décennie, de 2008 à 2016.
Et ils auront été témoins de nombreuses belles histoires.

Antoine Saout WSOP 2009
Antoine Saout et Sylvain Loosli auront été les seuls November 9 français de l'histoire.

Comme celle du bûcheron du Maryland, Darvin Moon et bien sûr du Français Antoine Saout, qui auront lutté contre le jeune grinder en ligne plutôt chanceux (et futur champion) Joe Cada en 2009. Une table finale où l'on avait aussi retrouvé Phil Ivey.

Ou encore l'authentique exploit réalisé par Mark Newhouse avec deux tables finales consécutives en 2013 et 2014, malheureusement pour échouer à chaque fois à la 9è place.

Michael Mizrachi, Ben Lamb, J.C. Tran, Cliff Josephy, les Belges Pierre Neuville et Kenny Hallaert ou encore Griffin Benger auront été quelques-uns des pros notables à à l'avoir atteinte, tout comme un autre Français en la personne de Sylvain Loosli en 2013.
A l'inverse d'autres visages connus auront échoué parfois à une ou deux marches, tels Daniel Negreanu 11è en 2015 ou Gaëlle Baumann et Elisabeth Hille respectivement 10è et 11è en 2012 (jamais aucune joueuse n'aura été N9).

Voici tous les champions de cette période des November Nine :

2008 — Peter Eastgate dk - (bat Ivan Demidov)
2009 — Joe Cada us - (bat Darvin Moon)
2010 — Jonathan Duhamel ca - (bat John Racener)
2011 — Pius Heinz de - (bat Martin Staszko)
2012 — Greg Merson us - (bat Jesse Sylvia)
2013 — Ryan Riess us - (bat Jay Farber)
2014 — Martin Jacobson se - (bat Felix Stephensen)
2015 — Joe McKeehen us - (bat Joshua Beckley)
2016 — Qui Nguyen us - (bat Gordon Vayo)

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Les Pros donnent leur avis sur l'arrêt des November 9

(07/06/17)

Le November 9 Peter Eastgate
Peter Eastgate avait ouvert l'ère des November Nine.

Pour la première fois depuis près d'une décennie, le Champion du Monde de poker (vainqueur du Main Event des World Series of Poker) sera couronné fin juillet. Qu'en pensent les premiers intéressés, les joueurs ?

Comme nous vous l'avions récemment annoncé, l'organisation des WSOP a décidé de mettre fin au format des November Nine dès cette année, format qui voyait les finalistes du Main Event (et les fans) devoir attendre jusqu'en novembre pour voir la table finale se disputer et savoir qui serait le nouveau champion.

Le Danois Peter Eastgate avait été le premier vainqueur du Main Event couronné après ce hiatus en 2008, et le dernier aura donc été Qui Nguyen en 2016.

Bien que le concept avait ses avantages notamment pour les joueurs (préparation, coaching et entraînement, signature de contrats avec des sponsors, ...), celui-ci conservait ses détracteurs, ces derniers arguant notamment que la partie perdait son momentum (son élan), et que le jeu n'était plus le même plus de trois mois après.

Pour mieux voir ce que les joueurs en pensent réellement, nous avons posé la question suivante à 9 pros bien connus (dont 3 furent eux-mêmes November Nine) : La décision d'arrêter les November Nine est-elle bonne ou mauvaise, et pourquoi ?

Si presque tous conviennent à dire que la décision se tient, l'unanimité n'est cependant pas tout à fait au rendez-vous et la tendance est à des avis partagés.


Bruno Politano (Brésil), November Nine 2014 : Partagé

« J'aurais deux réponses :

D'abord c'est très bien pour le poker. C'est bien que le tournoi se termine, c'est bien pour la TV et les spectateurs chez eux parce qu'ils ont envie de regarder la finale dans la foulée.
C'est donc une bonne décision pour le poker en général.

