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Comment gérer un downswing au poker : rester objectif quand tout s’éffondre

Comment gérer un downswing au poker : rester objectif quand tout s’éffondre

Au poker, il existe une vérité que tous les joueurs finissent par apprendre à leurs dépens. À ce jeu, personne n’échappe à la variance, qui peut être parfois très cruelle, et notamment au downswing. Que vous soyez un joueur de tournois ou de cash game, vous traverserez forcément un downsing durant votre carrière, qui vous fera douter de vos compétences au poker. Dans cet article nous allons tenter de comprendre comment sortir indemne d’un downswing, et comment encaisser et traverser les périodes particulièrement difficiles au poker, qui peuvent parfois durer plusieurs semaines, voir plusieurs mois !

Comprendre ce qu’est réellement un downswing

Avant même de beaucoup travailler le jeu et de réaliser un gros volume, il est important de comprendre qu’au poker, nul n’échappe à la variance (part de chance), même les meilleurs ! Par exemple, en MTT, vous pouvez tout à fait jouer parfaitement sur 300 tournois, sans même réaliser une seule véritable performance.

Idem en cash game, vous pouvez perdre 20 à 40 caves, tout en étant gagnant en EV ! Il faut tout de même noter qu’en cash game, la variance est un peu moins violente, et un joueur très compétent réalisera plus rarement des mois perdants qu’un joueur de tournois. Cela vient principalement du fait qu’en cash game, nous jouons très deep la plupart du temps, et que les coups à tapis préflop sont beaucoup plus rares, ce qui limite un peu la variance par rapport aux tournois.

De plus, le poker est un jeu à information incomplète avec une distribution aléatoire massive à court terme. Même de grands joueurs ont connu des périodes prolongées de pertes, mais la différence, c’est que ces grands joueurs savent que la performance se mesure sur des milliers, voire des millions de mains !

Il ne faut donc surtout pas confondre variance et incompétence, et être solide mentalement pour ne pas douter de son jeu. Cependant, un downswing peut vous donner l’opportunité de vous replonger dans le travail du jeu hors table, et de revenir plus fort par la suite. Lorsqu’un downswing perdure, on peut avoir tendance à déjouer, et à être impacté par cette variance. Il est donc important de faire le point hors table, et de s’assurer que nous n’avons pas “déréglé” notre manière de jouer au poker.

Au poker, nous ne sommes pas tous égaux

Avant d’aller plus loin, je voulais juste citer un point très important. Au poker, nous ne sommes pas tous égaux ! Effectivement, si vous ne connaissez pas ce site, je vous invite à aller le visiter. Il s’agit de PrimeDope.com.

PrimeDope permet de mieux prendre conscience de la variance, et montre que, sur plusieurs joueurs identiques, leur parcours pourra être complètement différent en termes d’évolution financière ! Si vous prenez, par exemple, 3 joueurs de MTT jouant les mêmes limites et à niveau équivalent, vous pourrez constater que les courbes peuvent varier très fortement.

L’un des 3 joueurs sera complètement perdant sur plusieurs milliers de tournois, tandis que le deuxième sera breakeven, et le troisième sera très gagnant sur la même période. En étant un joueur débutant ou intermédiaire, vous prendrez conscience que même en jouant un poker parfait, la réussite n’est pas assurée, du moins sur un volume qui ne dépasserait pas le million de mains !

Séparer l’EV du résultat réel

Cartes de Poker, Valet et As avec Jetons sur une Table de Poker

Pendant un downswing, vous devrez vous accrocher à votre EV, et non à votre solde !

Via votre tracker poker, il est important d’analyser la qualité de vos décisions après coup. Vous pourrez par exemple regarder si vous avez réalisé un bon reshove, ou si vous avez fait un call correct contre la range de l’adversaire. Si vos décisions sont bonnes, alors le résultats importante peu.

Lors d’un downswing, le piège serait de modifier un jeu gagnant simplement parce que la variance vous malmène ! Par exemple, un downswing peut vous pousser à underbluff, overfold, ou hero call de manière compulsive, en ayant l’impression que vous vous faites marcher dessus constamment. Aussi, lorsque la confiance commence à s’évaporer au fil des semaines, on a tendance à éviter les spots high variance, et c’est à ce moment-là que la descente au enfer commence !

Si votre jeu est gagnant et que vous le savez, ne changez pas votre façon de jouer, c’est vraiment la pire chose que vous pourriez faire lors d’un downswing. Gardez vos repères, et continuez à réaliser un volume constant.

