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Comment un jackpot de C$120K aux machines à sous s’est transformé en bataille judiciaire entre ex

Comment un jackpot de C$120K aux machines à sous s’est transformé en bataille judiciaire entre ex

La plupart des couples qui se séparent finissent par se disputer à propos de choses assez banales : la maison, la voiture ou encore l’animal de compagnie. Un couple canadien s’est toutefois retrouvé en conflit pour une raison nettement moins ordinaire — un jackpot à six chiffres décroché sur une machine à sous en ligne.

Le litige a finalement été porté devant la Supreme Court of British Columbia, où un juge a dû déterminer si l’argent revenait à la personne qui jouait effectivement à la machine ou à celle dont le compte de casino en ligne avait reçu le paiement. La réponse s’est révélée moins évidente que ne l’espérait chacune des deux parties.

Du jackpot au procès

L’affaire concerne Timothy Jones et Cheryl Johnson, deux Canadiens qui étaient encore en couple lorsqu’une session sur une machine à sous en ligne, en avril 2022, a débouché sur un jackpot de plus de C$120.000.

Lorsque le couple s’est séparé quelques semaines plus tard, la majeure partie des gains se trouvait toujours sur le compte de casino en ligne de Johnson. Jones affirmait avoir financé la session en transférant de l’argent plus tôt dans la journée et soutenait également être celui qui avait effectivement déclenché le jackpot. Sur cette base, il a poursuivi son ancienne partenaire pour enrichissement sans cause, réclamant plus de C$112.000, soit la somme encore disponible sur le montant initialement remporté.

Johnson a présenté une version différente. Elle a déclaré que c’était elle — et non Jones — qui avait déposé l’argent sur le compte du casino, que ce compte lui appartenait exclusivement et qu’elle avait déjà demandé à Jones, plusieurs mois auparavant, de ne pas l’utiliser pour jouer. Jones n’a pas contesté ce dernier point de son témoignage.

Pourquoi le juge a donné tort à Jones

Le juge Ronald Tindale a finalement donné raison à Johnson, estimant que les faits ne permettaient tout simplement pas d’étayer la demande de Jones.

Le tribunal a retenu le témoignage de Johnson selon lequel elle avait déposé les $80 utilisés pendant la session de jeu et a également relevé que Jones lui devait de l’argent à ce moment-là. Il a par ailleurs établi que le compte de casino en ligne, tout comme le compte bancaire qui y était associé, appartenaient tous deux à Johnson. Dans sa décision, Tindale a écrit :

Ronald Tindale

Il ne s’agit pas d’une affaire dans laquelle les gains du casino auraient été versés par erreur à la défenderesse. Il s’agissait du compte de casino de la défenderesse et c’est l’argent de la défenderesse qui a été utilisé pour jouer la partie gagnante.

Le juge a également rejeté l’argument de Jones selon lequel sa « stratégie » de jeu méritait d’être reconnue parce qu’elle avait permis au jeu d’atteindre un tour bonus.

Ronald Tindale

À mon sens, dans un jeu de hasard, il ne peut exister aucune stratégie employée par le demandeur ayant conduit aux Gains du Casino, au-delà du simple fait que le demandeur a joué.

La position de Jones a encore été compliquée par des éléments indiquant que le fils adolescent de Johnson avait appuyé sur certains boutons pendant le tour bonus. Le juge Tindale a néanmoins conclu que ce point ne changeait finalement pas grand-chose à l’issue du dossier, puisque le compte et les fonds utilisés pour jouer appartenaient à Johnson.

Bien plus qu’une simple séparation

Même si l’affaire opposait deux anciens partenaires, la décision rendue vient confirmer un principe qui dépasse largement le cadre de cette rupture.

Le tribunal a estimé qu’il existait une base juridique claire permettant à Johnson de conserver les gains, puisque Jones avait utilisé son compte de casino en ligne et ses fonds sans autorisation. Autrement dit, le litige ne portait pas simplement sur la personne qui se trouvait devant l’ordinateur au moment où le jackpot est tombé, mais sur l’identité du propriétaire légal du compte et de l’argent utilisés pour effectuer le spin.