Bruno Politano
Bruno Politano

Mais pour les joueurs qui sont en table finale, ce n'est pas aussi bien parce qu'ils manquent les trois meilleurs mois de leur vie. Si vous êtes l'un de ces neuf joueurs, ça serait l'une des périodes les plus intenses de votre vie de joueur de poker.
Tout ce que vous feriez derrière serait encore plus grand que d'habitude, les voyages, le temps passé avec votre famille, la préparation, tout. »

Kara Scott (Canada) : Pour

« C'est une bonne décision car ils peuvent maintenant continuer de jouer en gardant l'excitation du moment présent, et c'est ce que l'on veut dans un tournoi de poker. »

Sofia Lövgren (Suède) : Pour

« Je pense que c'est une bonne idée parce que tout le monde est déjà là tandis que le tournoi continue de se dérouler.
Les supporters sont aussi déjà présents, donc c'est bien pour eux aussi ils peuvent rester. »

Alec Torelli (Etats-Unis) : Partagé mais plutôt Contre

« Mon avis personnel est que c'est quelque part mauvais. Evidemment il y a une tonnes de points positifs, comme moins avoir à voyager, pas de problème de visa ou d'autres choses.

Le truc que je n'aime pas est qu'il n'y a maintenant plus de temps pour les sponsors extérieurs pour être sur la brèche et s'exciter sur l'évènement. Quand les finalistes veulent négocier un deal avec quelqu'un, cela enlève à présent certaines des opportunités pour le réseau, les WSOP, et aussi les joueurs.

Sinon en dehors de ça c'est tout à fait raisonnable. »

Michael Mizrachi (Etats-Unis), November Nine 2010 : Pour

Michael Mizrachi N9
Michael Mizrachi

« Je soutiens cette décision. C'est une bonne décision car personne ne peut plus s'entraîner pendant 3 ou 4 mois maintenant. Et la pression est déjà là.

Et puis je pense que plus de joueurs préfèreront ne pas s'arrêter et continuer de jouer s'ils sont sur une bonne lancée, plutôt que d'attendre plusieurs mois et laisser refroidir tout ça. »

Patrik Antonius (Finlande) : Pour

« Je pense que c'est une très bonne décision. Si j'étais dans le tournoi, je ne voudrais pas devoir m'en aller et revenir bien plus tard.

Et puis je pense que ce format n'aura pas vraiment répondu aux attentes pour rendre la finale du Main Event plus hype et de lui donner plus d'attention.

C'est bien de changer, et c'était le moment de changer. »

Cate Hall (Etats-Unis) : Contre

« Si j'étais de cette table finale, je préférerais avoir les November Nine, mais pour tout le monde en dehors de la table c'est une bonne décision.

Jesse Sylvia et Kara Scott
Jesse Sylvia et Kara Scott.

Mais je préfèrerais avoir trois mois où je pourrais me préparer, m'entraîner et m'adapter. Il y a tellement d'argent en jeu que cela serait idiot de ne pas le faire. »

William Kassouf (Angleterre) : Pour

« C'est une bonne décision. Ca ne me dérange pas d'avoir une pause de deux ou trois jours avant la finale mais le tournoi est en juillet et devrait se finir en juillet.
Le cours du tournoi ne devrait pas être interrompu. »

Jesse Sylvia (Etats-Unis), November Nine 2012 : Contre

« Je suis très partagé. Je pense que c'est plutôt mauvais. J'ai vraiment aimé la hype qu'ils créaient autour de cette finale, et comment les choses se construisaient. C'est vraiment spécial et cette finale veut dire beaucoup.

D'un autre côté c'est un tournoi complètement différent quand les joueurs reviennent trois mois après. Pas seulement parce que tout le monde a eu le temps de se faire coacher et de se préparer (par exemple j'avais beaucoup parlé avec Vanessa Selbst), mais aussi en raison de la longueur du Main Event.

Au Jour 6 les joueurs commencent à faire des trucs complètement fous et la raison est simple : ils sont exténués. Ils voient qu'ils sont encore 50 joueurs et ils ont besoin de gagner des jetons, donc ils commencent à faire des choses qu'ils ne feraient pas en temps normal.
Mais cette folie fait aussi partie du Main Event. »


A lire aussi : Qui ont été les plus grands November Nine de l'histoire ?