Bien évidemment, comme dit plus haut, il peut être pertinent d’arrêter de jouer quelque temps si le downswing commence très sérieusement à perdurer. Le but est de reprendre confiance en votre jeu en découvrant de nouvelles stratégies au poker, et ainsi reprendre goût au jeu pour revenir plus fort ! Après plusieurs semaines de malchance, il se peut que votre calvaire soit dû à la variance négative, mais aussi à une perte de confiance évidente qui vous amène à ne plus jouer votre A-game !

Mettre en place un processus anti-tilt

Pour ne pas vous laisser embarquer par la perversité du downswing, plusieurs solutions sont possibles. Vous devez ritualiser votre discipline, et garder le contrôle pour continuer à jouer votre meilleur poker malgré la variance négative. Voici plusieurs solutions à mettre en place :

  • Limiter vos pertes journalières : fixez-vous un stop-loss clair.
  • Revus systématique des sessions : analyser ses erreurs, et bien faire la différence entre variance négative et erreurs stratégiques.
  • Pause stratégique : si vous accusez une fatigue mentale intense, prenez 48h sans poker. Le repos est EV+ !

Parler du downswing avec d’autres joueurs

Lorsque vous vivez une période particulièrement difficile au poker, ne vous isolez pas, car l’isolement amplifie clairement la spirale négative.

Entourez-vous, intégrez un groupe de travail, et parlez de votre downswing à d’autres regs qui sauront vous rassurer sur la normalité de ce que vous êtes en train de vivre ! Vous réaliserez rapidement que tout le monde traverse ces périodes.

Rester solide mentalement

La Stabilité Psychologique au Poker

Au final, un downswing est avant tout une épreuve psychologique ! Quand vous êtes au fond du gouffre, vous allez ressentir de l’irritibalité, une fatigue mentale, mais aussi une perte de confiance relativement importante. Vous tenterez de jouer des sessions pour récupérer vos pertes, et vous jouerez la plupart du temps avec la peur de bust, ce qui est particulièrement mauvais pour votre votre poker.

En somme, c’est à partir de ce point que 80 % des joueurs commencent à saboter leur edge.

La clé est donc d’accepter l’incertitude comme partie intégrante du poker, et de ne pas se laisser embarquer par ses émotions. Pour cela, il peut être bon de réaliser des exercices de respiration avant vos sessions, et de prendre du recul sur le poker, tout en faisant le point sur vos objectifs. Envisager un coach mental si vous en avez les moyens peut également être une très bonne idée pour renforcer votre capacité à accepter la variance négative !

Personnellement, lorsque je perds au poker et que je subis un downswing particulièrement violent, j’aime aller chercher des victoires ailleurs qu’au poker ! Si vous avez d’autres passions, comme le sport, les jeux vidéo, ou encore la musique, il est temps d’aller chercher de la satisfaction hors poker.

Je trouve que cela fonctionne très bien, et permet de reprendre confiance petit à petit après plusieurs semaines cauchemardesques aux tables ! Pour résumer, faites d’autres activités où la variance est inexistante, cela vous fera beaucoup de bien.

Ajuster vos objectifs

Si vous êtes en plein downswing, il ne serait pas très pertinent de continuer à espérer d’atteindre des objectifs élevés. Par exemple, si vous avez normalement pour objectif de faire croître votre bankroll de 5 000 € par mois, alors passez à quelque chose d’un peu moins exigeant. Encore une fois, allez chercher de petites victoires que vous pourrez valider malgré le downswing !

Vous pourriez envisager de prendre un nombre X de bonnes décisions par session, ou de respecter à la lettre le stop-loss que vous vous étiez fixé, ou encore d’analyser 10 spots par jour à froid après chaque session.

Ce changement de focus est fondamental durant les périodes difficile !

Conclusion

En fin de compte, le downswing n’est ni une injustice, ni une fatalité, ni un signal que vous êtes mauvais. C’est un filtre, qui élimine les joueurs mal rollés, les egos fragiles, ou encore les joueurs compulsifs ! Au poker, votre edge technique compte, mais votre capacité à survivre aux périodes difficiles fait partie du jeu, et le downswing ne cesse jamais d’être une menace.

Le jour où vous serez capable d’accepter profondément la variance, le downswing deviendra tout simplement une phase, que vous saurez appréhender en toute sagesse. Personnellement, j’ai appris à vivre avec cette épée de Damoclès, et lors des périodes très difficiles, j’ai tendance à prendre ça comme un challenge ! Demandez-vous si vous serez capable d’encaisser encore des coups perdants, sans ne jamais tilter.

Au final, si vous parvenez à limiter la casse lors d’un downswing en restant solide mentalement, alors c’est gagné !