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Kenny Hallaert : « Si c'était moi j'aurais gardé les November 9 »

(19/07/17 - par Matthew Showell)

Kenny Hallaert
La Belgique collectionne les incroyables talents.

L’année dernière Kenny Hallaert avait atteint la table finale du Main Event décalée, les November Nine. Le Belge estime que leur disparition a des bons et des mauvais côtés pour les World Series of Poker.

Kenny avait terminé 6è du Main Event 2016, remportant ainsi 1,5 million de dollars.

S'il était tout près de refaire le même coup cette année (il sera parvenu à l'avant-dernière journée avant cette table finale, terminant 64è et premier Belge), il estime que la disparition du November Nine aura un impact sur les joueurs et les supporters.

« Si c’était moi, j’aurais gardé ce format. L’ambiance sera forcément différente cette année. Avec la pause, on pouvait plus facilement faire venir nos amis et nos familles, c’était plus simple en termes d’organisation. »

En effet, Hallaert était venu avec toute une foule l’année dernière, sans compter des chants dignes d’un stade de football. Et les deux années précédentes, c’est lui qui était du côté des spectateurs pour encourager des amis.

Un spectacle unique dans le poker

Ce que Hallaert appréciait dans le November Nine, c’est l’aspect grandiose de jouer une table finale au Penn and Teller Theater et le fait que chaque joueur avait droit à ses supporters.

Pour lui, il est normal que le plus grand tournoi du monde organise un événement aussi exceptionnel que cette table finale à retardement. En tant que joueur, il appréciait également la possibilité de pouvoir être coaché entre-temps.

Kenny Hallaert
"Pour les joueurs ça va être très différent cette année."

Mais bien qu’il voit quelques inconvénients à cette décision, il en voit également les bons côtés.

« Les choses seront très différentes pour les joueurs cette année. La table finale arrivera après quelques jours, et les joueurs auront encore un historique. L’année dernière, c’était un peu comme repartir de zéro, parce que tout le monde avait pu se préparer.

Cette fois, il y aura peut-être plus de street poker, comme quand Philip Hilm avait pété un câble en 2007.

Je pense qu’on sera plus sur du poker pur. Donc en gros ça sera peut-être mieux pour les spectateurs devant leur écran, mais pas pour l’ambiance. »

Coaché par Holz pour sa table finale

Si Hallaert regrette tellement la possibilité d’être coaché pendant les trois mois entre la constitution de la table finale et son redémarrage, c’est sûrement parce que l’année dernière il a bénéficié des conseils d'un certain Fedor Holz.

Holz, qui compte près de 23 millions de dollars de gains en tournois (dont la majorité remportée ces deux dernières années) est sans aucun doute le meilleur joueur de poker du moment.

Après avoir atteint la table finale du Main Event en 2016, Hallaert a bénéficié d’un coaching stratégique de la part de Holz et d’un coaching mental de la part de Jared Tendler. Et au vu de ses résultats cet été (9 places payées dont 2 finales, premier Belge au classement de l'argent gagné), on dirait que ça a porté ses fruits.

Fedor Holz WSOP
Coaché par un extra-terrestre.

« J’ai tellement appris en quelques mois. Ça m’a vraiment ouvert les yeux. Aujourd’hui, j’ai l’opportunité de mettre tout ça en pratique.

Quand Fedor parle de poker, tu vois tout de suite qu’il est très intelligent et qu’il aborde le poker de manière très particulière.

Je ne suis pas du tout surpris de son succès, et je pense qu’il est loin d’en avoir terminé. »
(Note : Quelques jours après la réalisation de cette interview, Holz remportait un énième High Roller (Triton HR), au Montenegro).

De beaux WSOP 2017 pour Kenny

Cette année, à l’occasion des WSOP, Hallaert a donc atteint 2 tables finales et 7 autres places payées, pour un total de plus de 467 000 $.

Il aura donc aussi fait son bonhomme de chemin dans ce Main Event, en estimant que l’expérience acquise l’année dernière lui sert énormément.

« J’ai vraiment beaucoup appris l’année dernière. Être déjà allé loin dans de gros tournois est un gros avantage par rapport à un joueur qui arrive aussi loin pour la première fois. (...) Le fait d’être à la table télévisée l'autre jour m’a aussi beaucoup avantagé. J’étais beaucoup moins nerveux, étant donné que j’étais déjà passé par là l’année dernière. »

Le vainqueur du Main Event des WSOP sera couronné le 22 juillet. Retrouvez la présentation des 9 finalistes dont nos 2 Français.

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Gordon Vayo : « La table finale du Main Event ? Une expérience extraordinaire »

(21/07/17 - par Arthur Crowson)

Gordon Vayo
L'un des 9 derniers November Nine.

Gordon Vayo a remporté 4,6 millions de dollars en novembre dernier lors du plus grand moment de la saison de poker. Mais ce n’est pas le résultat auquel il s’attendait.

Vayo avait terminé 2è, derrière le joueur amateur Qui Nguyen qui a remporté la somme astronomique de 8 millions de dollars, lors du Main Event des WSOP 2016.

Le November Nine a mis sous le feu des projecteurs de nombreux joueurs qu’on n’a jamais revus ensuite, mais Vayo est loin d’en faire partie.

Depuis, il a en effet enchaîné les bons résultats, jusqu’à passer la barre des 6,2 millions de dollars de gains en tournois, et ce sans compter les 692 000 $ remportés lors d’un tournoi en ligne le mois dernier.

PokerListings a eu la chance de le retrouver à l’occasion de ces WSOP 2017 pour évoquer avec lui la fin des November Nine, le coût de la vie à San Francisco, et ses possibles regrets sur le scénario de cette table finale précédente du Main Event.


Comment s’est passé l’après-November Nine ?

Je joue pas mal au poker, je voyage beaucoup.

J’ai déménagé de San Francisco à Los Angeles pour pouvoir faire plus de tournois. Et puis je suis sorti des États-Unis pour participer aux SCOOP et autres.

Est-ce que tu te sens bien à L.A. ?

Oui, je trouve ça très sympa pour l’instant. Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

Gordon Vayo Heads Up WSOP
Toujours quelques regrets.

La seule raison de mon déménagement, c’est que la vie n’était plus tenable à San Francisco. J’adore cette ville, mais la vie y est tellement chère et il n’y a pas une grosse scène poker. Il fallait changer quelque chose.

Quel regard portes-tu sur la table finale du Main Event ? Terminer deuxième est évidemment une énorme performance, mais manifestement tu en voulais plus.

Avec le recul, c’était vraiment une expérience extraordinaire. Le rêve d’une vie. Mais c’est clair que pendant au moins 6 mois, tous les jours je ressassais le déroulement de la finale.

Avec cette scène énorme et toute cette pression, c’est clair que c’est dur de ne pas avoir de regrets, mais il faut accepter le fait que ce n’est qu’une table finale.

Il ne faut pas être trop dur avec soi-même. Il y a quelques mains que je regrette. Les gens ont beaucoup critiqué ma stratégie globale, mais personnellement je pense que j’ai plutôt bien joué le coup. Je n’ai juste pas réussi à aller plus loin sur certaines mains, et ça a fait la différence.

Accepter ces mains-là a été très difficile pour moi. J’étais assez déçu de moi-même, et pour être honnête, je le suis toujours un peu.

Estimes-tu que la pression a pu jouer ?

La pression était vraiment folle. Toute ma famille et tous mes amis étaient là. Ça m’a peut-être un peu déstabilisé.

Je savais que si je faisais une grosse erreur je ne pourrais jamais m’en remettre, et c’est possible que ça m’ait bridé un peu.

Gordon Vayo 2
"Il faut savourer ce qu'on a."

D’un autre côté, j’aurais clairement du mal à m’en remettre si j’avais justement fait une grosse erreur.

Mais il y a deux ou trois mains où j’aurais vraiment dû suivre. C’est comme ça.

Je peux être très critique avec moi-même, mais je dois avouer que le fait d’avoir gagné cet argent permet de passer outre.
La vie ne change pas immédiatement, mais on se rend vite compte qu’on a accès à des choses qu’on aurait jamais imaginées.
Ça permet de savourer ce qu’on a.

J’ai eu beaucoup de chance d’arriver jusque là. Je ne peux pas continuer à ressasser des détails. J’étais déçu, mais je ne m’apitoie pas. Le problème, c’est que c’est dur de faire taire la petite voix dans ta tête.

Depuis le Main Event, tu as obtenu quelques très bons résultats. Est-ce que ça te donne un sentiment de validation ?

Oui, notamment un entre le Main Event et le November Nine, ce qui était sympa. Mais le tournoi en ligne est vraiment celui qui m’a beaucoup marqué, même si ce n’est pas celui qui m’a rapporté le plus.

Dans mon esprit, je m’étais laissé tomber sur cette grande scène. C’était vraiment violent pour moi.

Je crois que j’ai atteint une deuxième place lors des cinq derniers tournois auxquels j’ai participé et où il y avait 1 million à gagner pour la première place.

William Kassouf monopolisait les caméras d’ESPN. Est-ce que ça t’a frappé en regardant la finale ?

Pas spécialement. La télé, c’est la télé. Pendant la table finale, l’un des producteurs est venu nous expliquer comment ils montent tout ça.

Il s’est même excusé auprès de certains joueurs. Mais c’est comme ça, leur temps est limité et ils essayent de rendre ça attractif pour le plus grand nombre.

Gordon Vayo
"C'est probablement une bonne chose qu'il n'y ait plus de November Nine."

Je comprends, c’est totalement différent de voir un résumé d’une heure ou deux et de faire toute la finale.

Le November Nine n’existe donc plus. Que penses-tu de cette décision ?

C’était vraiment une expérience unique pour moi. Ce n’était pas ma 15è table finale, je n’avais pas l’habitude de cette pause.

Je pense que le format actuel est plus naturel. Le November Nine ne favorisait que la télévision.

Là, les choses sont rentrées dans l’ordre. Le November Nine créait une autre dynamique. La hype était telle qu’on avait beaucoup de temps pour ruminer.

C’est à la fois bon et mauvais. On a le temps de se préparer, mais je ne pense même pas que ce soit justifié.

C’était le seul tournoi au monde à être ainsi. Ça en faisait un OVNI. Ce n’était pas vraiment utile. C’est probablement une bonne chose qu’il n’y ait plus de November Nine, je pense. Ce n’était juste pas naturel.

Penses-tu que tu aurais été plus à l’aise si la table finale avait eu lieu dans la continuité comme cette année ?

Je n’en sais rien. J’étais tellement épuisé... Peut-être que j’aurais fait un peu mieux, mais terminer deuxième est vraiment un résultat merveilleux. Tout s’est bien passé pour moi. Mais bon, on ne sait jamais.

Je crois que Cliff Josephy et moi étions les deux plus expérimentés de la table.

Mais c’est quand même difficile à dire, la table finale du Main Event c’est vraiment quelque chose d’unique. Pendant des jours, tu bâtis tes réflexes dans un certain environnement, puis tu arrives à la table finale et tout est différent.

C’est vraiment à part. J’ai hâte de voir comment les choses vont se passer cette année. J’ai l’impression d’avoir oublié comment c’était avant.

Est-ce que c’était particulier de participer au tout dernier November Nine ?

Bien sûr, c’était sympa.

Je n’en tire pas de fierté particulière, mais c’est bien de savoir que les gens en reparleront parce que c’était la dernière.

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Nos précédents articles sur le sujet :

Pour ou contre les November Nine ?

(17/07/15 - par DO)

9 Novembre

Le débat refait encore une fois surface alors que Mike Sexton et Ty Stewart s’écharpent autour du concept du November Nine. Pour tenter de trancher, nous en avons discuté avec des joueurs qui y ont participé.

Mike Sexton s’est particulièrement attaché à souligner les aspects négatifs : les joueurs n’ont accès à leur argent que des mois après les WSOP, ils ont du temps pour s’entraîner et se remettre en forme, ce qui désavantage les joueurs qui savent se maintenir en forme pendant la compétition.

Il s’est également interrogé sur la pertinence de faire venir des joueurs de tous les continents alors qu’ils n’ont peut-être plus que quelques grosses blindes et ne tireront aucun profit de leur voyage.

À l’inverse, Ty Stewart estime que la médiatisation des November Nine sur ESPN permet aux joueurs de se faire connaître, que l’argent pour l’équivalent de la 9è place est d’ores et déjà payé en juillet, et que les WSOP remboursent les frais de déplacement des joueurs au mois de novembre.

Pour se faire un meilleur avis, nous avons décidé d’en parler avec les premiers concernés.

Ces joueurs savent de quoi ils parlent : Martin Jacobson, Jorryt van Hoof et Sylvain Loosli, tous déjà finalistes du Main Event au cours de ces dernières années.

Jorryt van Hoof (Pays-Bas)

3è du Main Event des WSOP 2014

Oui, je suis pour que les November Nine continuent d’exister ! Je trouve que c’est un concept pertinent.

VanHoof
Jorryt Van Hoof : "Un concept pertinent."

Les November Nine permettent de promouvoir le poker et c’est plus important que n’importe quel inconvénient.

Le poker reste une discipline très fragile et controversée, nous devons saisir toutes les opportunités de le soutenir.

Et personnellement, je dois dire que ce sont des souvenirs inoubliables. Évidemment, jouer à la fin de l’été aurait été génial aussi, mais j’ai apprécié d’avoir trois mois pour me préparer à fond.

C’était l’époque la plus intense et émotionnelle de ma vie. C’est vraiment incomparable et inoubliable dans la vie d’un joueur de poker, et rien ne dépassera jamais ce que j’ai vécu à ce moment-là. Inoubliable, vraiment.

J’ai assez peu étudié mes adversaires, d’autant qu’en trois mois ils auraient pu évoluer.

Tout ce que je voulais, c’était jouer à mon meilleur niveau. J’ai embauché deux coaches pour mon mental, Jared Tendler et un Néerlandais, qui m’ont beaucoup aidé.

J’en ai aussi profité pour participé à quelques gros tournois de No-Limit Hold’em, parce que j’étais plus habitué aux cash games de Pot-Limit Omaha.
Je suis allé aux EPT de Londres et de Barcelone pour m’habituer au rythme du NLHE.

Malheureusement, je n’avais aucun sponsor en raison du climat politique aux Pays-Bas.
Les autorités venaient d’envoyer une lettre aux salles de poker leur ordonnant de ne pas sponsoriser de joueurs néerlandais.

J’ai quand même reçu quelques offres, mais j’ai dû les refuser pour ne pas m’attirer d’ennuis.

Sylvain Loosli (France)

4è du Main Event des WSOP 2013

Il y a des bons et des mauvais côtés. Ce qui est bien, c’est qu’en tant que joueur cela te permet de te faire connaître et te donne le temps de trouver un sponsor si tu n’en as pas encore. C’est à cette époque que j’ai signé mon contrat avec Winamax, par exemple.

Sylvain Loosli 2
Sylvain Loosli : "Cela désavantage les meilleurs joueurs.""

Et puis pendant ces trois mois, l’excitation et la tension montent, les gens commencent à faire des pronostics, à parier, etc.

Par contre, cette pause change complètement la dynamique de la partie. Si on avait fait la table finale directement, les joueurs les plus faibles n’auraient pas eu le temps de se préparer et de progresser.

Je pense que cette organisation désavantage un peu les meilleurs joueurs.

Mais globalement, je suis plutôt pour. J’ai pu faire venir mes amis pour m’encourager, ce qui n’aurait pas été possible pendant l’été. Et puis le spectacle était énorme, à l’américaine.

Je préfère vraiment qu’on garde les November Nine.

Martin Jacobson (Suède)

Vainqueur du Main Event des WSOP 2014

Cela ne m’a posé aucun problème, j’ai profité de cette pause pour me préparer à fond et étudier de près mes adversaires, ce que je n’aurais évidemment pas pu faire autrement.

Martin Jacobson
Martin Jacobson : "J'ai profité de cette pause pour me préparer à fond."

J’ai « répété » la table finale plus d’une vingtaine de fois avec des joueurs substituts comme Anton Wigg et Michael Tureniec.

J’ai étudié chacun de mes adversaires de très près et j’ai élaboré plusieurs plans de jeu pour répondre à toutes les situations.

 

Contrairement à la perception du grand public et de Mike Sexton, il semble que les joueurs soient donc plutôt favorables aux November Nine.

Ce qui est sûr, c’est qu'ils seront bien là encore en novembre de cette année, pour prolonger la magie des WSOP.

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La fin des November Nine ?

(02/11/11 - par PokerListings France)

TF N9

L'ère des November 9 des World Series of Poker pourrait-elle toucher à sa fin ?

La table finale du Main Event des WSOP 2011 ne donnera son verdict que dans un peu moins d'une semaine, mais le Directeur de la Communication des WSOP Seth Palansky a déjà confié à PokerListings que des discussions à propos d'un changement de format ont déjà été entamées.

Palansky pointe du doigt la couverture télévisée proposée par ESPN cet été comme un élément potentiel de changement.
ESPN  a en effet déjà proposé 45 heures de couverture live pour ce Main Event 2011, avec un grand succès rencontré auprès des fans.

"Si vous faites quelque chose en direct, avez-vous vraiment besoin de différer l'évènement de 4 mois et essayer de fabriquer un intérêt autour de cette anticipation pour donner envie aux gens de regarder ? Ca ne marche pas vraiment."

Depuis le lancement de ce format des "November Nine" ("les 9 de Novembre") en 2008, les WSOP auront donc vu leur table finale différée de 3 mois à 3 reprises, dans l'optique de promouvoir l'évènement, mais aussi de donner une chance aux joueurs de pouvoir s'assurer un contrat de sponsoring.
Et avant 2008, cette table finale se disputait dans la foulée du jour de sa constitution, sans interruption.

"Nous y sommes engagés, mais je pense qu'après avoir appris de cet été avec la programmation live et enregistrée, nous allons devoir revisiter le concept après cette édition" clarife Palansky.

"Certains nous volent le concept et ça ne nous plaît pas"

Seth Palansky
Seth Palansky : "Nous réfléchissons à des changements dès la prochaine édition."
 

D'ailleurs ce format spécial avec table finale en attente aura fait des petits du côté de plusieurs autres "poker tours", dont le Partouche Poker Tour. Et ce n'est pas une tendance que les WSOP ont envie de voir se perpétuer : "Nous ne sommes pas vraiment heureux de voir d'autres organisations essayer de voler le nom et le concept."

Mais bien que cette diffusion en direct (un semi-différé en réalité NDLR) ait été présentée comme un succès retentissant, l'opération n'est pas exempte de défauts. L'un d'entre eux ? Voir les télespectateurs se désintéresser ensuite des épisodes finaux et montés après l'évènement.

"Nous analysons encore les chiffres, mais il est clair qu'il y a une certaine forme de cannibalisation, ce qui était prévu. Mais notre but est d'avoir plus d'yeux et c'est le cas avec le live streaming. De notre point de vue nous avons ajouté 45 heures de programmes supplémentaires sur ESPN en ayant procédé ainsi."

La bataille des November Nine 2011, avec Martin Staszko, Eoghan O'Dea, Matt Giannetti, Phil Collins, Ben Lamb, Badih Bounahra, Pius Heinz, Anton Makiievskyi et Sam Holden, démarre ce week-end, dimanche 6 aux Etats-Unis, et s'échèvera le 8.

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